Lectures de rentrée….

L’effondrement de notre civilisation industrielle, si il doit advenir, a des causes connues… et les solutions pour (peut-être) l’éviter sont assez connues aussi, même si on n’a pas trouvé collectivement comment les mettre en oeuvre à l’échelle de la planète !

Ces deux livres font repartir le film un peu en arrière, et c’est très éclairant !!!
Et, en plus, ils se lisent comme des romans…..

Bonne rentrée à tous.

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« …L’histoire du risque ici racontée n’est pas celle d’une prise de conscience, mais celle de la construction d’une certaine inconscience modernisatrice….. »

L’Apocalypse joyeuse 
Une histoire du risque technologique
Jean-Baptiste Fressoz
Seuil éditions 23 euros

Sommes-nous les premiers à distinguer dans les lumières éblouissantes du progrès technique, l’ombre de ses dangers ? En occultant la réflexivité environnementale des sociétés passées, ce schéma simpliste dépolitise l’histoire longue de la destruction des environnements et nous empêche de comprendre les ressorts de la crise contemporaine. Pour éviter cette amnésie, une histoire politique du risque technologique et de sa régulation sur la longue durée était nécessaire.

L’Apocalypse joyeuse expose l’entrée de la France et de la Grande-Bretagne dans la modernité industrielle (fin XVIIIe-XIXe siècle) : celle des vaccins, des machines, des usines chimiques et des locomotives. Elle nous plonge au cœur des controverses vives qui surgirent autour des risques et des nuisances de ces innovations, et montre comment les critiques et les contestations furent réduites ou surmontées pour qu’advienne la société industrielle.

L’histoire du risque ici racontée n’est pas celle d’une prise de conscience, mais celle de la construction d’une certaine inconscience modernisatrice.

Jean-Baptiste Fressoz est historien des sciences, des techniques et de l’environnement, maître de conférences à Imperial College (Londres).

 

 

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Techno-critiques  
Francois Jarrige
éditions La Découverte 28 euros

Présentation de l’éditeur:

Depuis une trentaine d’années, les grands projets technologiques suscitent des critiques croissantes et de nombreux conflits. Cet essai d’histoire globale, le premier ouvrage de référence sur la question, entend retracer l’évolution et les spécificités des contestations de la technologie, du XVIIIe siècle à nos jours, en articulant une histoire des pensées critiques et une histoire sociale des contestataires, nourrie de très nombreuses anecdotes édifiantes et peu connues.

Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.
Contre l’immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s’est ainsi constituée : ce livre d’histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une  » croissance  » aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.

François Jarrige enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il fait partie de ces jeunes chercheurs très engagés sur les questions technologiques et écologiques, et est l’auteur de plusieurs ouvrages qui en traitent directement, dont Au temps des  » tueuses de bras  » (2009) ou Face au monstre mécanique (2009).

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La résistance au progrès, hier, aujourd’hui et… demain

Certains d’entre nous ont un peu plus de temps en été pour lire et penser.
Et nous en aurions tous bien besoin face à l’impasse de la civilisation humaine.

Voici quatre livres, choisis dans les rayonnages de la Librairie L’An Demain (parmi bien d’autres sur le sujet)
Regarder dans le rétroviseur, analyser les luttes et les échecs, chercher à comprendre dans le siècle passé les causes et des solutions peut-être…
Des livres que je vous conseille : lire, partager et en parler…….

TECHNO-CRITIQUES 
Histoire de la résistance au « progrès » technique
François Jarrige
Editions La découverte 28 euros

Techno-critiquesLes techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.
Contre l’immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s’est ainsi constituée : ce livre d’histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une  » croissance  » aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.

 

LA REVOLTE LUDDITE  Briseurs de machines à l’ère de l’industrialisation
Kirkpatrick Sale
Editions L’Echappée  19 euros

luddites21811. Alors que la révolution industrielle s’apprête à rendre l’Angleterre méconnaissable, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des redresseurs de torts viennent de déclarer la guerre aux «machines préjudiciables à la communauté». Puisque les artisans doivent faire le deuil de leur savoir-faire et migrer vers les villes, les Luddites se dressent contre la dépossession machinique. À l’heure de la biométrie, du tout-numérique et des technologies du vivant, le récit de Kirkpatrick Sale, journaliste et écrivain américain, est un cinglant plaidoyer contre le capitalisme industriel.
«Une éruption violente des sensibilités contre le capitalisme industriel débridé».

E. P. Thompson, historien anglais.

 

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LES LUDDITES EN FRANCE
Résistances à l’industrialisation et à l’informatisation
Collectif
Editions l’Echappée  22 euros

Alors que la révolution industrielle s’apprête à bouleverser tous les rapports sociaux, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des artisans refusent de faire le deuil de leurs savoir-faire et de migrer vers les villes. Ils déclarent la guerre aux  » machines préjudiciables à la communauté  » qu’ils détruisent à coups de masse. Si les luddites anglais sont passés à la postérité, leurs homologues français briseurs de machines –  » primitifs  » selon les uns,  » réactionnaires  » selon les autres – ont été jetés aux oubliettes de l’histoire. Ce livre entend les réhabiliter et leur redonner une juste place dans une histoire du socialisme jalonnée de grandes batailles durant lesquelles ils se sont illustrés : de la Révolution française aux récentes résistances à la tyrannie technologique, en passant par les journées de juillet 1830, la révolution de 1848 ou encore les années 1980. Cette histoire méconnue du luddisme à la française nous révèle des mouvements souvent peu organisés et parfois spontanés, mais farouches défenseurs de l’égalité sociale et de la liberté quotidienne. Contrairement aux idées reçues, on arrête parfois le progrès…

 

L’AGE DES LOW TECH
Philippe Bihouix
Editions du Seuil  19,50 euros

low techFace aux signaux alarmants de la crise globale – croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée – on cherche à nous rassurer. Les technologies  » vertes  » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.

Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les  » basses technologies « . Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S’il met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.