Nommer les choses….

Cette semaine où l’actualité est pour le moins inquiétante voire effrayante (par exemple l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite au Brésil ou les horreurs de la guerre au Yemen….), je propose une réflexion qui semblera plus futile ; il m’est apparu qu’enfin on va nommer la chose pour analyser sérieusement le déclin voire la mort des centre-villes en France.
On sera loin encore d’agir et de mettre en place des politiques différentes, mais tout au moins le débat va pouvoir exister.

D’abord un livre tout juste sorti (et que je n’ai pas encore reçu !)

Le jour où les zones commerciales auront dévoré nos villes
de Franck Gintrand
aux éditions Thierry Souccar

Les premières lignes du 4éme de couverture :

NOS VILLES SE MEURENT ET NOUS REGARDONS AILLEURS…
Des villes moyennes qui ont mis des siècles à se bâtir sont en passe d’être rayées de la carte. En cause : la prolifération des zones commerciales en périphérie qui aspirent la clientèle des centres-villes. Les petits commerces ferment, la population déserte des cœurs de ville qui se paupérisent. En l’espace de quelques années, le phénomène aura transformé plus radicalement la France que ne l’aura fait l’exode rural d’après-guerre. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Ecoutez l’interview de l’auteur sur France Inter le 31 octobre…

 

 

L’Agora du Biterrois, journal citoyen gratuit distribué à 20000 exemplaires (journal à suivre et à soutenir), consacre son dossier dans son numéro 3 à ce sujet dont le titre est
Une catastrophe nommée « grande distribution ».

Je vous conseille de le lire ici

Un petit extrait :
Une certaine frénésie urbaine a disparu
De nos jours, Béziers (qui oscillait entre droite et gauche dans les années 70) est cernée par les hypermarchés et les zones commerciales… Dans cette ville qui comptait des milliers de boutiques au moment de sa belle époque en forme de « pays de cocagne», une certaine frénésie urbaine a disparu. Les samedis, avec une foule de 5.000 passants se bousculant en même temps sur les allées Paul Riquet, sont envolés.
Au lieu des boutiques de centre villes, nous avons les caddys, les allées des hypermarchés dans lesquelles personne ne connaît plus personne, dans lesquelles, surtout, les gens ne sont rien de plus que des consommateurs anonymes…Les hypermarchés portent ainsi une lourde part de responsabilité dans le fait que les gens, les classes sociales, et les catégories ethniques ne se parlent plus, ni dans les allées, ni devant les caisses, ni dans les froides galeries marchandes…

 

Le succès en librairie du livre d’Olivier Razemon « « Comment la france a tué ses villes » paru en 2016 aux éditions Rue de l’échiquier avait ouvert la voie.

Le gouvernement annonçait il y a quelques mois un plan de revitalisation des centre-villes, probablement voué à l’échec car ne s’attaquant pas au vraies causes (la proposition d’un simple moratoire d’un an sur la création ou l’agrandissement de zones commerciales avait été recalée!).

Puisque les choses ont dites, nous voilà au pied du mur : villes vivantes ou zones commerciales : il va falloir choisir !!!

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Deux livres

81ueup5eYCLGratuité VS Capitalisme
Paul Ariès  éditions Larousse  20€

Présentation de l’éditeur
Economique, sociale, politique, écologique, existentielle… La crise systémique sonne la fin du modèle capitaliste. Fervent défenseur de l’écologie du bien vivre, Paul Ariès propose un modèle alternatif fondé sur la gratuité, proposition qui croise les revendications montantes en faveur d’un revenu universel inconditionnel. Ni utopiste ni doux rêveur, Paul Ariès fonde sa démonstration sur de multiples initiatives réussies en France et à l’étranger : gratuité de l’eau et de l’énergie élémentaire, des transports en commun, de la restauration scolaire, des services culturels et funéraires, de la santé, du beau… Et s’emploie à dénoncer les idées reçues : non la gratuité ne conduit pas au gaspillage ni à la déresponsabilisation ! Un plaidoyer joyeux pour transformer en profondeur notre société et remplacer la jouissance d’avoir par une jouissance d’être.

Biographie de l’auteur
Politologue, essayiste et rédacteur en chef du mensuel Les Zindigné.e.s, Paul Ariès dirige l’Observatoire International de la Gratuité (OIG). Il a participé à la mise en place et au suivi de nombreuses expériences de gratuité tant en France qu’à l’étranger. Ses essais et conférences en font l’un des intellectuels de référence du courant de la décroissance et de l’écologie.

 

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Gérard Noiriel
Une histoire populaire de la France
De la guerre de Cent Ans à nos jours
éditions Agone
832 pages (14 x 21 cm) 28.00 € 

Extraits de l’introduction :

« L’ambition ultime de cette Histoire populaire de la France est d’aider les lecteurs non seulement à penser par eux-mêmes, mais à se rendre étrangers à eux-mêmes, car c’est le meilleur moyen de ne pas se laisser enfermer dans les logiques identitaires. »

« La démarche historique permet de retracer la genèse des grands problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle, dans cette histoire populaire de la France, j’ai privilégié les questions qui sont au centre de notre actualité, comme les transformations du travail, les migrations, la protection sociale, la crise des partis politiques, le déclin du mouvement ouvrier, la montée des revendications identitaires. Le but étant de mettre cette vaste réflexion à la disposition du plus large public, j’ai adopté la forme du récit en m’efforçant de présenter sous une forme simple des questions parfois très compliquées. »

« Pour moi, le “populaire” ne se confond pas avec les “classes populaires”. L’identité collective des classes populaires a été en partie fabriquée par les dominants et, inversement, les formes de résistance développées au cours du temps par “ceux d’en bas” ont joué un rôle majeur dans les bouleversements de notre histoire commune. Cette perspective m’a conduit à débuter cette histoire de France à la fin du Moyen Âge, c’est-à-dire au moment où l’État monarchique s’est imposé. Appréhendé sous cet angle, le “peuple français” désigne l’ensemble des individus qui ont été liés entre eux parce qu’ils ont été placés sous la dépendance de ce pouvoir souverain, d’abord comme sujets puis comme citoyens. »

« Ce qui permet d’affirmer le caractère « populaire » de l’histoire de France, c’est le lien social, c’est-à-dire les relations qui se sont nouées au cours du temps entre des millions d’individus assujettis à un même État depuis le XVe siècle, et grâce auxquelles a pu se construire un « nous » Français. Les classes supérieures et moyennes ont été dans l’obligation de tenir compte des activités, des points de vue, des initiatives, des résistances, propres aux classes populaires, afin de mettre en œuvre des formes de développement autres que celles qu’elles avaient imaginées au départ. Et réciproquement, les représentations du peuple français que les élites ont construites au cours du temps, les politiques qu’elles ont conduites, ont profondément affecté l’identité, les projets, les rêves et les cauchemars des individus appartenant aux classes populaires. »

Lectures de rentrée….

L’effondrement de notre civilisation industrielle, si il doit advenir, a des causes connues… et les solutions pour (peut-être) l’éviter sont assez connues aussi, même si on n’a pas trouvé collectivement comment les mettre en oeuvre à l’échelle de la planète !

Ces deux livres font repartir le film un peu en arrière, et c’est très éclairant !!!
Et, en plus, ils se lisent comme des romans…..

Bonne rentrée à tous.

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« …L’histoire du risque ici racontée n’est pas celle d’une prise de conscience, mais celle de la construction d’une certaine inconscience modernisatrice….. »

L’Apocalypse joyeuse 
Une histoire du risque technologique
Jean-Baptiste Fressoz
Seuil éditions 23 euros

Sommes-nous les premiers à distinguer dans les lumières éblouissantes du progrès technique, l’ombre de ses dangers ? En occultant la réflexivité environnementale des sociétés passées, ce schéma simpliste dépolitise l’histoire longue de la destruction des environnements et nous empêche de comprendre les ressorts de la crise contemporaine. Pour éviter cette amnésie, une histoire politique du risque technologique et de sa régulation sur la longue durée était nécessaire.

L’Apocalypse joyeuse expose l’entrée de la France et de la Grande-Bretagne dans la modernité industrielle (fin XVIIIe-XIXe siècle) : celle des vaccins, des machines, des usines chimiques et des locomotives. Elle nous plonge au cœur des controverses vives qui surgirent autour des risques et des nuisances de ces innovations, et montre comment les critiques et les contestations furent réduites ou surmontées pour qu’advienne la société industrielle.

L’histoire du risque ici racontée n’est pas celle d’une prise de conscience, mais celle de la construction d’une certaine inconscience modernisatrice.

Jean-Baptiste Fressoz est historien des sciences, des techniques et de l’environnement, maître de conférences à Imperial College (Londres).

 

 

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Techno-critiques  
Francois Jarrige
éditions La Découverte 28 euros

Présentation de l’éditeur:

Depuis une trentaine d’années, les grands projets technologiques suscitent des critiques croissantes et de nombreux conflits. Cet essai d’histoire globale, le premier ouvrage de référence sur la question, entend retracer l’évolution et les spécificités des contestations de la technologie, du XVIIIe siècle à nos jours, en articulant une histoire des pensées critiques et une histoire sociale des contestataires, nourrie de très nombreuses anecdotes édifiantes et peu connues.

Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.
Contre l’immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s’est ainsi constituée : ce livre d’histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une  » croissance  » aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.

François Jarrige enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il fait partie de ces jeunes chercheurs très engagés sur les questions technologiques et écologiques, et est l’auteur de plusieurs ouvrages qui en traitent directement, dont Au temps des  » tueuses de bras  » (2009) ou Face au monstre mécanique (2009).

Elisée Reclus et George Orwell…

EliseeReclusNadarExtrait de Wikipédia :

« Élisée Reclus, de son nom complet Jacques Élisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) le  et mort à Torhout en Belgique le , est un géographe libertaire et militant anarchiste français….

…Citoyen du monde avant l’heure, précurseur de la géographie sociale, de la géopolitique, de la géohistoire et de l’écologie, ses ouvrages majeurs sont La Terre en 2 volumes, sa Géographie universelle en 19 volumesL’Homme et la Terre en 6 volumes, ainsi que Histoire d’un ruisseau et Histoire d’une montagne. Mais ce penseur qui vit de sa plume aura également publié environ 200 articles géographiques, 40 articles sur des thèmes divers, et 80 articles politiques dans des périodiques anarchistes….  »

Pour se faire une idée de cet homme, de la force de sa pensée et de ses écrits, lisez cet article qu’il écrivit en 1866 dans « La revue des deux mondes » Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes en le téléchargeant ici
Ce texte écrit il y a 150 ans prévoit ce que l’industrialisation de l’agriculture, l’exode rural, les transports modernes, la publicité, l’urbanisme pavillonnaire, les concentration des industries, le tourisme…. allaient faire de notre planète et de la nature des hommes…..

Quelques lignes :
La question de savoir ce qui dans l’oeuvre de l’homme sert à embellir ou bien contribue à dégrader la nature extérieure peut sembler futile à des esprits  soi-disant positifs : elle n’en a pas moins une importance de premier ordre. Les développements de l’humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante. Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations successives, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la terre nourricière. Ils abattaient les forêts, laissaient tarir les sources et déborder les fleuves, détérioraient les climats, entouraient les cités de zones marécageuses et pestilentielles ; puis, quand la nature, profanée par eux, leur était devenue hostile, ils la prenaient en haine, et, ne pouvant se retremper comme le sauvage dans la vie des forêts, ils se laissaient de plus en plus abrutir par le despotisme des prêtres et des rois.

Microsoft Word - sentiment_nature_soc_mod.doc

George_Orwell_press_photoGeorge Orwell (1903 -1950) est né en Inde deux ans avant la mort d’Elisée Reclus, dans une famille de la bourgeoisie anglaise. Journaliste, écrivain, militant socialiste révolutionnaire et pacifiste, il est plus connu, car il exprimait aussi ses pensées et réflexions sous forme de romans, dont plusieurs devinrent culte (dont La ferme des animaux, 1984…)
1984, écrit en 1946, a permis à plusieurs générations de lecteurs du monde entier de réfléchir au totalitarisme et au progrès (et peut être de s’engager).

Les lecteurs français découvrent aujourd’hui cette oeuvre exceptionnelle dans une traduction nouvelle, plus fidèle à l’esprit original selon certains, plus accessibles aux jeunes générations selon d’autres, et en tous cas une occasion de relire et re-réflechir (et de se re-engager ?)

1984  Georges Orwell , traduction de Josée Kahoun,
éditions Gallimard 370 pages  21 euros

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« petite » histoire de Narbonne…

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La Petite Histoire de Narbonne écrite par David-Pierre Roou et publiée par les éditions Cairn n’est « petite » que par le format du livre, propre à cette collection (18 x 12 cm !!).

C’est un livre étonnant et réussi qui raconte la grande histoire de Narbonne dans l’ordre chronologique, mais en analysant les époques de telle manière qu’en refermant le livre on se sent soudain plus riche et plus apte à comprendre Narbonne,  avec l’envie d’en savoir plus, livres ou conférences aidant.
Et même si on croit déjà tout savoir de la complexe histoire de la ville, on admire la sureté des analyses et la clarté pédagogique du propos.

Un livre à se procurer fissa, à lire, à relire et partager !!!

Petite Histoire de Narbonne  par David-Pierre Roou
éditions Cairn  164 pages   12 euros

Une critique de lecteur :

J’ai acheté ce livre en pensant aux livres sur Narbonne parus ces dernières années, en particulier ceux de Gilbert Gaudin ou Chantal Alibert en collectif ou non, et j’étais curieux de voir comment il se situerait. D’entrée rien de très nouveau et des illustrations avec des photos connues mais l’écriture étant fluide et agréable, j’ai poursuivi. Je dois dire que j’ai lu la suite quasi d’une seule traite tant le fil conducteur de cette ville tôt enserrée dans des murailles et qui ne s’en est libérée que récemment, m’a captivé. J’ai apprécié que le récit soit largement documenté. C’est la marque d’un travail de recherche approfondi et argumenté. Pour autant le rythme du récit, les rebondissements historiques, permettent une lecture distrayante. Les livres de Chantal Alibert et de Gilbert Gaudin m’avaient livré des facettes et des analyses toutes différentes et passionnantes sur Narbonne et le narbonnais, ce livre de David-Pierre Roou « Petite Histoire de Narbonne » en donne encore une autre et complète pertinemment l’ensemble. Je garderai ce livre dans ma bibliothèque de référence.
Bernard Maurice

Une interview de l’auteur dans l’Indépendant du 23 juin :

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Bienvenue à l’été…

Quand vient l’été, des librairies mettent en vitrine des livres pour la plage, des livres pour oublier, des livres pour s’évader….et des guides touristiques!
Et si on en profitait aussi pour réfléchir, partager, et vivre !
Avec des livres pour nous y aider.

Tout au cours de l’été, le blog de L’An Demain présentera des livres forts et utiles pour passer un bon été, qu’on soit en vacances, au travail…
Avec des critiques détaillées, des présentations plus simples et même des petites vidéos!

à bientôt !

C’est l’été…
on passe du temps avec les enfants…
on cuisine local et sainement…
… et on lit des livres !!!

 

 

 

 

Deux livres…

Tant de livres passionnants, récents ou parfois plus anciens, rejoignent les étagères de la librairie, que parfois on est pris de vertige :
« tant d’intelligence pour si peu de lecteurs! »
Alors parfois j’en choisis un ou deux pour prendre la lumière du blog et de Facebook, car ceux qui prennent la lumière des illuminations de noël dans la vitrine n’attirent  guère les yeux de passants tout attirés par les mirages colorés déployés par la publicité et les illusions des centres commerciaux…

Un petit zoom sur les microbes pour commencer : le livre « Jamais seul » de Marc-André Selosse paru chez Actes Sud est sous titré « ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations »…
350 pages à la mise en page dense et au contenu plus dense encore : un concentré d’érudition, des découvertes formidables pour ceux qui connaissent un peu la biologie, et un émerveillement total pour ceux qui l’ont oubliée….

Présentation de l’éditeur: 
Au fil d’un récit foisonnant d’exemples et plein d’esprit, Marc-André Selosse nous conte une véritable révolution scientifique. Les microbes jouent un rôle en tout point essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d’interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc… jamais seuls. Détaillant d’abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes, Marc-André Selosse explore les propriétés nouvelles qui en émergent et modifient le fonctionnement de chaque partenaire. Il décrypte ensuite les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu’ils soient terrestres ou sous-marins. Il décrit nos propres compagnons microbiens, le microbiote humain, et leurs contributions, omniprésentes et parfois inattendues. Enfin, il démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l’évolution de la vie, du climat, et des pratiques culturelles et alimentaires qui ont forgé les civilisations. Destiné à tous les publics, cet ouvrage constitue une mine d’informations pour les naturalistes, les enseignants, les médecins et pharmaciens, les agriculteurs, les amis des animaux et, plus généralement, tous les curieux du vivant. A l’issue de ce périple dans le monde microbien, le lecteur, émerveillé, ne pourra plus porter le même regard sur notre monde.

Jamais seul  de Marc-André Pelosse, éditions Actes Sud , 350 pages,  24,50 euros

 

Avec « La société autophage, capitalisme, démesure et autodestruction »,  publié aux éditions La Découverte, Anselm Jappe plonge lui dans les pensées et pulsions des humains.
Il y trouve l’annonce d’une mutation anthropologique conduisant a une destruction de nos sociétés, dont la compréhension est pour lui absolument indispensable pour espérer retrouver les chemins l’émancipation sociale.
Un livre savant et passionnant, un livre nécessaire…

Présentation de l’éditeur :
Dans La Société autophage, Anselm Jappe s’intéresse au sujet narcissique-fétichiste, qu’il identifie comme la subjectivité propre au capitalisme de crise. La  » critique de la valeur  » élargit ici son discours à la sphère des structures psychiques, à la recherche du sujet même de la fétichisation de la marchandise. Ce livre s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la  » pulsion de mort  » de la société actuelle et qui pensent qu’elle est le résultat d’une véritable crise de civilisation.
Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la  » critique de la valeur  » – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait et l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le  » sujet  » est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la  » pulsion de mort du capitalisme  » : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres  » gratuits  » qui précipite le monde des hommes vers sa chute.
Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable  » mutation anthropologique  » ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

« La société autophage, capitalisme, démesure et autodestruction » de Anselm Jappe aux éditions La découverte, 250 pages, 22 euros

Dire non ne suffit plus….

Dire non ne suffit plus !

Le nouveau livre de Naomi Klein vient de paraitre en français aux éditions Actes Sud
(224 pages, 21,80 euros)
Important, comme d’habitude…

Le site Bastamag publie une interview de Naomi Klein à lire  ici 
En voici le début

 

Pour la journaliste canadienne Naomi Klein, l’élection de Donald Trump n’est pas un accident de l’histoire. Dans son nouveau livre, Dire non ne suffit plus (Actes Sud), elle analyse les processus délétères qui ont abouti à l’élection d’un homme dont la vision du monde est fondée sur la domination et l’impunité. « Le risque serait de considérer qu’il suffit de se débarrasser de ce monstre pour que tout s’arrange » alerte t-elle, dans un contexte où la montée des politiques autoritaires et xénophobes est un phénomène mondial. Comment agir pour sortir des crises multiples qui nous assaillent ? Entretien.

Basta ! : En quoi les politiques de Donald Trump sont-elles à la fois nouvelles et la poursuite des pires tendances de ces dernières décennies ?

Naomi Klein : Il est dangereux d’analyser l’élection de Trump comme une rupture. Trump est bien une nouvelle sorte de politicien : il est la fusion de l’homme et de la grande entreprise. Il a besoin d’apposer sa marque dans tous les espaces disponibles et a réussi à faire de son nom le symbole de la réussite matérielle, le héros par excellence de la success story capitaliste. Mais au final, Trump est entièrement le produit de la culture nord-américaine, l’étape ultime d’un processus engagé depuis longtemps. Aussi excessif soit-il, il est moins une aberration qu’une conséquence logique, la créature d’un système de pensée puissant qui se sert de la race pour mettre en œuvre des politiques économiques impitoyables…..

Le vélo pour changer le monde ?

Le vélo peut-il changer nos sociétés ?
Prenons l’occasion de la sortie de deux livres importants pour reposer la question.

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« Le pouvoir de la pédale » de Olivier Razemon qui vient de paraitre en édition de poche (éditions de l’échiquier) à 7,50 euros est sous-titré « comment le vélo transforme nos sociétés cabossées »

Le livre « Bike Nation » de Peter Walker, paru il y a quelques mois au Royaume Uni, est sous titré « How Cycling Can Save The World »  (comment le vélo peut sauver le monde).

Et ce n’est pas par hasard que les auteurs de ces livres sont des journalistes travaillant à Paris et Londres pour les « quotidiens de référence » : Le Monde pour Olivier Razemon, « The Guardian » pour Peter Walker.
Il sont tous deux rédacteurs de blog très suivis:
The guardian Bike Blog 
L’interconnexion n’est plus assurée

Leur métier et leur pratique quotidienne du vélo dans une grande ville leur a permis de synthétiser des éléments connus mais disséminés et les a conduit à une conclusion évidente : le vélo est l’avenir des transports, mais aussi la clé pour refaire nos villes et le monde (et bien plus, vous en lirez de belles démonstrations)
Leur curiosité et leur métier les a incités à tenter dans un livre « grand public » de convaincre et éduquer largement. Tous deux ont la volonté de s’adresser au plus grand nombre et utilisent donc les méthodes et les moyens du journalisme d’investigation, le style simple du quotidien, l’humour, l’émotion, l’appel à la propre expérience du lecteur…
Tous deux espèrent, par leurs écrits, aider à « changer la vie »…

Ce sont deux livres de lecture facile  (enfin pour le cas du livre de Peter Walker, il faut être anglophone car il n’est pas -ou pas encore- traduit en français!!!), des livres qu’on a envie de partager, des livres qui redonnent confiance dans l’avenir….

Voilà donc le rôle nous est imparti, simples cyclistes du quotidien et militants d’un monde plus doux : achetons ces livres, offrons les, commentons les sur nos blogs et nos pages Facebook….
Et merci à Peter Walker et Olivier Razemon de les avoir écrits….

 

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Je dois rendre hommage aussi à Frédéric Héran et son livre « Le retour de la Bicyclette » paru aux éditions La Découverte. Ce livre d’un chercheur est lumineux et passionnant.
C’est la « bible » indispensable à toute personne intéressée par la question des transports dans nos sociétés.

J’en ai déjà longuement parlé sur ce blog , et vendu un grand nombre à la librairie : mais si vous ne l’avez pas encore lu, vous savez ce qui vous reste à faire !!!!

 

« Algorithme mon amour … »

La bombe atomique d’Hiroshima a marqué un tournant dans le XXème siècle, qu’Alain Resnais a élégamment mis en scène dans son film « Hiroshima mon amour… »
Et depuis chacun sait que les dangers du nucléaire sont une épée de Damoclès permanente sur l’avenir de l’humanité.

La fascination actuelle pour le numérique  risque de nous cacher les dangers pour l’avenir de l’humanité que ces technologies recèlent. La bombe numérique n’a pas explosé, mais les dégâts humains sont déjà là. Et l’asservissement se fait de manière subtile et indolore…

La lecture de ces deux livres est essentielle.
Je les conseille absolument, car seule la compréhension des enjeux par les citoyens permettra (peut-être) d’arrêter cette nouvelle machine à broyer l’homme.

51c5RM2dXxLLa nouvelle servitude volontaire

Philippe Vion-Dury

Avec comme crédo la volonté de changer le monde, c’est au coeur de la Silicon Valley que se façonne la société numérique. Portées par une spectaculaire réussite économique, les entreprises de haute technologie veulent dessiner un monde meilleur en prenant en main la majorité des aspects de notre quotidien, en généralisant la prédiction algorithmique. L’homme devient intégralement transparent, immatériel. La liberté de choisir, la créativité et l’émancipation sont désormais remplacées par l’anticipation, la prédiction et la régulation. C’est bien plus qu’une révolution numérique ; c’est un véritable projet politique qui est à l’oeuvre. Avec rigueur et précision, Philippe Vion-Dury révèle que les technologies sont porteuses d’une idéologie et d’un projet de civilisation. Il démontre que les modèles prédictifs, les algorithmes et les objets connectés instaurent une société du contrôle dans laquelle l’individu, comme le collectif, abandonne la maîtrise de son destin. Il explique comment la peur de se confronter à la solitude, à l’altérité et à l’échec nous conduit à une nouvelle servitude volontaire.
255 pages – 20 euros
Editeur : FYP EDITIONS (octobre 2016)

 

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critique de la raison numérique
Eric Sadin

Le mouvement de numérisation à l’oeuvre depuis une trentaine d’années gagne aujourd’hui des pans de plus en plus étendus de la réalité via l’extension des capteurs et des objets connectés. Dorénavant, les flux de data témoignent de la quasi-intégralité des phénomènes, s’érigeant comme l’instance primordiale de l’intelligibilité du réel. Une connaissance sans cesse approfondie s’instaure, orientant en retour les décisions individuelles et collectives au prisme d algorithmes visant les plus hautes optimisation, fluidification et sécurisation des existences et des sociétés. Les technologies informationnelles imposent un mode de rationalité fondé sur la définition chiffrée de toute situation et sur une maîtrise indéfiniment accrue du cours des choses. Une raison numérique établie sur l’appréhension et l’évaluation en temps réel des faits ordonne désormais les pratiques du commerce, de l’enseignement, de la médecine, les rapports aux autres, à soi-même, à la ville, à l’habitat…
Ce livre examine, en s’appuyant sur une foultitude d’exemples, la quantification et la marchandisation intégrales de la vie qui s’instituent, soutenues par l’industrie du traitement des données, aujourd’hui dotée d’un pouvoir qui perturbe nombre d’acquis démocratiques fondamentaux.
Avec une rare lucidité et une écriture d’une précision clinique, Éric Sadin dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie détaillée des forces à l’ oeuvre… Observations et réflexions qui dessinent une nouvelle condition humaine, et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance toujours plus totalisante détenue par les systèmes computationnels. 
278 pages – 17 euros
Editeur : L’ECHAPPEE (2015)