La résistance au progrès, hier, aujourd’hui et… demain

Certains d’entre nous ont un peu plus de temps en été pour lire et penser.
Et nous en aurions tous bien besoin face à l’impasse de la civilisation humaine.

Voici quatre livres, choisis dans les rayonnages de la Librairie L’An Demain (parmi bien d’autres sur le sujet)
Regarder dans le rétroviseur, analyser les luttes et les échecs, chercher à comprendre dans le siècle passé les causes et des solutions peut-être…
Des livres que je vous conseille : lire, partager et en parler…….

TECHNO-CRITIQUES 
Histoire de la résistance au « progrès » technique
François Jarrige
Editions La découverte 28 euros

Techno-critiquesLes techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.
Contre l’immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s’est ainsi constituée : ce livre d’histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une  » croissance  » aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.

 

LA REVOLTE LUDDITE  Briseurs de machines à l’ère de l’industrialisation
Kirkpatrick Sale
Editions L’Echappée  19 euros

luddites21811. Alors que la révolution industrielle s’apprête à rendre l’Angleterre méconnaissable, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des redresseurs de torts viennent de déclarer la guerre aux «machines préjudiciables à la communauté». Puisque les artisans doivent faire le deuil de leur savoir-faire et migrer vers les villes, les Luddites se dressent contre la dépossession machinique. À l’heure de la biométrie, du tout-numérique et des technologies du vivant, le récit de Kirkpatrick Sale, journaliste et écrivain américain, est un cinglant plaidoyer contre le capitalisme industriel.
«Une éruption violente des sensibilités contre le capitalisme industriel débridé».

E. P. Thompson, historien anglais.

 

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LES LUDDITES EN FRANCE
Résistances à l’industrialisation et à l’informatisation
Collectif
Editions l’Echappée  22 euros

Alors que la révolution industrielle s’apprête à bouleverser tous les rapports sociaux, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures. Des artisans refusent de faire le deuil de leurs savoir-faire et de migrer vers les villes. Ils déclarent la guerre aux  » machines préjudiciables à la communauté  » qu’ils détruisent à coups de masse. Si les luddites anglais sont passés à la postérité, leurs homologues français briseurs de machines –  » primitifs  » selon les uns,  » réactionnaires  » selon les autres – ont été jetés aux oubliettes de l’histoire. Ce livre entend les réhabiliter et leur redonner une juste place dans une histoire du socialisme jalonnée de grandes batailles durant lesquelles ils se sont illustrés : de la Révolution française aux récentes résistances à la tyrannie technologique, en passant par les journées de juillet 1830, la révolution de 1848 ou encore les années 1980. Cette histoire méconnue du luddisme à la française nous révèle des mouvements souvent peu organisés et parfois spontanés, mais farouches défenseurs de l’égalité sociale et de la liberté quotidienne. Contrairement aux idées reçues, on arrête parfois le progrès…

 

L’AGE DES LOW TECH
Philippe Bihouix
Editions du Seuil  19,50 euros

low techFace aux signaux alarmants de la crise globale – croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée – on cherche à nous rassurer. Les technologies  » vertes  » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.

Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les  » basses technologies « . Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S’il met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.

 

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Deux revues à soutenir….

Reçu cette semaine les derniers numéros de deux revues d’écologie politique qu’il faut aider à paraître. Leur travail est fondamental, indispensable même…
Et ce trimestre/mois, les sujets abordés tombent pile dans l’actualité « politique » et sont source de réflexion salutaire….

La Revue ECOREV’ numéro 44

L’« Anthropocène » a déjà eu lieu, l’événement est passé. C’est toute la Terre et tous ses habitants, nos vies qui sont bouleversées désormais par l’entrée dans cette nouvelle ère. C’est aussi et avant tout l’histoire de notre modernité, d’un « Capitalocène » mortifère. Si les scientifiques en discutent encore la date de son commencement ou en scrutent les traces à même le sol, peu en contestent désormais la réalité – le consensus est total, ou presque.

Dans ce cadre, notre dossier vient prolonger la perspective dessinée par les deux textes de la rubrique Classiques enecorev tâchant d’articuler, comme nous y invite Charles Fourier dans un texte de 1820, la nécessaire prise de conscience des responsabilités du mode de production capitaliste dans cette entrée – et de ses limites à palier aux problématiques qu’elle génère ; avec la recherche de mise en œuvre effective d’une « autre économie, d’autres rapports sociaux, d’autres modes
et moyens de production et modes de vie » – comme nous y invitait André Gorz à la fin sa vie en 2007 – en abolissant « cet esprit, ces systèmes de domination et de répression qui nous viennent du fond des âge
s et qui ont dressé l’homme contre l’homme et contre la nature », nous dit Murray Bookchin dans un texte de 1969.

Car, même si aujourd’hui les plus exposés aux dérèglements climatiques, aux migrations environnementales, aux dégradations des milieux de vie et aux guerres qui en découlent sont avant tout au Sud – là où pourtant les responsabilités historiques sont incontestablement moindres – le monde entier en subit déjà, et en subira bientôt plus encore, le poids et les effets destructeurs.
Reconstruire un vivre ensemble – désormais inéluctablement globalisé – et des imaginaires politiques propres à porter une sortie civilisée du capitalisme à l’âge de l’Anthropocène, sont sans aucun doute les nouvelles frontières de l’écologie politique, notre ZAD.

C’est à ce projet que ce numéro tente de contribuer, dans un contexte historique où les acteurs du système capitaliste feignent de se pencher sur la problématique environnementale pour in fine mieux ignorer avec arrogance notre entrée dans l’ère de l’anthropocène. Chaque partie de ce numéro, du dossier à la rubrique Utopie(s) 2050, en passant par le Kit Militant et la rubrique Lectures, contribue à faire face à cette nouvelle réalité sans sombrer dans la réaction, le catastrophisme et le nihilisme – qui menacent pourtant chaque jour un peu plus d’effacer la complexité de la situation derrière des discours dangereusement simplistes –, autrement dit à faire de l’écologie politique la première des énergies renouvelables. Une tâche ardue mais stimulante, pour laquelle le comité de rédaction accueille avec grand plaisir à partir de ce numéro 44, trois personnes qui font honneur à notre revue : Alice Sternberg, Michael Löwy et Willy Gianinazzi.

Pour s’abonner ou commander ce numéro c’est ici

La revue SILENCE numéro 453

silenceÉditorial : Le temps de vivre

L’année 2016 aura été marquée par les luttes sociales contre la loi Travail en France. Pourtant, 2016 était aussi la date anniversaire des 80 ans du Front populaire, des premiers congés payés. Si l’on remonte au 19e siècle, on observe une tendance inéluctable à la réduction du temps de travail salarié, allant de pair avec l’augmentation de la productivité. C’est une tendance partagée partsilenceout en Europe. La remise en cause de la réduction du temps de travail représente un recul historique.

Il convient de préciser que nous parlons ici du travail salarié (1), exercé sous l’autorité d’un employeur, encadré par une législation que les contrats doivent respecter. Pour être plus précis, on devrait d’ailleurs parler d’emploi, car le travail pourrait être entendu comme toute activité au sens large, sans qu’elle fasse nécessairement l’objet d’une rémunération sociale ou personnelle. Par exemple, nettoyer une rue, garder des enfants, repeindre un appartement, aider une voisine à faire ses courses : emploi, travail ou activité ? Ce sont les notions de lien de subordination et de salariat qui font la différence, mais pas le contenu même de l’action. Ce qui est alors intéressant quand on élargit sa vision, c’est de mesurer à quel point, même si l’emploi diminue, le travail ne manque pas… Et dans tout ça, quand est-ce qu’on respire ?

Dans ce dossier, nous avons souhaité remettre ce sujet en discussion, partant du constat que la réduction du temps de travail de manière choisie pouvait être un levier puissant pour construire une société décroissante, parce qu’elle pose inéluctablement la question de la consommation (quoi, combien ?), la relation de soi au reste du monde (qu’est-ce que je donne, qu’est-ce que je reçois ?), et finalement du sens (pourquoi ?). Nous proposons pour cela de questionner les représentations, analyser les statistiques, écouter les parcours des gens, observer les expériences européennes, relire les philosophes.

Pour s’abonner ou commander ce numéro revue silence

Décroissance. Vocabulaire pour une nouvelle ère

L’ouverture de la COP21 en pleine période de drame national met nos esprits et nos coeurs à rude épreuve. Où se situe l’urgence ?

Nulle certitude pour chacun de nous, point de réponse toute simple et unique, mais pour moi une certitude : il ne faut pas arrêter de penser, au contraire il faut réfléchir plus…
Réfléchir et partager et débattre.
Réagir et imaginer l’avenir…

Les mots, les concepts pour ce nouveau monde qui naît au milieu du chaos climatique, économique et militaire, nous devons nous les approprier, les faire vivre, les essayer, depuis le café du commerce jusqu’aux hautes sphère universitaires, dans les journaux, les tribunes, les blogs…
Je nous conseille un livre, sous titré « vocabulaire pour une nouvelle ère », livre européen et divers, livre cadeau et livre outil , dont la traduction française augmentée d’articles originaux vient de sortir et d’arriver à la librairie….
Nous en reparlerons, quand nous nous en serons enrichis….

 decroissancePrésentation de l’éditeur:

Découvrez en détail tous les concepts liés à la décroissance.

Lorsque la langue usuelle ne permet plus d’exprimer ce qui demande à être articulé d’urgence, c’est qu’il est temps d’apprendre un nouveau vocabulaire.

Ce livre étudie les principaux mots-clés de la décroissance et  fournit une véritable boîte à outils pour penser une transformation radicale de nos sociétés qui mette enfin l’accent sur l’idée de « vie bonne ».

Paru initialement en Grande-Bretagne et en Espagne, ce livre est traduit par nos soins pour la première fois en français. Chaque édition dans un nouveau pays s’enrichit de nouvelles contributions, et l’édition française contient des textes inédits de Paul Ariès, Anna Bednik, Serge Latouche, Xavier Renou, Agnès Sinaï…

Le mot de « décroissance » émerge aujourd’hui comme un nouveau signifiant des discours économique et politique. Témoin, les prises de position de plus en plus nombreuses visant à le discréditer. Pour échapper à l’ignorance ou à la mauvaise foi qui tantôt l’assimilent à la stagnation actuelle des économies occidentales, tantôt le dénoncent comme un projet de « retour à la bougie » de quelques « écolo-réactionnaires », il était donc plus que temps de proposer au public un état des lieux détaillé de ce qu’il recouvre réellement.

Depuis sa première apparition, dans les années 1970, la notion s’est considérablement enrichie, au point de devenir un enjeu de réflexion pour tous ceux qui en appellent à une transformation sociale radicale. Cet ouvrage, composé d’une soixantaine d’articles de fond, en constitue la première synthèse thématique se proposant d’en définir les contours et d’en cerner les multiples sources intellectuelles. Il s’agit ici de souligner les grands axes des problématiques embrassées par la décroissance, de présenter les formes d’action qui s’y rattachent ou s’en revendiquent et, en laissant ouvert le débat interne sur un certain nombre de questions clés, d’exposer et de nourrir une discussion collective et internationale déjà bien engagée.

La diversité des entrées de ce dictionnaire encyclopédique montre que ce concept touche, certes, aux enjeux écologiques et environnementaux, mais qu’il est loin de s’y limiter. On y découvrira que la décroissance se donne pour tâche d’étudier en profondeur le poids des logiques économiques et industrielles sur les conditions d’existence sur la planète, et de réfléchir à d’autres formes d’organisation de la production et des échanges ; qu’elle instruit une critique en règle de nos choix de société et de leur rapport à ce qu’elle nomme la « vie bonne », tout en jetant les bases de contre-modèles possibles ; enfin, qu’elle s’intéresse à toutes les expériences collectives actuelles qui témoignent, un peu partout dans le monde, de l’existence de résistances créatrices et vivaces au dogme de la croissance.

Avec entre autres des contributions de Mauro Bonaiuti, Arturo Escobar, Marco Deriu, Tim Jackson…
L’ouvrage est déjà paru en Grande-Bretagne chez Routledge et en Espagne chez Icaria. Il paraîtra dans les mois prochains en Italie, au Brésil, en Allemagne, en Croatie…
Une source d’inspiration indispensable, pour élargir le débat à la veille de la COP21 qui aura lieu en décembre à Paris.

 Quelques exemples de chapitres

Anti-utilitarisme – bioéconomie – critique du développement – justice environnementale – écologie politique – autonomie – marchandisation – biens communs – convivialité – numérique – dématérialisation – entropie – bonheur – PIB – dépolitisation –  effet rebond – pic pétrolier – simplicité – néoruraux – revenu de base et revenu maximum – monnaies  communautaires – coopératives – audit de la dette – désobéissance – éco-communautés – Indignés – partage du travail –  argent public – syndicats – care – jardinage urbain – buen vivir…

Décroissance. Vocabulaire pour une nouvelle ère
de Giacomo D’Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis
Editions : Le Passager Clandestin
Prix : 25 €
Format : 165x233mm
Pages : 528 pages

 Ce qu’ils en pensent…

« Les investissements et la consommation augmentent mais le nombre de chômeurs se maintient ; les inégalités économiques et sociales augmentent, et chaque jour, de nouvelles espèces sont menacées d’extinction… Pourquoi la croissance, qui devrait être synonyme de progrès et de bien-être, a-t-elle des conséquences aussi indésirables ? La réponse se trouve dans ce livre. » Para todos la 2, rtve, 12 décembre 2014

« À un moment de l’histoire où les leaders politiques, économiques et intellectuels pensent que rien de fondamental ne peut désormais être mis en question, rien n’est plus important que le mouvement d’idées et d’actions que représente ce livre sur la décroissance. » David Graeber, London School of Economics

« Quel splendide vocabulaire ! Une sélection d’auteurs internationaux explore avec brio le champ émergent d’une économie qui fait ses adieux à l’obsession de la croissance. » Wolfgang Sachs, Directeur de l’Institut Wuppertal pour le climat, l’environnement et l’énergie à Berlin

« Cet ouvrage est indispensable à quiconque souhaite dépasser les simples mesures de réaménagement pour résoudre les problèmes écologiques et économiques les plus importants de notre temps. » Deepak Malghan, Professeur d’économie écologique à l’Institut indien du management à Bangalore 

  • Télérama
    TT – Alors que la « quête de croissance » constitue encore l’horizon indépassable de la sphère politico-médiatique malgré la dégradation continue des milieux naturels et l’épuisement des ressources, ce livre invite à suivre d’autres pistes. Et à butiner de ci de là, en toute liberté. Car cette sorte de dictionnaire, coordonné par Giacomo d’Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, jeunes chercheurs en économie écologiste, n’impose pas son idée de la décroissance. Il offre plutôt à chacun la matière nécessaire pour s’en faire sa propre conception. Enrichi des contributions d’une cinquantaine d’auteurs de premier plan (Paul Ariès, Serge Latouche, Juliet B. Schor…), il plonge dans les racines intellectuelles de la décroissance et éclaircit des dizaines de concepts qui lui sont attachés : émergie, désobéissance, emploi garanti, monnaie publique, néo-utopistes, low tech, etc… (…) Pour « décoloniser » son imaginaire et l’ouvrir à d’autres vents.

     

  • S!lence décembre 2015
    C’est de l’urgence d’exprimer les idées de la décroissance et de penser la transformation radicale de nos sociétés qu’est né cet abécédaire encyclopédique. D’abord paru en Grande-Bretagne et en Espagne, il est ici traduit et augmenté de nouvelles contributions. Une soixantaine d’articles viennent embrasser les grandes thématiques de réflexions touchées par la pensée décroissante. Capitalisme, dématérialisation, effet rebond, entropie, Etat, etc., sont interrogés et décryptés, tandis que sont ouvertes et questionnées des voies désirables : biens communs, bonheur, convivialité, coopératives, monnaies communautaires, revenu de base, buen vivir… Un ouvrage riche, faisant la part belle à la diversité des sensibilités au sein d’un dessein commun, et amené à devenir une référence sur le sujet.

     

  • Jean Rouzaud, Radio Nova décembre 2015
    Grâce à un livre collectif et international, la question qui fâche, à savoir la « décroissance » — ce concept qui affole les économistes suivistes — , est enfin ordonnée et analysée par des spécialistes du monde entier. Tous les penseurs et acteurs de l’écologie sont convoqués, car la partie à jouer est fine et demande des talents variés. Pour changer, trouver des idées, il faut écouter les autres, voir leurs tentatives, mesurer les avancées, être modeste et avoir le plus d’informations possible, afin de décrasser nos cerveaux englués et retrouver notre libre arbitre. Lire Décroissance est un vrai pas dans cette direction. Courage !

Pourquoi le dernier livre de Naomi Klein est un livre important ?

klein fr2Sorti dans sa traduction française le 19 mars aux éditions Actes Sud, le livre de Naomi Klein a déjà un impact très important aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne et en Italie…
Son titre en anglais est un slogan, qui été affadi dans sa traduction française.
C’est un livre fondamental qu’il ne faut pas manquer ni mal interpréter.

Voici quelques commentaires personnels, à compléter avec la lecture des articles et interview sortis ces derniers temps….

Mais avant out, lire le livre et se faire une opinion !!!

This change everything…

This = le changement climatique
La crise climatique est là, s’aggrave et rien ne se fait pour stopper les causes du réchauffement.
Le risque de voir la température moyenne de la planète croître de 6°C est une probabilité réelle si rien n’est fait d’ici 10 ans pour stopper les émissions de gaz a effet de serre. Pour limiter le réchauffement à 2°C les experts estiment qu’il faudrait réduire ces émissions de 15 % par an dès aujourd’hui  et laisser dans le sol 80% des réserves connues d’hydrocarbures !
Or avec une augmentation de 6°C, la planète ne sera probablement plus habitable pour l’homme

Change everything : cela change tout
Certes la planète Terre ne disparaîtra pas, mais la disparition de notre civilisation est une probabilité réelle. Face à une telle situation, TOUT DOIT CHANGER, dans nos têtes et dans nos actes.

Capitalism vs Climate : le capitalisme contre le climat
Le capitalisme, et sa dernière évolution l’ultralibéralisme planétaire, sont la cause du désastre et chaque jour continuent à l’aggraver. Le capitalisme n’a pas de solution à proposer.

Naomi Klein est connue pour son travail de journaliste enquêtrice rigoureux, ses livres précédents ont eu un impact important sur la prise de conscience des dégâts économiques et sociaux au XXème siècle.
Elle a passé cinq ans à enquêter sur le climat et les 600 pages de son livre sont une mine d’informations jamais réunies en un même volume. Son travail n’est pas un pamphlet : c’est une démonstration détaillée et subtile.
Tout « honnête homme » en sort troublé et convaincu.

naomi kleinEst ce un livre pessimiste ?

Du constat que c’est presque trop tard et que l’ultralibéralisme a libéré des forces incontrôlables, Naomi Klein tire une force étonnante : puisque c’est presque sans espoir, puisque le chantage décrit dans « La stratégie du Choc » est dévoilé, alors il faut y croire et agir en sortant des sentiers battus…
Elle décrit et analyse les résistances citoyennes à l’extractivisme et à la puissance de destruction des multinationales des énergies fossiles, et décrit et explique les victoires et les échecs, partout dans le monde.
Cela change tout. Tout doit donc changer…
Retrouver la sobriété face au gaspillage et à une croissance basée sur des besoins créés, imposer l’égalité contre l’inégalité, penser à long terme contre la dictature du court-termisme, retrouver les racines des peuples contre les destructions du colonialisme….
Comme dans ses précédents ouvrages, « Tout peut changer » est un livre de combat, un outil pour les luttes pour réinventer un futur à notre civilisation.

Est ce un livre populaire ?

Ce reproche réccurrent va tomber sur la traduction française du livre (600 pages) : se serait un livre pour débattre sur France Culture, en discuter les détails voire les réfuter entre intellectuels au coin du feu, ou en tirer l’exégèse sur les blogs…
Or il faut lire et faire lire ce livre, et le proposer comme ce qu’il veut être : un livre d’éducation populaire.
Et cela demande un « travail » aux commentateurs intellos : arrêter de gloser entre spécialistes et l’offrir à tous !

Et ce n’est pas si facile. Naomi Klein vit au Canada et écrit en anglais, les exemples qu’elle choisit viennent souvent du monde anglo-saxon
Transformons la difficulté en un atout : faisons découvrir aux européens l’ampleur des dégâts sur le continent américain et aussi la vigueur des oppositions.
Mettons à jour les escroqueries des partisans de la géo-ingénierie, les mensonges des « milliardaires verts », les compromissions des grandes organisations environnementalistes, les aberrations du capitalisme vert.

Ce sera un livre populaire si nous savons en promouvoir l’humanisme profond et la générosité.
Nous devons faire connaître la profondeur et la richesse des combats citoyens, la prise de conscience mondiale qui découle de la compréhension de la crise climatique.
Nous devons faire confiance à l’intelligence et à la sensibilité des hommes face à l’urgence climatique et l’inaction des organisations internationales et des hommes politiques.

L’avenir est entre nos mains, ne tremblons pas : TOUT DOIT CHANGER

Renverser nos manières de penser…

latoucheCe petit livre de 10 x 15 cm et qui ne coûte que 5 euros est un grand livre!

Un livre d’entretiens est souvent superficiel, confus ou simpliste : ce livre d’entretiens de Serge Latouche avec Thierry Paquot, Daniele Pepino et Didier Harpagès est un bijou, un concentré d’intelligence et de simplicité.

Pour soi, pour offrir à un ami, pour laisser trainer dans un lieu public, il faudrait en acheter quelques dizaines….

Pour participer à la création du monde de demain, un monde qui aurait un avenir et sur lequel l’homme ne serait pas condamné  à disparaitre  dans une crise écologique non maitrisable, il faut renverser totalement nos manières de penser.
Serge Latouche n’est pas le premier ni le seul à l’exprimer…
Mais je ne pense pas qu’un autre livre est plus lumineux pour ouvrir des chemins de pensée et des envies d’actions.
Et c’est un outil utile pour débattre et discuter avec ses voisins.

A vous de vous faire un avis… 5 euros pour retrouver l’espoir…

Présentation de l’éditeur:

« Jetant un regard rétrospectif sur mon parcours intellectuel, autour d’un objet envahissant et problématique, l’économie, il m’apparaît que mes efforts ont visé à produire ce que les Grecs appelaient une metanoïa, c’est-à-dire un renversement de la pensée. Aujourd’hui, il nous faut renverser nos manières de penser. Parce que le monde n’est plus vivable ainsi, que nous le savons mais restons pris dans les schémas capitalistes et productivistes, il nous faut réinventer notre imaginaire pour trouver une nouvelle perspective existentielle. Qui passera par l’après-développement, la décroissance et l’éco-socialisme. »  S. L.

Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay, objecteur de croissance, est notamment l’auteur du Petit traité de la décroissance sereine (Mille et une nuits).

Les z’indignés numéro 20

indignes20Le journal « Les z’indignés » apporte tous les mois une bouffée d’air frais et des éléments fondamentaux de réflexion. L’aventure éditoriale, militante et sans publicité, se poursuit depuis deux ans dans un contexte difficile pour la presse.
S’abonner pour un an, offrir un abonnement pour les fêtes, c’est un beau geste pour permettre à l’histoire de continuer.

http://www.les-indignes-revue.fr/

Le sommaire du numéro 20 :

Le maldéveloppement guyannais
Propos recueillis par Paul Ariès Les Zindigné(e)s poursuivent leur enquête sur le maldéveloppement planétaire. Les pays du Sud sont dans ce domaine un miroir grossissant de ce qui ne va pas à l’échelle mondiale. Entretien avec Yves Gerry à l’occasion de la publication du livre « Les abandonnés de la République » écrit en collaboration avec Christopher Gruner et Alexandra Mathieu (éd. Albin Michel).

Relocalisation fédéraliste et sociale contre mondialisation néolibérale
Thierry Brugvin, sociologue Actuellement, contre la mondialisation néolibérale, plusieurs courants largement antagonistes font la promotion de la relocalisation. Cette dernière préoccupe autant l’écologie sociale, que les partisans de l’autonomie économique de gauche (la démondialisation de Montebourg), que d’extrême droite. Or, si l’autonomie locale est un fondement des politiques économiques libertaires ou décroissantes, certains secteurs ne peuvent néanmoins pas être complètement délégués au niveau local.
abandonnes
Pour une écologie chrétienne de gauche
Théologien et pasteur protestant à la Maison Verte (18e arrondissement de Paris) Stéphane Lavignotte est bien connu des milieux écologistes pour ses prises de position et ses engagements. C’est à la Maison Verte, qu’en 1972, se sont rencontrés Michel Foucault et Jean Paul Sartre pour dénoncer un crime raciste à la Goutte d’Or : l’assassinat de Ben Ali Djellali, un adolescent de quinze ans et demi d’origine algérienne, tué d’une balle dans la nuque par le concierge de son immeuble après une altercation. Depuis, les luttes contre le racisme, pour les droits des travailleurs immigrés, les sans papiers ont ponctué la vie de la Maison verte. « C’est dans cette histoire que je mets mes pas, commente Stéphane Lavignotte. C’est à la fois une responsabilité et une liberté. » La parution de son dernier ouvrage « Les religions sont- elles réactionnaires ? » (Textuel) est une belle occasion de nourrir le dialogue pour construire avec les croyants une Objection de croissance amoureuse du bien vivre

Nucléaire civil et nucléaire militaire : un danger pour l’humanité ?
Quels sont les liens entre nucléaire civil et nucléaire militaire ? Nombreux, répondront certains mais d’autres répliqueront que cela ne remet pas en cause nos choix pour construire la société mondiale de demain. Une erreur. Les liens historiques, technologiques, industriels, sociétaux et politiques façonnent nos rapports humains. Le nucléaire civilo-militaire est un danger pour l’humanité.

Les « défricheurs » ont un bel avenir
Eric Dupin, journaliste Face aux adeptes des pas de côté (petits ou grands), Pierre Zarka expliquait dans les Zindigné(e)s qu’on ne fait pas la révolution sans le savoir. Nous avons eu envie de demander au journaliste Eric Dupin de nous parler des « défricheurs » et de leurs rapports au politique
Construire une contre-hégémonie
Entretien avec André Tosel Les gauches comme les milieux de l’objection de croissance ont perdu la bataille des mots. La contre-révolution conservatrice mondiale est ressortie vainqueure du 20e siècle. Comment se construit l’hégémonie ? Qu’est-ce que l’imaginaire néolibéral ? Comment nous y opposer ? Les Zindigné(e)s ont voulu en savoir davantage lors d’un entretien avec André Tosel, philosophe, à l’occasion de la parution de son livre Essai « Pour une culture du futur » (Editions du Croquant).
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Politiques de l’extrême : que sont la gauche et la droite devenues ?
Il faut être aveugle et sourd aux réalités politiques actuelles et aux revendications populaires pour s’interdire de prononcer la banqueroute de la gauche. Partout la droite progresse et, si elle ne gouverne pas, d’autres se chargent pour elle d’appliquer sa politique résolument néolibérale. Cette faillite est totale : idéologique, morale et politique. La banqueroute de la gauche.

La concurrence liberticide et biaisée dans l’Éducation Nationale
L’idéologie néolibérale présente la concurrence libre et non faussée comme une théorie économique. Si on la prend pour ce qu’elle prétend être, on ne peut être que confondu par le simplisme et la naïveté de cette « théorie ». Au contraire, si on l’envisage comme une technique managériale, alors on comprend quels intérêts elle sert et quels sont ses objectifs réels.

Faut-il un dépistage systématique du cancer de la prostate ?
Nicole Delépine, Pédiatre, Oncologue Les Zindigné(e)s militent pour une autre conception et pratique de la médecine. Nous sommes donc aux côtés des lanceurs d’alerte comme le docteur Nicole Delepine. Ce spécialiste des cancers nous précise ici que le dépistage des cancers de la prostate par le dosage des PSA 1 est inutile et dangereux pour les hommes qui le pratiquent. Elle ajoute : « Cette donnée acquise de la science ne mériterait pas qu’on la rappelle si je n’avais été stupéfiée d’être sollicitée, il y a quelques jours, par une pétition en sa faveur lancée par on ne sait quel groupe d’intérêt ».

Indifférences
Yann Fievet, socio-économiste Que vaut, en démocratie proclamée, la vie d’un jeune homme en pleine santé morale, attentif au monde qui l’entoure, révolté de voir ce dernier sombrer lentement sous les coups redoublés d’une économie dévoreuse de tout ce qui justement fait la vie ? Peu de choses, probablement.

 

 

Avec Ceux d’Argeliers : « C’est dans le peuple assemblé que réside la force »

Le 11 Mars 1907, Marcelin Albert et 86 personnes partent d’Argeliers pour rencontrer la commission d’enquête qui étudie la situation viticole à Narbonne. De retour à Argeliers, déçus, ces « 87 » créent le Comité d’initiative de défense viticole.

Narbonne_mai_1907Le 24 Mars ils réunissent 300 personne à Sallèles d’Aude.
Le 31 Mars le meeting à Bize Minervois rassemble 600 personnes
Le 14 Avril, 8000 manifestants se rassemblent à Coursan
Le 21 avril, ils sont 15000 personnes à Capestang
Le 5 Mai 80 à 100000 personnes sont rassemblées à Narbonne
Le 12 Mai on compte 160000 personnes rassemblées à Béziers
Le 19 Mai 180000 à Perpignan
Le 26 Mai 220 à 250000 à Cascassonne
Le 2 juin 250 à 300000 personnes à Nimes
Le 9 Juin 600 à 800000 manifestants à Montpellier
Le 19 Juin, les membres du Comité d’Argeliers sont arrêtés, et le 30 Juin la troupe tire sur les manifestants à Narbonne faisant 5 morts et de nombreux blessés.

L’histoire fut racontée par de nombreux historiens depuis, et elle est dans les mémoires. Mais relire, grâce à cette réédition, le témoignage de Jean Fournel est un moment d’émotion pure.

« C’est dans le peuple assemblé que réside la force », sous titre emblématique du livre, cette phrase résonne en nous tous.
Car loin d’être un échec, la révolte de 1907 a débouché sur des lois importantes réglementant la vigne et le vin qui restent fondamentales aujourd’hui, même si les négociations du Grand Marché transatlantique menacent les avancées obtenues à l’époque.

Mais cette révolte de 1907 racontée par un témoin contemporain fait résonner en nous tous d’autres réflexions. Un siècle plus tard, le peuple cherche à s’assembler face à une crise économique et écologique sans précédent qui crée chômage et misère. En Espagne, en Grèce, e peuple s’est assemblé par millions de manière imprévue par les puissants, et les graines que ces grandes manifestations ont semées germent dans les consciences.

argeliers4ème de couverture
Grâce à ses relations intimes avec Ceux d’Argeliers, Jean Fournel, journaliste de métier au quotidien régional l’Éclair (ancêtre de Midi Libre) nous livre un témoignage rare. Dans un style fluide, précis et agréable – mais avec un  parler « vrai » – il décrit avec précision les caractères de chacun, les habitudes, l’ambiance des villages du Midi au début du XXe siècle et surtout l’organisation du Comité d’Argeliers dont le siège se trouve au Café de Marcelin Albert.
On comprend mieux comment un village a pu organiser une révolte, prête à faire basculer le pouvoir central.
L’auteur, qui a assisté aux événements, connait bien Marcelin Albert et les « 87 ». Au fil des jours, il a tout noté sur ses carnets : les détails, les anecdotes et les phrases prononcées qui apportent proximité et vie à sa narration…
Ce texte exceptionnel de Jean Fournel, publié de façon confidentielle en 1908 et ensuite tombé dans l’oubli, nous plonge dans le quotidien de ceux qui ont impulsé la révolte du peuple vigneron pour un vin naturel de qualité.

Avec Ceux d’Argeliers de Jean Fournel, Editions Chstian Salès  192 pages 19.90 euros

L’ère du peuple

Un autre livre vient de sortir. Il offre aussi une réflexion importante sur le retour du peuple sur le devant de la scène.
« L’ère du peuple » de Jean-Luc Mélenchon, publié par les éditions Fayard, doit être lu sans arrière pensée. En ce début de siècle, la crise écologique ne nous laisse pas de choix, le peuple doit à nouveau s’assembler et imposer l’intérêt général humain comme priorité absolue face à l’oligarchie qui dirige le monde et nous conduit dans une impasse.
Le livre de Jean-Luc Mélenchon est une démonstration brillante qui s’adresse à tous, qui parle à l’intelligence et à la générosité de chaque lecteur.

melenchon

4ème de couverture:
Que François Hollande soit menteur, fourbe, servile, et que son projet soit glauque, est-ce une raison pour nous condamner à ne penser qu’à lui et au risque de la disparition de l’idée de gauche qu’ il a usurpée ?
Je propose de voir plus loin que l’horizon désespérant du présent. Regardons le monde fascinant qui s’est constitué sous nos yeux en quelques décennies.
Un monde plein d’êtres humains, couvert de villes, où l’ occupation de la mer elle-même a débuté. Mais un monde engagé dans un changement climatique irréversible et un bouleversement de la hiérarchie des puissances qui menacent l’existence même de la civilisation humaine.
Un monde où surgit un acteur nouveau : le peuple.
Les puissants se moquent de lui, le méprisent, lui bourrent le crâne et insultent tous ceux qui lui donnent la priorité.
Mais si les puissants n’ont plus peur de la gauche édentée par Hollande, ils ont plus peur que jamais du peuple. Sa révolution citoyenne peut tout changer, en commençant par faire entrer la France dans la 6ème République.

L’ère du peuple, de Jean-Luc Mélenchon,  éditions Fayard  140 pages 10 euros

Soirée débat autour de la place du vélo dans la ville

Mardi 23 Septembre 2014 à 18 heures
Soirée débat autour de la place du vélo dans la ville
à la librairie L’An Demain 4 rue Cabirol à Narbonne

Autour de deux livres
« Le pouvoir de la pédale » de Olivier Razemon (éditions de l’Echiquier)
« Le retour de la bicyclette » de Frédéric Héran » (éditions La découverte)

Plusieurs livres sortis récemment, chacun dans leur style, convergent vers une même conclusion : le vélo est l’avenir du transport en ville, pas l’auto.
Or le constat n’est pas encore partagé par tout le monde, et particulièrement peu par les élus et les aménageurs (en dépit de rares et intéressantes exceptions!).
Seule l’implication citoyenne accélérera le processus inéluctable du retour de la bicyclette.
Et parmi les changements indispensables pour retrouver le vivre ensemble et ré-installer l’humanité qui manque à nos villes, le vélo est une clé importante.

La rencontre de ce jour aura deux temps :

1-Un rapide tour d’horizon du développement du vélo dans les pays pionniers ( aux Pays-bas bien sûr, mais aussi de nombreuses autres villes d’Europe ou d’ailleurs)

2-Une réflexion/débat sur la situation du vélo à Narbonne.

Nous espérons que cette première rencontre pourra être un point de départ pour la création d’une association de cyclistes en vue d’œuvrer au développement des transports à vélo, qui pourrait devenir un interlocuteur incontournable pour les élus de Narbonne et de l’agglo en faisant des propositions, et en développant l’éducation citoyenne autour des transports doux.

Razemon

Le vélo est un moyen de transport rapide, fiable, bon marché, sain, peu consommateur d’espace, économe en énergie et non polluant. Pour les distances comprises entre 500 mètres et 10 kilomètres, il constitue souvent le mode de déplacement le plus efficace, le plus bénéfique pour l’économie locale et aussi le plus agréable. De nombreux usagers, ainsi que certains décideurs, semblent avoir pris conscience de ces atouts innombrables. Mais lorsqu’on présente la bicyclette comme un moyen de transport amené à se développer, on assiste à une levée de boucliers : le vélo devient soudain « véhicule du pauvre », « instrument difficile à manier » ou « talisman écologique pour bourgeois rêveur ». Avec cet essai « poil à gratter », Olivier Razemon bat en brèche les idées reçues qui empêchent encore l’essor du vélo et livre un vibrant plaidoyer pour une transition cyclable.

Le pouvoir de la pédale de Olivier Razemon aux éditions de l’Echiquier

 

retour_bicycletteComment le vélocipède a-t-il concurrencé le cheval ? Pourquoi les Hollandais roulent-ils plus à vélo que les Français ? La voiture est-elle vraiment plus rapide que la bicyclette ? Que faut-il penser des vélos en libre-service, des vélos pliants, du vélo à assistance électrique ? La multiplication des pistes cyclables suffi t-elle à relancer la pratique ? Retraçant le parcours de la bicyclette, depuis la draisienne du XIXe siècle jusqu’aux prototypes du XXIe, en s’intéressant à son environnement économique, culturel et social autant qu’à ses aspects techniques, Frédéric Héran raconte avec talent une autre histoire des déplacements urbains. Alors qu’il triomphait dans les années 1920-1930, le vélo a été chassé des villes européennes dans les années de croissance d’après-guerre, quand la modernité technicienne et industrielle décréta le triomphe de la vie à moteur. Dès les années 1970, et contre toute attente, la bicyclette a pourtant réussi son retour progressif en Europe du Nord et dans certaines villes d’Italie. Mais la France et d’autres pays ont raté ce tournant. Analysant avec minutie les politiques de déplacements urbains à travers l’Europe, l’auteur montre que la modération de la circulation a joué un rôle déterminant dans le retour du vélo. Demain, la bicyclette pourrait devenir un moyen de locomotion indispensable pour contrer les effets de la crise économique et écologique. Et contribuer à faire de la ville un espace égalitaire et convivial.

Le retour de la bicyclette de Drédéric Héran aux éditions La découverte

Connaissez-vous Lewis Mumford ?

MumfordPour réfléchir au présent et imaginer un avenir soutenable, il est souvent utile de regarder dans le rétroviseur les pensées de visionnaires du passé.
C’est un exercice délicat et ces dernières semaines plusieurs éditeurs ou revues s ‘y sont adonné brillamment dans le large domaine de l’écologie politique. J’ai envie de mettre en avant deux de ces initiatives.

Les éditions L’Échappée ont publié un livre important dont je reparlerai : « Radicalité, 20 penseurs vraiment critiques » qui pour 25 euros et en 400 pages nous fait retrouver ou rencontrer vingt penseurs, en découvrir la vie, l’action et les idées …

Le journal « La décroissance » dans son numéro double de l’été (N°111) a publié un supplément de 16 pages sur les précurseurs de la décroissance.. Chaque petit article de présentation est un condensé très pédagogique et donnant envie d’en savoir plus….
Une éducation citoyenne de qualité.

Bien sûr il y a de nombreux noms en communs, surtout les plus connus commne Illich, Orwell, Ellul….

 

 
Et parmi les moins connus, j’ai découvert Lewis Mumford.
Son livre « La cité à travers l’histoire » publié en français par les éditions Agone en 2011, date de 1961, plus de 50 ans !
Il faut certes du temps pour en savourer les 900 pages, et je n’en ai malheureusement pas encore trouvé le temps.
Mais ma curiosité est aiguisée…

Alors connaissez vous Lewis Mumford ?
Pas encore (comme beaucoup de ce coté de l’atlantique)…mais bientôt oui !

Le quatrième de couverture:

Qu’est-ce que la cité ? Comment a-t-elle commencé ? Quelles ont été les phases de son développement ? Est-elle destinée à disparaître, ou notre planète se transformera-t-elle en une immense ruche urbaine, ce qui serait, pour les villes individualisées, une autre façon de disparaître ? Les besoins qui conduisirent les hommes vers ce mode d’existence recevront-ils un jour les satisfactions qu’ont pu promettre autrefois Jérusalem, Athènes ou Florence ? Est-il encore possible de construire une cité permettant à l’homme de poursuivre un développement harmonieux ? Avant de penser un nouveau mode d’existence urbaine, il faut comprendre la nature historique de la cité et l’évolution de son rôle primitif. Nous serons mieux à même alors d’envisager les décisions qui nous incombent. Il nous appartient de diriger nos efforts vers l’accomplissement de la plus profonde valeur humaine ; ou sinon de subir l’automatisme des forces que nous avons déclenchées. Par l’analyse de la formation des regroupements urbains, ce classique fait apparaître les limites démographiques, technologiques et économiques au-delà desquelles la cité ne rend plus possible la survie d’une unité communautaire. Critique d’une organisation économique qui sacrifie le progrès de l’humanité au perfectionnement des machines, l’auteur revient au souci du bien public, à la recherche d’un équilibre écologique et à la coopération sociale comme base de notre milieu de vie.
Biographie de l’auteur
Historien américain spécialisé dans l’histoire de l’urbanisme et de la technologie, Lewis Mumford (1895-1990) est également l’auteur d’un essai sur Herman Melville (2006) et des Transformations de l’homme (2008).

La présentation du journal « La décroissance »  (Cliquer sur la photo pour agrandir)

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Photographies de Olivier Moreno à la librairie L’An Demain

 » Fleurettes et Contes », exposition de photos de Olivier Moreno à la librairie L’An Demain du 9 août au 15 septembre 2014…

Ce voyage au cœur des plantes sauvages va nous conduire doucement vers le mois de septembre..
Et la rentrée de la Librairie est pleine de projets dont nous vous parlerons bientôt…

Bonne fin d’été à tous….

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Olivier Moreno montre dans ses photos de plantes la poésie et la force de vie qu’il pressent au cœur même des fleurs et des plantes sauvages de la région.
Il poursuit ainsi un cheminement créatif et personnel qui a débuté par des images exceptionnelles de regards d’animaux qui l’ont fait connaître des naturalistes.