Vu de l’An demain : épisode 2

Vu de L’An Demain :
quelques observations sur le livre,
Narbonne, la planète et l’humanité
Épisode 2

Lorsque j’ai créé à Narbonne, il y a cinq ans, la librairie L’An Demain, librairie spécialisée dans le domaine de l’écologie, je ne connaissais presque rien de Narbonne et de la vie d’une ville moyenne, je savais très peu sur le métier de libraire, et je croyais savoir beaucoup dans le domaine de l’écologie, résultat de 35 années dévolues à ces sujets après des études d’agronomie, une vie de paysan et de militant, des engagements écologistes en France et en Europe.

Aujourd’hui, au moment où la librairie va devoir fermer, je souhaite par ce texte écrit à la première personne rendre au public tout ce que m’a apporté l’expérience, vue de mon poste d’observation.

Car je ne pensais pas, accroché à mon siège de la librairie comme un arapède sur son rocher, me retrouver à un poste d’observation adéquat pour regarder notre monde et en peut être au delà du rôle de témoin, contribuer à la recherche de solutions…

Trois grandes têtes de chapitre pour présenter mon propos feront l’objet d’une publication en « feuilleton », puis d’une publication complète sous forme de petit livre plus documenté… peut-être !

ÉPISODE 1 : La fin des librairies indépendantes et le déclin du livre
ÉPISODE 2 : La mort des centre-villes et les dégâts de l’étalement urbain
ÉPISODE 3 : La destruction de la biosphère mène-t-elle à la fin de l’humanité ?

 

ÉPISODE 2
La mort des centre-villes

Narbonne01Comparons la France vue d’en haut aujourd’hui et il y a 50 ans. Quelle sera la principale différence qui sautera aux yeux si on observe les zones urbaines ?
Sans nul doute, le développement, tel un cancer, des zones périphériques commerciales, industrielles, artisanales et résidentielles avec leurs cortèges de rond points, d’échangeurs, de voies rapides, de hangars… et de panneaux publicitaires !

Toutes les villes sont atteintes, les plus grandes de manière sidérante, souvent de tous côtés et dans des proportions gigantesques, les plus petites à leur façon avec leurs petits ronds points desservant un petit centre commerciale/zone d’activité et d’autres conduisant au lotissement communal équipés de ralentisseurs et d’éclairages publics au design improbable…

Pour paraphraser Jean de la Fontaine, de cette peste, nos villes et nos villages «  n’en mourraient pas tous mais tous étaient frappés »…
Au fait, est on sûr que le péril n’était pas mortel, sont ils encore vivants ou n’en ont ils que l’apparence ? Olivier Razemon titre son livre, paru en 2017 et qu’il présente lors de conférences très suivies partout en France, «Comment la France a tué ses villes ».

Le sujet est devenu à la mode : les élus, depuis les maires jusqu’aux élus de la nation, se sont penchés au chevet des malades et, tels des médecins de Molière, ils rivalisent d’éloquence pour masquer leur impuissance à réanimer le malade, voire inventent des solutions qui l’achèvent !
De mon poste d’observation dans ma librairie à Narbonne, j’ai observé l’étape finale de ce processus que je vais vous conter brièvement ici.
Et peut être à travers ce témoignage contribuer un peu à imaginer des solutions.

Les méfaits de l’étalement urbain

Narbonne02Les effets de l’étalement urbain sont connus depuis très longtemps, mais on semble en découvrir l’ampleur récemment.

– Il est destructeur d’espaces agricoles et naturels : on ne peut plus continuer à ce rythme, sinon il ne restera bientôt plus de terre arable ni de nature sauvage !

– Il impose l’usage de l’automobile au quotidien, ce qui entraîne des coûts pour les utilisateurs et pour les collectivités, une pollution sonore et atmosphérique aux graves conséquences sur la santé et le climat.

– Il détruit les lieux du vivre ensemble (espaces publics, lieux culturels à taille humaine, commerces individuels…) et ne développe que des espaces anonymes et utilitaires (centres commerciaux, hangars commerciaux, multiplexes, chaines de fast food…).

Narbonne a vu tous ces effets plus tardivement que d’autres villes, mais l’accélération y est brutale ; on assiste maintenant à la disparition du désir de fréquenter le centre ville, et une grande partie des la population préfère vivre, acheter, se distraire hors de la ville, ne fréquentant le centre que par obligation, ou à des occasions exceptionnelles.

Une dernière étape est à l’oeuvre : les professions médicales, les banques, certains services publics s’installent en périphérie. L’hôpital privé et même la gare TGV vont s’éloigner de 10 km !
Et on découvre, un matin, cet ubuesque gros titre du journal local qui salue l’ouverture d’un Mac’Do à Montredon et vante en première page la « création » de 40 emplois…

Les zones commerciales tuent le commerce indépendant et détruisent des emplois

Le développement accéléré, quasiment sans freins, de zones commerciales a été dévastateur.
Des études montrent que chaque emploi créé dans ces zones détruit en moyenne près de trois emplois du fait de la fermeture de commerces de proximité ou de leur impossibilité de conserver des salariés.
Les emplois créés sont souvent précaires, à temps partiel subi. Les salariés sont obligés d’utiliser une automobile du fait de l’éloignement et des horaires variables.

Si le centre ville de Narbonne a fait illusion quelques temps, ce fut grâce à l’entêtement de ses commerçants indépendants, à l’attrait touristique de la ville, à la survie de certaines traditions commerciales (les Halles, le marché des Barques…)
La situation s’est « normalisée » en 2017 : plus d’illusions, le taux de vacance commerciale est en forte hausse et les commerces en place voient leurs chiffres d’affaire plonger…

La fréquentation touristique ne remplace pas la vie

Narbonne03Un centre ville historique, agréable et bien mis en scène peut certes apporter une forte fréquentation touristique, ce qui peut permettre le développement de services liés (cafés, restaurants, glaciers…).

Mais cela n’offre que très peu d’aide au commerce de proximité, dont l’existence dépend d’une clientèle vivant et consommant en centre ville, qui elle disparaît.
Narbonne ne connaît pas encore une désertification résidentielle, mais découvre depuis quelques années le phénomène d’exode vers les périphéries des classes sociales les plus aisées.

Dans le domaine de la culture et des loisirs, le centre ville a perdu, comme ailleurs, tous ses cinémas anciens, et le théâtre/cinéma, pourtant scène nationale, est en difficulté faute de trouver un public suffisant. Les lieux de spectacles privés peinent à survivre, et la vie associative, très riche pourtant, ne dispose que de peu de lieux pour se déployer.

Le ré-aménagement des Barques a certes donné un coup de jeune à la ville, et peut être considéré par certains comme une réussite architecturale, mais il n’a pas apporté le souffle de la vie.

L’omniprésence de l’automobile, en action ou illégalement stationnée, dissuade la flânerie, rend dangereuse la circulation a vélo, éloigne les enfants de l’espace public…

Comble de l’ironie, pour attirer des publics qui boudent le centre ville, on organise un salon de l’automobile d’occasion sur les barques en encombrant la seule large zone piétonne offerte aux visiteurs…

Et touche finale : Narbo martius, première fille de Rome, ville dont tout le centre ville a conservé l’organisation spatiale de l’époque romaine, verra des milliers de visiteurs se presser dans le musée de la romanité Narbo Via, implanté près des centres commerciaux, en sortie d’autoroute, dans un bâtiment qu’on viendra voir pour son architecture moderniste. La volonté affichée d’irriguer toute la ville à partir de ce lieu se heurtera aux habitudes consuméristes d’une grande partie des visiteurs.

Peut-on inverser la tendance : revitaliser les centre ville ?

Avec tous ces médecins au chevet du malade, qui suis je pour donner mon avis ?
Un simple citoyen, un observateur curieux. Pourtant il me semble que c’est bien des habitants que viendront des solutions.

Contrairement à beaucoup de villes moyennes qui voient leurs populations stagner ou diminuer, Narbonne gagne près de 1000 habitants tous les ans, et l’agglomération plus encore. Dans ma librairie, j’ai rencontré certains de ces nouveaux habitants, et on s’est reconnus puisque j’en suis ! Et nous avons échangé et réfléchi à nos parcours. Et tiré quelques bilans…

Mais beaucoup d’autres n’ont jamais eu connaissance de l’existence de la librairie L’An Demain, car s’ils ont été séduits par Narbonne, son histoire, son architecture, son climat, sa nature préservée, ses services publics, sa gare et pleins d’autres aspects, depuis leur installation ils fréquentent assidûment Carrefour, Tridome, Gifi ou la Foirfouille, le CGR pour certains et le Théatre pour d’autres, et souvent des petits restaurants à Gruissan ou Narbonne plage… et achètent des livres à Cultura ou sur Amazon !
Et comment pourrait il en être autrement, puisque toute la vie s’est tournée vers ces lieux et ces modes de consommation.

C’est en observant les villes qui ont conservé leurs centres vivants qu’on peut trouver les voies d’avenir pour un renouveau :

– les villes européennes qui ont gardé la vie en centre ville ont toutes régulé drastiquement ou totalement interdit l’implantation d’hypermarchés et de zones commerciales dans leurs périphéries .

– ce sont souvent des villes où l’extension urbaine s’est faite en habitats collectifs autours de quartiers pourvus de services publics et de commerces

– des transports publics et des équipements cyclables permettant de relier les divers quartiers et le centre ville ont été développés

– la mixité sociale y est favorisée

– la vie culturelle y est vivante et soutenue par les collectivités.

Alors oui, si les 1000 personnes qui arrivent à Narbonne chaque année, s’ajoutant à tout ceux déjà arrivés et aux narbonnais qui en rêvent depuis longtemps, trouvent demain les conditions et les équipements qui le permettent, la plupart changeront leur manières de vivre, de se déplacer, de consommer…

Et dans quelques dizaines d’années les urbanistes devront faire assaut d’imagination pour transformer les zones commerciales inutiles en lieux de vie collectifs, en quartiers verts, en équipements culturels…
Et le centre ville de Narbonne retrouvera l’effervescence et le dynamisme qui l’ont caractérisé pendant des siècles…
Des librairies se réinstalleront peut-être alors en centre ville, si on lit encore…

Si l’humanité survit encore à ce moment, dois-je ajouter, car je me suis laissé emporter par un bel optimisme… me voilà revenu à mes questionnements fondamentaux en arrivant au troisième épisode de mon récit qui change d’échelle à nouveau.
Après cinq années à lire et rassembler les livres sur ces sujets, je me pose sérieusement la question : assistons nous à la fin de l’humanité ?

À SUIVRE …

On peut télécharger  en PDF : episode1  episode2

Un siècle d’évolution de Narbonne
Source : https://remonterletemps.ign.fr
Carte de l’état major (1820 – 1860)
Photos aériennes historiques (1950 – 1965)
Photos aériennes actuelles

trio-narbonne

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Vu de L’An Demain : épisode 1

Vu de L’An Demain :
quelques observations sur le livre, Narbonne, la planète et l’humanité

 

lib02Lorsque j’ai créé à Narbonne , il y a cinq ans, la librairie L’An Demain, librairie spécialisée dans le domaine de l’écologie, je ne connaissais presque rien de Narbonne et de la vie d’une ville moyenne, je savais très peu sur le métier de libraire, et je croyais savoir beaucoup dans le domaine de l’écologie, résultat de 35 années dévolues à ces sujets après des études d’agronomie, une vie de paysan et de militant, des engagements écologistes en France et en Europe.

Aujourd’hui, au moment où la librairie va devoir fermer, je souhaite par ce texte écrit à la première personne rendre au public tout ce que m’a apporté l’expérience, vue de mon poste d’observation.

Car je ne pensais pas, accroché à mon siège de la librairie comme un arapède sur son rocher, me retrouver à un poste d’observation adéquat pour regarder notre monde et en peut être au delà du rôle de témoin, contribuer à la recherche de solutions…

Trois grandes têtes de chapitre pour présenter mon propos feront l’objet d’une publication en « feuilleton », puis d’une publication complète sous forme de petit livre plus documenté…  peut-être !

La fin des librairies indépendantes et le déclin du livre
La mort des centre-villes et les dégâts de l’étalement urbain
La destruction de la biosphère mène-t-elle à la fin de l’humanité ?

 

Épisode 1 : La fin des librairies indépendantes
et le déclin du livre

Le déclin des livres et de la lecture

lib01Avant d’être moi même libraire, je n’avais pas imaginé l’état d’extrême fragilité de la filière du livre. Mais, au-delà, j’ai observé avec stupeur la disparition de l’envie et du besoin de lire des livres.

Cette remarque n’est pas originale, mais je crois que l’effet sur la société dans son ensemble est grandement sous estimé : la crise de l’édition, de la presse, de la poste sont le résultat d’un changement fondamental : le papier n’est plus la source principale du partage des connaissances entre humains.

Il ne s’agit pas d’une disparition de l’écrit : les montagnes d’e-mail reçues dans nos boites à lettres virtuelles, les SMS et autres messageries instantanées, les avalanches de publications et de commentaires sur les réseaux sociaux, le foisonnement de blogs personnels, les réussites de sites internet dans tous les domaines, sont une preuve éclatante que l’écrit résiste (voire se développe) face à l’image pourtant omniprésente sur nos écrans ou face à la radio toujours vaillante.
Mais est-ce le même écrit ?
Sans même parler de la qualité (littéraire ou seulement grammaticale) des écrits qui remplacent petit à petit nos livres, nos journaux, nos lettres, chacun voit qu’il ne s’agit plus du même mode de pensée. Immédiateté, rapidité, zapping, attention distraite, papillonnage sont devenus la norme : de moins en moins de monde fait l’effort, ou même se sent capable, de lire un livre entièrement, de lire un article de plusieurs pages dans une revue.
Et cela touche tous les domaines de l’écrit : la littérature, les sciences humaines, mais aussi les manuels de cuisine ou de jardinage, les guides touristiques ou les cartes routières et bien sûr aussi les encyclopédies et les dictionnaires.

On observe partout un double perte de quantité et de qualité de contenu, et de capacité d’attention et de mémorisation.
Jusque bien entendu à l’école et l’université, nous avons assisté en quelques dizaines d’années à un recul sidérant de l’usage des livres et de l’apprentissage culturel « classique ». Remplacé par un «autre chose» dont personne ne sait où il mène l’humanité.

Je ne porterai pas de jugement sur cette évolution : des professeurs, des chercheurs, des écrivains ont beaucoup écrit sur ces sujets, dans des livres épais et passionnants ou dans des vidéos sur YouTube… et il en ressort beaucoup de craintes et de questionnements mais aucune certitude.
Je peux affirmer cependant que cette évolution condamne à elle seule les librairies indépendantes, qui pourtant ont bien d’autre causes de fragilité que j’ai découvertes et vais présenter maintenant. Au delà cela met aussi en danger de mort la presse et l’édition.

La fin des librairies indépendantes

lib04.jpg« Vous, les libraires, vous avez de la chance : la loi Lang sur le prix unique du livre, exception française qui est un des seul exemple de résistance de l’état face à l’utralibéralisme, vous protège »

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ?
Et accompagnée parfois de ce juste constat que dans les pays anglo-saxons les librairies indépendantes ont quasi-disparu.

Le prix unique du livre, mais aussi des lois et règlements particuliers négociés par la profession sur les relations commerciales entre éditeurs, diffuseurs et librairies, sur l’organisation du transport de livres, sur l’interdiction des soldes. Et tout cela sans résultats apparents, car la librairie est l’activité commerciale où la marge nette est la plus faible, où les salaires sont bas par rapport au niveau de qualification, où la situation financière des entreprises est très fragile, où la transmission des entreprises est quasi impossible.

Pourtant il est facile de voir que la concurrence n’est pas « libre et non faussée » entre Amazon, Carrefour, Auchan, Leclerc, Cultura, la Fnac d’un côté et les libraires indépendants de l’autre.

Amazon et la Fnac peuvent, sur leur site internet, proposer la livraison gratuite (ou 1 centime depuis une nouvelle loi) quand le libraire indépendant doit facturer la livraison au prix du colissimo (plus de 4 euros), prix supérieur à sa marge brute !

Les hypermarchés peuvent attirer les clients avec des montagnes des livres « à la mode » en tête de gondoles, qu’ils commandent par palettes, en payant seulement les exemplaires vendus avec de larges délais de paiement et des marges négociées jusqu’à plus de 50 %, et ne payant ni les frais de retours ni les livres abîmés ou volés !

Le libraire indépendant reçoit ces livres d’office (s’il y souscrit), mais se contente d’une marge d’environ 30 %, paye les frais de livraison et de retour, et a des délais de règlement tels qu’il paye souvent des livres qu’il n’a pas vendus.
Quant au petit libraire indépendant qui refuse le système des offices, qui n’a pas assez de débit pour négocier des contrats avec les distributeurs, il doit souvent se fournir auprès d’un grossiste ou directement auprès des éditeurs et sa marge brute alors oscille entre 10 et 30 % alors qu’il doit payer le transport à fort coût et n’a souvent pas de possibilité de retour des invendus… sans parler des délais de paiement très courts, parfois même avant expédition.

Amazon quant à lui, grâce à sa position dominante, dicte ses conditions aux éditeurs. Évidement très avantageuses pour lui et tenues secrètes…

Vu de loin , la loi Lang a sauvé la librairie indépendante et favorisé l’édition francophone.
Vu de plus près, on verrait certainement que cela a permis des marges et des bénéfices indus pour les grands distributeurs et probablement pour les grands groupes de l’édition, au détriment des petits éditeurs indépendants et de la majorité des auteurs… sans pour autant sauver la librairie indépendante !

Le rôle culturel de la librairie indépendante : rêve ou réalité ?

La survie de la librairie indépendante passe par un développement et une reconnaissance de son rôle social et culturel.

lib05On entend, on lit que c’est par l’organisation de rencontres-débats, ateliers d’écriture, animations diverses que les libraires indépendants sauront se différencier, attirer de nouveaux publics, créer du lien social ….
On assiste à l’éclosion de cafés/librairies ou l’aménagement d’espaces jeux/enfants dans les magasins…
Je me permets ici de jeter un petit pavé dans la mare avec deux remarques à mon avis de bon sens et je tente une analyse un peu plus large.

Oui, un libraire est bien placé, et c’est son rôle, pour être un médiateur culturel voire un militant dans son domaine. J’ai eu de grands bonheurs à organiser des rencontres avec des auteurs, des débats sur des sujets d’actualité.
Mais cette activité n’est généralement « rentable » ni pour le libraire ni pour l’auteur invité, et c’est avant tout un engagement citoyen de l’un et l’autre qui offrent leur temps (et même parfois leur argent en frais et déplacements), car la vente des livres ou la publicité induite sont peu importants.

Si il existe dans certains villages ou quartiers une place pour des cafés-librairies, citoyens et associatifs ou parfois commerciaux, cette « diversification » ne peut être un moyen de survie ou de développement pour la majorité des libraires, débordés par leur travail quotidien qui dépasse souvent le raisonnable.

Il existe une grande confusion, dans le débat public, sur le rôle et le financement de la culture en général et du livre en particulier.
Les bibliothèques et médiathèques, services publics indispensables financés par les impôts, se doivent de participer à la diffusion des livres et de la lecture, favoriser les débats et l’éducation populaire.
L’école est le lieu principal d’apprentissage de la lecture, de la littérature, de la culture.
Les MJC et autres associations d’éducation populaire ont un rôle fondamental pour le lien social et méritent des subventions pour leurs actions.
Dans des centaines d’associations culturelles non subventionnées, des bénévoles agissent dans ces domaines de l’alphabétisation, de la culture…

Faudra-t-il subventionner les librairies indépendantes pour conserver un réseau de distribution de livres neufs permettant de maintenir la diversité de l’offre de livres au-delà des best-sellers mis en avant par la grande distribution, ou au contraire faudra-t-il obliger les grands distributeurs à vendre l’ensemble des livres ?
En l’état actuel de notre société capitaliste, la majorité des librairies indépendantes sont des entreprises commerciales : si elles ne vendent pas assez de livres et/ou si elles n’ont pas assez de marge commerciale, elles ne peuvent survivre ou ne peuvent être transmises.

Il n’y a plus guère de cordonniers dans nos villes et nos villages, les quincailleries de centre ville ont pratiquement disparu.
Il n’est pas inenvisageable que les librairies disparaissent à leur tour.
Est-ce d’abord une question économique, ou bien une question sociétale, d’urbanisme, de mode de vie ?

Depuis mon fauteuil à ma librairie, sur mon vélo pour m’y rendre ces cinq dernières années, j’ai vu mourir à petit feu le centre ville qui m’entoure.
Voilà le deuxième chapitre de mon témoignage qui approche.
Il sera consacré à la mort des centre-villes et les dégâts de l’étalement urbain…

                                                À suivre…

On peut télécharger la version PDF de ce premier épisode ici :  episode1

 

Samedi 7 octobre à 17h30 Conférence-débat de Jean RIVIERE

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Samedi 7 octobre à 17h30
Conférence-débat de Jean RIVIERE
sur le Jardin Naturel
à la librairie L’AN DEMAIN
4 rue Cabirol 11100 NARBONNE

Jean Rivière est un jardinier depuis 40 ans, qui s’est chargé de la belle mission de nous ramener à l’évidence et la simplicité dans un jardin qui n’a finalement besoin de presque rien pour offrir abondance de récoltes.
Il s’agit de jardiner, conscients que notre interaction d’amateurs crée la plupart du temps des déséquilibres ou des disharmonies qui engendrent alors des invasions de nuisibles ou de maladies ou autres problèmes de carence

 

Gilles Clément  « Toujours la vie invente »
éditions Locus Solus  20 euros

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Depuis trente ans, Gilles Clément a largement remis en cause notre relation de domination face à la nature, prônant la coopération et l’observation, conduisant le jardinier à « observer plus et jardiner moins » pour garantir la sauvegarde de notre planète. Toujours la vie invente est un livre qui nous introduit au coeur de sa pensée visionnaire, fondée sur une écologie humaniste et déclinée autour des concepts : Jardin Planétaire, Jardin en Mouvement et Tiers-Paysage. Ouvrage très pédagogique et graphique, conçu en chapitres courts et très illustrés, à la fois de dessins, de plans paysagers, de détails et de photos de plantes, arbres et jardins. Le paysagiste nous fait ainsi partager la singularité de son métier qui doit prendre en compte la transformation de l’espace dans la durée, sous l’action du vivant, lequel agit en toute liberté et en toute inventivité, d’où le titre du livre… Ses réalisations et ses voyages sont présentés, retraçant le parcours d’un créateur hors norme, et livrant le portrait d’un jardinier artiste du vivant.

Dédicace Julie Matignon samedi 1er juillet


 

 

 

Julie Matignon, écrivaine Narbonnaise, dédicace son recueil de nouvelles « Même moi » à la librairie L’An Demain Samedi 1er juillet à partir de 15h

Même Moi  nouvelles de Julie Matignon
publié par les éditions L’An Demain
144 pages 15 euros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une petite vidéo de présentation du livre « Découvrir Narbonne  »

publié par les éditions de l’An Demain.
à partager largement…. pour faire connaitre le livre et la librairie,
car les temps sont durs pour le petit commerce indépendant !!!

Histoires de printemps

Histoires de printemps

Partout le printemps montre le bout de son nez…
La nature, bien sûr, rappelle à chaque instant qu’il est temps s’occuper de la survie des espèces et de lancer le cycle de la vie et de la reproduction…

Notre société aussi qui, s’adaptant au cycle quinquennal de la Vème République, s’intéresse en ce printemps, concentrée sur la date du 23 avril, aux enjeux de la survie de notre écosystème.
Enfin, pas toujours, car ce thème fondamental est mis de côté par certains, voire instrumentalisé…
Pourtant le retard pris à agir face la crise écologique née d’une fuite en avant productiviste forcenée dans tous les domaines des activités humaines, dont l’agriculture, nous oblige à fondamentalement inverser la trajectoire du développement humain.

Tant de précurseurs de cette prise de conscience écologique, philosophes et scientifiques, qui depuis des décennies mettent en garde et proposent d’autres solutions, ont été moqués, oubliés…
Leurs écrits sont pourtant incroyablement d’actualité et ils remplissent plusieurs étagères de notre librairie.
Nous avons le plaisir de recevoir le vendredi 17 mars à 18 heures, l’un de ces pionniers, Robert MOREZ, qui vient de raconter sa vie et ses combats dans un livre intitulé « Mémoires d’un bourricot, les tribulations d’un agronome hors des sentiers battus ». Il présentera et dédicacera son ouvrage.

Quant au rendez vous du 23 avril, peut être sera-t-il indispensable de penser nous aussi à sortir des sentiers battus et nous engager pour un vrai nouveau chemin et une nouvelle République…. mais ceci est une autre histoire !

Martin Guillemot

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C’est plusieurs pages de temps dans l’histoire d’une vie qui commence avec les premiers souvenirs d’avant-guerre en 1939, images précises, mais pas un film qui va se dérouler d’une manière plus continue dans les années 40 dans la région parisienne, puis en Belgique où l’auteur a vécu le temps de ses études.
Après le service militaire, la découverte des tropiques aux Antilles et de l’agriculture industrielle avec ses pesticides… Ce qui l’a amené à quitter la recherche agronomique et une fois rentré en métropole, à militer avec Nature et Progrès et Pierre Rabhi pour une agriculture, gestion du vivant.
Agriculteur, l’auteur a refusé la voie du productivisme agricole aux mains des industriels et des financiers et continue à 80 ans passés à militer et enseigner une alternative crédible : l’agroécologie.

Biographie de Robert Morez
Jeune agronome en poste aux Antilles dans les années soixante, l’auteur assiste au matraquage chimique des plantations dont les conséquences se font sentir cruellement à notre époque. Rentré en Europe, il devient un pionnier d’une agriculture, d’une agronomie plus respectueuse de la vie. Sa rencontre avec Pierre Rabhi, pionnier du bio, le conforte dans sa démarche. Il travaille par la suite au Burkina Faso et en Afrique du Nord et de l’Ouest.
Aujourd’hui administrateur de l’association de solidarité internationale CARI, Robert Morez anime plusieurs dizaines de formations par an en agroécologie.
« L’agroécologie est la gestion de la terre nourricière en liaison avec les écosystèmes et la nature dont nous faisons partie. »

La librairie déménage….de quelques mètres

découvrir narbonne bandeau_webCette nouvelle note du blog est très dense : plein de nouvelles à vous raconter après un silence de quelques mois.

La librairie, qui partageait ses locaux avec la galerie AMJaumaud, va déménager le 8 mai pour s’installer… dans la boutique d’à côté, avec la même adresse !! 
Cela va permettre une meilleure visibilité des deux activités, une amélioration pour les visiteurs, et plus de facilités et de nouveaux projets pour le libraire et la galeriste.
Si la librairie ne va fermer qu’un jour, la galerie devra effectuer quelques travaux et ré-ouvrira avec une nouvelle exposition  le 17 juin.

Deux rencontre-débats avec des auteurs sont programmées les 14 et 15 mai, pendant le salon du livre de Narbonne auquel la librairie L’An Demain ne participe pas cette année, de son propre choix (détails plus bas).

Et dernière grande nouvelle : le livre auquel nous travaillons depuis plusieurs mois va sortir fin Mai. Il s’agit d’un guide de découverte de Narbonne et son histoire, simplement intitulé « Découvrir Narbonne », accessible et original, qui comblera un manque évident pour les visiteurs de Narbonne. Nous le présentons en avant première ci dessous, et sur le site des éditions L’An Demain. Nous vous en dirons plus d’ici peu.

C’est avec grand plaisir que nous vous accueillerons à partir du 11 mai dans la nouvelle librairie, et espérons vous voir pendant le week-end du 14/15 mai pour nos rencontres-débat (et peut être y découvrir en avant-première notre nouveau livre)
A bientôt.                                                      Martin Guillemot

 

Samedi 14 Mai 2016ob_9e2bec_05-st-genest-d-ambiere à partir de 15 h
LECTURE – DÉDICACE
Pierre THIOLLIÈRE
LE VOYAGE DE GENES

Genest, comédien et martyr, s’ennuie au Paradis. Il décide de visiter les villages qui portent son nom dans ce qui était autrefois la Gaule. Pour cela il s’insinue dans l’âme d’un voyageur, Pierre. Leur pérégrination va les mener du Poitou à l’Ardèche, en passant par la Lorraine, l’Auvergne, les Alpes… pour finir par le retour de Pierre dans le Languedoc, où Genest disparaît mystérieusement.
Venez rencontrer et débattre, faire dédicacer votre livre
(178 pages de texte poétique et de photos) de 15 h à 18 h.
Vous pourrez découvrir les autres ouvrages de Pierre Thiollière, en particulier la pièce de théâtre Saint Ginès, bouffon et martyr, et la somme poétique La Vie pourtant.

 

604_Alain_BirotDimanche 15 mai 2016 à partir de 15 h
RENCONTRE – DÉBAT
Vents de démence sur Narbonne
le polar historique de Alain Birot

Pourquoi un polar pour écrire sur l’histoire de Narbonne ?
Écrire et auto-publier un premier livre : quel bilan après quelques mois ?
Des projets pour une suite ?
Venez rencontrer et débattre, faire dédicacer votre livre
de 15 h à 18 h.  À 16 heures : courte lecture et débat collectif.

 

Sortie du nouveau livre des éditions L’An Demain
DÉCOUVRIR NARBONNE

Titre : Découvrir Narbonne, promenade historique en douze étapesdécouvrir narbonne cover_web
Auteur : Martin Guillemot
32 pages
21cm x 29,7 cm
ISBN : 979-10-92610-12-3
Prix : 9,90 euros
www.landemain.com/editions
Date de parution :Mai 201

La découverte d’une ville chargée d’histoire est toujours un cheminement d’émotions qu’il est bon de suivre avec un fil conducteur pour aider nos sens à interpréter les signes du passé. Siècle après siècle, Narbonne s’est développée sur elle même, reconstruite sur ses fondations, dans ses remparts et sur ses propres ruines parfois. Tout est toujours présent mais beaucoup est dissimulé au regard. C’est la raison d’être de cet ouvrage que de vous guider en 12 étapes dans cette exploration.

12 étapes dans l’espace : ce guide propose un itinéraire de découverte dans la ville, que l’on peut suivre à pied en quelques heures, ou que l’on préférera effectuer par petites touches.

12 étapes dans le temps : à chaque halte, des éléments de l’histoire, décrits simplement, vous ouvrent les yeux sur les racines historiques des lieux que vous visitez.

Narbonne laisse peu de monde indifférent. Si vous ne connaissez pas encore la ville et son histoire, je vous envie déjà : cette découverte est une belle aventure !

Martin Guillemot

Une riche moisson de Mai….

La presse écoljournaux01ogiste alternative indépendante nous offre en ce début mai une moisson formidable qui permet de respirer et espérer en cette période parfois décourageante.

Nous avons reçu à la librairie ces derniers jours Les Z’Indignés, l’Age de Faire, Silence et Fakir (liste non limitative) que vous pouvez consulter sur place.
Indépendants, sans publicité, libres, ces journaux font un travail formidable tous azimuts, d’une grande profondeur, bien que hélas souvent avec peu de moyens et beaucoup d ‘engagement et de bénévolat.

Les soutenir en les achetant, en les faisant connaitre, en les diffusant lors de foires et manifestations, est un « petit » acte militant de grande ampleur.
Sur le Web, Reporterre ou Basta (entre autres) et de nombreux blogs diffusent infos et dossiers.
Mais la presse imprimée joue un rôle fondamental et irremplaçable..
La télévision et la presse quotidienne ne sont plus ni libres ni indépendantes depuis bien longtemps. Aidons a conserver cet espace précieux….

Bonnes lectures…..

indignessilence

agedefairefakir

www.les-indignes-revue.fr

  http://www.revuesilence.net/

http://www.lagedefaire-lejournal.fr/

http://www.fakirpresse.info/

Conférence-débat Frédéric Héran samedi 23 mai à 18h30

L’ association Vélocité Narbonne et la librairie L’An Demain organisent
une conférence-débat proposée par Frédéric Héran intitulée
« Le retour de la bicyclette en milieu urbain en France et en Europe »
le Samedi 23 Mai à 18h30
au Palais du travail  Salle Elie Sermet

affiche_heranFrédéric Héran est maître de conférences en économie à l’Université de Lille 1, chercheur au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques.
Son dernier livre intitulé « Le retour de la bicyclette, » est sous-titré une histoire des déplacements urbains en France et en Europe de 1917 à 2050.

Le retour de la bicyclette en ville au XXIème siècle est largement entamé, plus avancé cependant dans d’autres pays européens. Il est important de comprendre et analyser les atouts et les blocages pour utiliser le potentiel des déplacements doux dans les politiques d’aménagement urbain.

Loin d’être une relique d’un temps passé, le vélo est un atout formidable pour le ville de demain.
La conférence de Frédéric Héran à Narbonne précède de quelques jours l’ouverture à Nantes de la conférence mondiale VELO-CITY 2015 (2 au 5 juin) dont la ligne directrice cette année sera « le vélo, créateur de futur ».
Elle s’inscrit aussi dans le cadre de l’année du climat qui se terminera par la COP21 (conférence internationale des nations unies pour le climat) à Paris à l’automne.

La conférence est co-organisée avec l’association Vélocité Narbonne qui oeuvre pour le développement des déplacements doux dans le Grand Narbonne.

La librairie L’An Demain au Salon du Livre et de la Jeunesse du Grand Narbonne les 23 et 24 mai

image002Comme l’ensemble des librairies indépendantes de Narbonne, la librairie L’An Demain sera présente au Salon du Livre et de la Jeunesse du Grand Narbonne qui se tiendra les samedi 23 et dimanche 24 Mai sur le cours Mirabeau à  Narbonne.

Nous recevrons sur notre stand 14 auteurs pour des rencontres et dédicaces.
Le programme complet sera annoncé dans quelques jours  et vous en trouverez le détail sur le blog du salon : salondulivredugrandnarbonne.wordpress.com

Sur notre blog, nous vous ferons mieux connaitre les auteurs présents et leurs livres…

Mardi 7 avril à 18h30 : Soirée-débat « Le capitalisme contre le climat»

Mardi 7 Avril à 18h30

Soirée-débat : « Le capitalisme contre le climat»
Autour du nouveau livre de Naomi Klein
« TOUT PEUT CHANGER ! Capitalisme et changement climatique »

La réunion aura lieu à l’atelier-galerie AM JAUMAUD  4 rue Benjamin Crémieux à deux pas de la librairie L’An Demain.

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Dans la précédente note de blog, j’expliquais pourquoi il me semble que ce livre est important. Nous en débattrons ensemble….

Dans son nouveau livre dynamite, This Changes Everything, Naomi Klein explore les moyens de stopper l’explosion des émissions globales de gaz à effet de serre. Sa solution pour enrayer la catastrophe : que tout change ! Car, explique-t-elle, le changement climatique n’est pas simplement dû à des émissions de CO2. Il est avant tout l’œuvre du capitalisme.
C’est une alarme qui, en sonnant, offre une opportunité historique inégalée de changer de fond en comble ce système complètement défaillant pour en faire quelque chose de radicalement meilleur.
Et si le salut doit venir, soutient-elle avec une argumentation d’une très grande vigueur et qualité, ce sera d’abord de la résistance acharnée à l’extraction des énergies fossiles. De là dépend le reste : si les populations dessinent partout dans le monde une même ligne rouge à ne pas franchir, alors il reste une chance d’esquiver in extremis le chaos général que la trajectoire actuelle des émissions promet et de rebâtir les sociétés sur des bases justes et saines, le partage et l’intelligence collective.
This Changes Everything n’est pas une modeste entreprise : il désigne tout à la fois ce dont il faut se débarrasser et ce qu’il faut échafauder à la place, comment et avec qui.
Mais surtout, il le dit formidablement bien.
 La Revue Durable Hiver 20105