Marcher pour le climat ?

Faut-il marcher pour le climat ?
Cette question est-elle du même nature que l’interrogation qui conduit à se demander si les actions individuelles (du genre fermer son robinet quand on se lave les dents jusqu’à cultiver son jardin !) peuvent à elles seules inverser la course de l’humanité vers l’abîme?

La réponse la deuxième question est maintenant acquise: tous les actes individuels (même si ces actions individuelles sont indispensables) ne détourneront pas le chemin vers l’effondrement de notre civilisation, ils permettent au mieux de vivre plus libres et conscients aujourd’hui, et de préparer l’après.
Mais la première question est d’un autre ordre. Pour imposer l’urgence climatique, c’est dorénavant des millions de terriens qui manifestent dans le monde entier. Les marches pour le climat, les actions de résistance non violente se multiplient partout. Quand des millions (et peut être bientôt les milliards) de personnes se manifesteront ensemble, alors quelque chose d’autre peut surgir qui pourrait peut être mener à un autre chemin…
A Narbonne le samedi 25 mai on peut participer à sa (modeste) place à l’insurrection citoyenne qui vient…
Rendez- vous 14h place de la mairie.

se projeter vers l’avenir …

nouvelle vitrine

Après plus de 6 mois de travaux usants, quelques imprévus et difficultés, voici venue l’heure de se projeter enfin vers l’avenir !
La première exposition de la galerie AMJaumaud, qui ouvre son espace partagé avec la librairie L’An Demain, a débuté sous de bons auspices le 3 octobre.
León Díaz Ronda expose ses œuvres récentes, et c’est magnifique.

Le vernissage aura lieu le Vendredi 9 octobre à partir de 18h30
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Ce peut être une belle occasion de venir découvrir nos nouveaux lieux, mais si vous ne pouvez être des nôtres en ce jour, sachez que la librairie-galerie est dorénavant ouverte du mardi au dimanche de 9h30 à 19h, et que l’exposition est visible aux mêmes heures dans de belles conditions de calme et de recueillement, jusqu’au 10 novembre.
Livres ou œuvres d’art, réflexions philosophiques ou émerveillements esthétiques, deux facettes de notre nouveau lieu, plein de raisons pour une visite

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Les rencontres-débat reprendront cet automne.
D’ici là en octobre, la librairie participe à deux événements à Perpignan et Narbonne concernant le climat, notre fil conducteur de l’année 2015

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le samedi 10 octobre à 15h00
à la médiathèque de Perpignan

une conférence débat
«le réchauffement climatique : une urgence mais aussi un espoir»
avec la présence de votre libraire pour présenter le livre
de Naomi Klein
Tout peut changer, capitalisme et changement climatique

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la COP21, … et après ?

Et si le changement climatique était
l’opportunité de dépasser la simple adaptation,et de repenser nos lieux de vie ?
Pour entamer cette réflexion collective, deux conférences publiques gratuites :
Le 15 octobre 2015,19h 21h
salle bleue du Théâtre de Narbonne :
La Poétique du Territoire

Le 17 octobre 2015, 9h19h
salle des Fêtes, Palais du Travail de Narbonne :
Climat, Ville&Territoire, Citoyenneté
Avec la présence de la librairie L’An Demain avec  un stand de livres

Organisé par l’association Ecolocal
Plus d’infos : www.narbona.org

Ecologie et cultures populaires, le dernier livre de Paul Ariès

Parmi les très nombreux livres importants sortis ces derniers mois, je choisis ce jour de mettre l’accent sur le denier livre de Paul Ariès qui parle d’un avenir possible, d’une refondation de nos sociétés, non pas à partir des délires technophiles des tenants du capitalisme vert et du  développement durable, mais à partir des pépites d’humanité résistantes qu’il analyse et décrit dans les classes populaires, sans angélisme mais avec pudeur et respect..
Hervé Kempf a montré dans son livre « Comment les riches détruisent la planète » la responsabilité écrasante des dominants et privilégiés dans la crise écologique. Paul Ariès précise le constat, le remet en bon ordre philosophiquement parlant et propose des chemins d’espoirs.

Un livre à lire et à partager sans limites…

Paul Ariès  Ecologie et cultures populaires, Les modes de vie populaires au secours de la planèt
Paru aux éditions Utopia
230 pages  10 euros

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Quatrième de couverture
Ce livre est d’abord un coup de gueule contre l’idée selon laquelle il n’y aurait rien de bon à attendre des milieux populaires au regard de la situation écologique. Les élites auraient donc raison :  » salauds de pauvres qui consommez si mal ! « . Ce discours discriminant est susceptible de contaminer ceux qui à gauche se disent les plus conscients des enjeux planétaires et sociaux. Pourtant tous les indicateurs prouvent que les milieux populaires ont un meilleur bilan carbone, une meilleure empreinte écologique que les milieux aisés, y compris quand ces derniers ont des pratiques  » écolos « . Iconoclaste, Paul Ariès invite à relativiser les thèses de Veblen et de Bourdieu sur l’imitation par les milieux populaires des modes de vie des riches. Certes,  » les riches détruisent la planète « , mais l’auteur démontre que les gens ordinaires, les  » gens du commun « , ne sont pas des riches auxquels il ne manquerait que du capital économique, social, culturel et symbolique. Sans succomber à un nouvel angélisme au regard des consommateurs populaires, car il reste encore beaucoup à faire, l’auteur invite à renouer avec toute une tradition historiographique, littéraire, cinématographique qui autrefois valorisait bien davantage le peuple. Ce livre est également un cri d’espoir, car en entretenant d’autres rapports à la vie, au travail, à la consommation, à la propriété lucrative, au temps… les gens du commun, non pas ceux d’ailleurs ou d’autrefois, ne pourraient-ils pas être les principaux acteurs de la transition écologique, et par là même contribuer à « sauver la planète » ?

Biographie de l’auteur
Paul Ariès, politologue, rédacteur en chef du mensuel les Zindigné(e)s, est aussi délégué général de l’Observatoire international de la gratuité et co-organisateur de nombreux forums nationaux ou internationaux avec des villes ou des associations comme Emmaüs, ATTAC, CADTM, etc. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages.

16-17 Juin : le tour Alternatiba, 5000km pour le climat, est à Narbonne

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Le Tour Alternatiba ! La grande mobilisation populaire pour relever le défi du changement climatique aux travers des alternatives !
Du 5 juin au 26 septembre, un vélo 4 places va parcourir 5 000 kilomètres, de ville en village, pour montrer que les alternatives existent, qu’elles sont simples, concrètes, efficaces, et qu’en plus elles contribuent à construire un monde meilleur !
Tout au long des 186 territoires-étapes, le Tour Alternatiba sera l’outil de diffusion massif et de popularisation des alternatives, car le changement climatique est l’affaire de tous, et que l’avenir de nos enfants en dépend !

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Le tour Alternatiba arrive à Narbonne le Mardi 16 juin au soir, et il sera accueilli par les cyclistes narbonnais pour effectuer une vélorution en ville (RV à l’Espace Liberté 18h).
A 19h, arrivée sur le parvis des halles pour un grand rassemblement festif et un repas en commun.

Le Mercredi 17 juin, un village des alternatives est organisé sur le parvis des Halles et la rue Emile Zola.
Il rassemblera une vingtaine d’associations  et groupes locaux qui démontreront l’implication citoyenne dans les alternatives au modèle destructeur du climat.
La librairie L’AN DEMAIN sera présente à ce rassemblement.
Nous présenterons de livres sur la crise climatique et sur les alternatives.

Nous organiserons et participerons à des débats qui auront lieu toute la journée.

Plus d’informations sur la page facebook d’Alternatiba Narbonne :   www.facebook.com/alternatibanarbonne

Conférence-débat Frédéric Héran samedi 23 mai à 18h30

L’ association Vélocité Narbonne et la librairie L’An Demain organisent
une conférence-débat proposée par Frédéric Héran intitulée
« Le retour de la bicyclette en milieu urbain en France et en Europe »
le Samedi 23 Mai à 18h30
au Palais du travail  Salle Elie Sermet

affiche_heranFrédéric Héran est maître de conférences en économie à l’Université de Lille 1, chercheur au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques.
Son dernier livre intitulé « Le retour de la bicyclette, » est sous-titré une histoire des déplacements urbains en France et en Europe de 1917 à 2050.

Le retour de la bicyclette en ville au XXIème siècle est largement entamé, plus avancé cependant dans d’autres pays européens. Il est important de comprendre et analyser les atouts et les blocages pour utiliser le potentiel des déplacements doux dans les politiques d’aménagement urbain.

Loin d’être une relique d’un temps passé, le vélo est un atout formidable pour le ville de demain.
La conférence de Frédéric Héran à Narbonne précède de quelques jours l’ouverture à Nantes de la conférence mondiale VELO-CITY 2015 (2 au 5 juin) dont la ligne directrice cette année sera « le vélo, créateur de futur ».
Elle s’inscrit aussi dans le cadre de l’année du climat qui se terminera par la COP21 (conférence internationale des nations unies pour le climat) à Paris à l’automne.

La conférence est co-organisée avec l’association Vélocité Narbonne qui oeuvre pour le développement des déplacements doux dans le Grand Narbonne.

Mardi 7 avril à 18h30 : Soirée-débat « Le capitalisme contre le climat»

Mardi 7 Avril à 18h30

Soirée-débat : « Le capitalisme contre le climat»
Autour du nouveau livre de Naomi Klein
« TOUT PEUT CHANGER ! Capitalisme et changement climatique »

La réunion aura lieu à l’atelier-galerie AM JAUMAUD  4 rue Benjamin Crémieux à deux pas de la librairie L’An Demain.

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Dans la précédente note de blog, j’expliquais pourquoi il me semble que ce livre est important. Nous en débattrons ensemble….

Dans son nouveau livre dynamite, This Changes Everything, Naomi Klein explore les moyens de stopper l’explosion des émissions globales de gaz à effet de serre. Sa solution pour enrayer la catastrophe : que tout change ! Car, explique-t-elle, le changement climatique n’est pas simplement dû à des émissions de CO2. Il est avant tout l’œuvre du capitalisme.
C’est une alarme qui, en sonnant, offre une opportunité historique inégalée de changer de fond en comble ce système complètement défaillant pour en faire quelque chose de radicalement meilleur.
Et si le salut doit venir, soutient-elle avec une argumentation d’une très grande vigueur et qualité, ce sera d’abord de la résistance acharnée à l’extraction des énergies fossiles. De là dépend le reste : si les populations dessinent partout dans le monde une même ligne rouge à ne pas franchir, alors il reste une chance d’esquiver in extremis le chaos général que la trajectoire actuelle des émissions promet et de rebâtir les sociétés sur des bases justes et saines, le partage et l’intelligence collective.
This Changes Everything n’est pas une modeste entreprise : il désigne tout à la fois ce dont il faut se débarrasser et ce qu’il faut échafauder à la place, comment et avec qui.
Mais surtout, il le dit formidablement bien.
 La Revue Durable Hiver 20105

Pourquoi le dernier livre de Naomi Klein est un livre important ?

klein fr2Sorti dans sa traduction française le 19 mars aux éditions Actes Sud, le livre de Naomi Klein a déjà un impact très important aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne et en Italie…
Son titre en anglais est un slogan, qui été affadi dans sa traduction française.
C’est un livre fondamental qu’il ne faut pas manquer ni mal interpréter.

Voici quelques commentaires personnels, à compléter avec la lecture des articles et interview sortis ces derniers temps….

Mais avant out, lire le livre et se faire une opinion !!!

This change everything…

This = le changement climatique
La crise climatique est là, s’aggrave et rien ne se fait pour stopper les causes du réchauffement.
Le risque de voir la température moyenne de la planète croître de 6°C est une probabilité réelle si rien n’est fait d’ici 10 ans pour stopper les émissions de gaz a effet de serre. Pour limiter le réchauffement à 2°C les experts estiment qu’il faudrait réduire ces émissions de 15 % par an dès aujourd’hui  et laisser dans le sol 80% des réserves connues d’hydrocarbures !
Or avec une augmentation de 6°C, la planète ne sera probablement plus habitable pour l’homme

Change everything : cela change tout
Certes la planète Terre ne disparaîtra pas, mais la disparition de notre civilisation est une probabilité réelle. Face à une telle situation, TOUT DOIT CHANGER, dans nos têtes et dans nos actes.

Capitalism vs Climate : le capitalisme contre le climat
Le capitalisme, et sa dernière évolution l’ultralibéralisme planétaire, sont la cause du désastre et chaque jour continuent à l’aggraver. Le capitalisme n’a pas de solution à proposer.

Naomi Klein est connue pour son travail de journaliste enquêtrice rigoureux, ses livres précédents ont eu un impact important sur la prise de conscience des dégâts économiques et sociaux au XXème siècle.
Elle a passé cinq ans à enquêter sur le climat et les 600 pages de son livre sont une mine d’informations jamais réunies en un même volume. Son travail n’est pas un pamphlet : c’est une démonstration détaillée et subtile.
Tout « honnête homme » en sort troublé et convaincu.

naomi kleinEst ce un livre pessimiste ?

Du constat que c’est presque trop tard et que l’ultralibéralisme a libéré des forces incontrôlables, Naomi Klein tire une force étonnante : puisque c’est presque sans espoir, puisque le chantage décrit dans « La stratégie du Choc » est dévoilé, alors il faut y croire et agir en sortant des sentiers battus…
Elle décrit et analyse les résistances citoyennes à l’extractivisme et à la puissance de destruction des multinationales des énergies fossiles, et décrit et explique les victoires et les échecs, partout dans le monde.
Cela change tout. Tout doit donc changer…
Retrouver la sobriété face au gaspillage et à une croissance basée sur des besoins créés, imposer l’égalité contre l’inégalité, penser à long terme contre la dictature du court-termisme, retrouver les racines des peuples contre les destructions du colonialisme….
Comme dans ses précédents ouvrages, « Tout peut changer » est un livre de combat, un outil pour les luttes pour réinventer un futur à notre civilisation.

Est ce un livre populaire ?

Ce reproche réccurrent va tomber sur la traduction française du livre (600 pages) : se serait un livre pour débattre sur France Culture, en discuter les détails voire les réfuter entre intellectuels au coin du feu, ou en tirer l’exégèse sur les blogs…
Or il faut lire et faire lire ce livre, et le proposer comme ce qu’il veut être : un livre d’éducation populaire.
Et cela demande un « travail » aux commentateurs intellos : arrêter de gloser entre spécialistes et l’offrir à tous !

Et ce n’est pas si facile. Naomi Klein vit au Canada et écrit en anglais, les exemples qu’elle choisit viennent souvent du monde anglo-saxon
Transformons la difficulté en un atout : faisons découvrir aux européens l’ampleur des dégâts sur le continent américain et aussi la vigueur des oppositions.
Mettons à jour les escroqueries des partisans de la géo-ingénierie, les mensonges des « milliardaires verts », les compromissions des grandes organisations environnementalistes, les aberrations du capitalisme vert.

Ce sera un livre populaire si nous savons en promouvoir l’humanisme profond et la générosité.
Nous devons faire connaître la profondeur et la richesse des combats citoyens, la prise de conscience mondiale qui découle de la compréhension de la crise climatique.
Nous devons faire confiance à l’intelligence et à la sensibilité des hommes face à l’urgence climatique et l’inaction des organisations internationales et des hommes politiques.

L’avenir est entre nos mains, ne tremblons pas : TOUT DOIT CHANGER

Soirée-débat « La technologie peut elle résoudre la crise climatique »

Soirée-débat  « La technologie peut elle résoudre la crise climatique »
Autour du livre de Clive Hamilton
« les apprentis sorciers du climat »

Mardi 3 Mars à 18h30 à la Librairie L’An Demain
4 rue Cabirol NARBONNE

apprentis-sorciersEn l’absence de volonté politique internationale, nous nous dirigeons selon la tendance actuelle vers une hausse globale de 3°C à 6°C en 2100, avec son cortège de catastrophes météorologiques et de souffrances dans les prochaines années.
Faute de capacité à remettre en question notre modèle de développement et de consommation, les espoirs se tournent vers des technologies qui puissent refroidir la Terre. Telle est la promesse de la géo-ingénierie et de ses promoteurs, conduits par Bill Gates lui-même.
Stockage du carbone, ensemencement des océans par des algues génétiquement modifiées, pulvérisation de soufre dans la haute atmosphère pour réfléchir les rayons du soleil, ce livre nous fait découvrir les projets et les expériences terrifiantes de ces « géocrates » (ingénieurs, scientifiques et hommes d’affaires) qui jouent aux apprenti-sorciers du climat.

Le plan B que les capitalistes nous préparent en secret : le connaître pour mieux le combattre…

Un extrait du Mensuel « Les Z’Indignés  »  (cliquez sur les photos pour lire), participation à la réflexion

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« This changes everything » : Naomi Klein, le capitalisme et le climat

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Le dernier livre de Naomi Klein est un livre important. Le fait qu’il ne soit pas encore traduit en français ne doit pas nous retarder dans son analyse. L’année 2015 est proclamée année du climat en France, nous devons être prêts à argumenter face aux tartuffes du libéralisme qui veulent faire croire qu’on peut résoudre la crise climatique en continuant comme au XXème siècle….

Je reproduis donc une analyse très intéressante qui est parue sur un blog de la gauche alternative belge que l’on peut retrouver ici , comme première introduction au débat que la librairie organisera au printemps sur le sujet « capitalisme et changement climatique » …  avec d’autres livres récents en français !!!

On peut apprécier l’importance mondiale que ce livre a pris en quelques mois en se rendant sur le site dédié  http://thischangeseverything.org/

Publié le 23 novembre 2014 par Daniel Tanuro sur le site http://www.lcr-lagauche.org

Le livre que Naomi Klein a consacré au changement climatique est d’ores et déjà un événement (1). L’auteure de la « Stratégie du choc » s’y livre à une dénonciation en règle de la logique de croissance capitaliste, de la cupidité des multinationales du pétrole, du charbon et du gaz naturel, et de la soumission des gouvernements à leurs intérêts. « Changer le climat de la terre d’une manière qui sera chaotique et désastreuse est plus facile à accepter que la perspective de changer la logique fondamentale du capitalisme, basée sur la croissance et la quête du profit », écrit Klein (p. 89). Pour elle, la hargne des climato-sceptiques ne tombe pas du ciel mais de leur juste compréhension du fait que lutter sérieusement contre le réchauffement nécessite un changement de politique radical. Avec plus de régulation, plus de secteur public, plus de bien commun, plus de démocratie. Avec d’autres valeurs que celles de la compétition, de l’accumulation et du chacun pour soi. Un ouvrage majeur, dont l’impact sera à coup sûr important.

« Le pouvoir révolutionnaire du changement climatique »

Le titre est bien choisi : « This changes everything » – ceci change tout. Naomi Klein appelle la gauche, les progressistes à saisir la chance qui s’offre à eux dans ce contexte difficile. Car « la vérité sur le changement climatique, écrit-elle, n’est dérangeante que pour ceux qui se satisfont du statu quo » (allusion au titre du film d’Al Gore : « Une vérité qui dérange »). Pour les autres, « s’il y a jamais eu un moment pour avancer un plan visant à guérir la planète en guérissant aussi nos économies cassées et nos communautés brisées, c’est celui-ci » (p. 155). La crise environnementale ajoute son « urgence existentielle » à tous les problèmes. Du coup, elle « offre un discours global dans lequel tout, de la lutte pour de bons emplois à la justice pour les migrants, en passant par les réparations pour les méfaits historiques comme l’esclavage et le colonialisme, peut s’intégrer au grand projet de construire une économie non toxique, à l’épreuve des chocs, avant qu’il ne soit trop tard » (p.154).

Plus lucide que bien des militants anticapitalistes, Klein croit au « pouvoir révolutionnaire du changement climatique » et elle a mille fois raison. Elle dresse un réquisitoire implacable et très convaincant contre les grandes associations environnementales -dont certaines sont accusées d’avoir fusionné avec le système. Comme alternative, elle plaide pour la construction de mouvements de masse. L’auteure admet que “le genre de contre-pouvoir qui a une chance de changer la société à une échelle proche de ce qui est requis fait encore défaut” (p.156). Mais elle voit des signes avant-coureurs dans les mobilisations radicales contre l’extractivisme et les grands projets d’infrastructure, qui se multiplient aux quatre coins du globe. Le fait que les peuples indigènes jouent souvent un rôle clé dans ces mobilisations est pour Klein une source d’espoir, car ces peuples ont de leur rapport à la nature une vision autre que celle de la domination et du contrôle absolu, typiques du capitalisme et, au-delà, de la culture occidentale depuis les Lumières.

This Changes Everything” est un livre fort. Il aurait pu l’être plus encore si l’auteure avait consacré quelques dizaines de pages à expliquer clairement le mécanisme du changement climatique et à en présenter les principales conséquences éco-sociales, plutôt que d’entrer directement dans une dénonciation des climato-sceptiques. Il y a là, me semble-t-il, une occasion ratée d’éduquer le grand public. Mais c’est un détail.

Un livre sous tension

Plus fondamentalement, « This changes everything » est un livre sous tension. L’auteure le confesse : « C’est le livre le plus difficile que j’ai jamais écrit, parce que la recherche m’a conduit à chercher des réponses radicales. Je n’ai aucun doute de leur nécessité, mais je questionne tous les jours leur faisabilité politique” (p. 26). De fait, Klein oscille entre une alternative anticapitaliste autogérée et décentralisée, écosocialiste et écoféministe, d’une part, et un projet de capitalisme vert régulé, basé sur une économie mixte relocalisée et imprégné d’une idéologie du soin et de la prudence, d’autre part. Cette tension se manifeste dans tout l’ouvrage. Un souffle révolutionnaire traverse la conclusion, où Klein met en parallèle – comme Marx dans le Capital!- la lutte contre l’esclavagisme et la lutte contre l’appropriation capitaliste des ressources (p. 458 et sq). Mais elle écrit par ailleurs qu’il y a « plein d’espace pour faire du profit dans une économie zéro-carbone » et que l’obstacle à la transition écologique vient des « modèles d’affaire (business models) actuels » (p. 252) ainsi que  de la manière dont « nous pensons à propos de l’économie» (we think about the economy) – donc pas de l’économie elle-même (p. 95).

Cette oscillation n’est peut-être pas sans rapport avec la conception que Klein semble avoir de l’idéologie de domination de la nature. L’auteure a pleinement raison de rappeler que cette idéologie est antérieure au capitalisme. Mais le capitalisme est précisément la forme sous laquelle elle existe aujourd’hui. Il n’en découle pas que la suppression de ce mode de production éliminera automatiquement les conceptions « extractivistes » – au contraire, la lutte pour « prendre soin de la nature avec prudence » devra continuer pendant une longue période après la fin de ce système. Mais l’idéologie de la domination ne flotte pas dans l’air, elle est enracinée dans des structures sociales. Le combat idéologique anti-extractiviste est inextricablement lié au combat contre les rapports sociaux capitalistes. En particulier au combat contre l’exploitation salariale – en fait une forme de pillage « extractiviste » de la ressource naturelle appelée force de travail.

Non, l’Allemagne n’est pas un modèle

Ceci dit, il faut le reconnaître modestement: toutes celles et ceux qui réfléchissent à une réponse sociale au défi climatique sont confrontés à la  tension évoquée par Naomi Klein en préface de son ouvrage. Cela résulte du fait qu’il y a un abîme vertigineux aujourd’hui entre l’extrême radicalité anticapitaliste des mesures qui s’imposent objectivement pour éviter une catastrophe terrible et le niveau de conscience de la grande masse de la population. La stratégie à suivre pour jeter un pont au-dessus de cet abîme est l’objet d’un débat, et il serait mal venu de faire la leçon à Klein. Mais une chose me semble claire : côté « faisabilité politique », elle est mal informée quand elle cite la politique énergétique du gouvernement Merkel, basée sur les feed-in-tariff, en exemple de «prise de distance avec l’orthodoxie néoliberale” (131).

Les feed-in-tariff sont des tarifs imposés, qui mettent l’électricité verte en position de compétitivité avec l’électricité « sale ». De même que les certificats verts, ils concrétisent l’idée libérale qu’internaliser les « externalités » suffit à rendre éco-compatibles les décisions d’investissement basées sur l’efficience-coût. Sur le plan environnemental, cette idée est vouée à l’échec car elle fait passer le développement du marché des technologies vertes avant les efforts de réduction de la consommation énergétique. Sur le plan social, le système allemand est financé par une surcharge (Umlage) prélevée sur les factures d’électricité. Tous les ménages paient, mais la surcharge est plus que compensée pour ceux qui ont investi dans les renouvelables, car ils vendent l’électricité à un prix élevé, garanti par l’Etat pour 20 ans. Les couches défavorisées paient donc pour les couches aisées (individus, coopératives ou entreprises).

Il est vrai que des communes allemandes aussi produisent et vendent de l’électricité verte. Dans ce cas, la collectivité bénéficie évidemment d’un retour sous forme de services. C’est un aspect positif du système, que Klein a raison de souligner, mais il ne suffit pas à ériger l’Allemagne en exemple à suivre. Trois mille entreprises sont exemptées à 80% de la Umlage (ce qui représente un cadeau de 4 à 5 milliards d’Euros par an). On est loin de la juste demande formulée par Klein : que les fossiles paient la transition. Au lieu de cela, la politique énergétique de Merkel approfondit les inégalités. D’une manière plus générale, le gouvernement de la chancelière poursuit la féroce politique mise en place par la coalition entre les Grünen et la social-démocratie. Cette politique contraint huit millions de personnes à travailler pour moins de 8 Euros brut de l’heure. L’Allemagne n’est vraiment pas un “modèle qui démontre comment développer remarquablement vite des solutions climatiques très décentralisées tout en combattant en même temps la pauvreté, la faim et le chômage », comme Klein l’affirme imprudemment (p. 136)…

Et ce n’est pas étonnant: un tel “modèle” n’existe pas dans le capitalisme car celui-ci est basé -Klein le dit dans son livre à plusieurs reprises- sur la double exploitation de la nature et du travail. Le fossé entre la radicalité nécessaire et la faisabilité politique ne peut être comblé en définitive qu’à la faveur d’une crise majeure, un de ces « moments extrêmement rares et précieux où l’impossible semble soudainement possible», comme on le lit dans la conclusion. Ici, l’auteure abandonne la « faisabilité politique » pour rebasculer dans la radicalité. Nous partageons sa conviction qu’un tel moment viendra, qu’il coïncidera avec une contestation radicale de l’idéologie de la domination et que “la vraie question est de savoir ce que les forces progressistes en feront, la force et la confiance avec laquelle elles s’en saisiront »  pour « non seulement dénoncer le monde tel qu’il est mais pour construire le monde qui nous maintiendra tous en vie » (p. 466). Au-delà des réserves et des débats qu’il peut susciter chez des écosocialistes, l’ouvrage de Naomi Klein est une contribution majeure à ce combat.

(1)          « This Changes Everything. Capitalism vs. the Climate”, Alfred A. Knopf, Canada, 2014

Plus 4 degrés celcius….

12 décembre 2012

La conférence de Doha sur le climat s’est terminée sur un constat d’échec.
Les engagements précédents pris pour contenir la hausse des températures à 2 degrés d’ici la fin du siècle sont remis aux calendes grecques.
Les experts du climat parlent de 4 à 5 degrés.

« Le niveau des océans monte 60 % plus vite que ne l’avait projeté le groupe d’experts de l’ONU sur le climat, le GIEC. Selon une nouvelle étude menée par des experts américains et allemands, l’eau des mers monte en moyenne de 3,2 mm par an.
La dernière projection, publiée en 2007 et décrite comme la plus fiable par le GIEC, prévoyait une hausse de 2 mm par an d’ici 2010. Elle était toutefois basée sur des données de 2003. Le GIEC estimait à ce moment que la hausse atteindrait de 18 à 59 cm d’ici à la fin du siècle, en raison notamment de la dilatation de l’eau, liée au réchauffement.
Or, l’élévation atteindra probablement 1 m et peut-être plus, selon les auteurs de ces travaux, publiés dans la revue Environmental Research Letters.
« Cela signifie que les zones situées à moins de 1 mètre au-dessus du niveau de la mer, où il y a une grande concentration de population, comme au Bangladesh, vont disparaître. » — Grant Foster, coauteur « 

Nous allons vers une catastrophe humanitaire mondiale, et nous ne pouvons absolument pas compter sur les organismes internationaux ou les gouvernements pour infléchir la fuite en avant.
L’ultra-libéralisme économique qui tient lieu de gouvernance mondiale n’a aucun moyen ni volonté d’agir dans ces domaines de gestion de la planète et de sa survie.

Il ne reste qu’un moyen de changer le cours des choses, et c’est un moyen extrêmement efficace si ceux qui peuvent l’utiliser s’en saisissent : l’action citoyenne des habitants de la planète, la prise de conscience citoyenne mondiale.

Mais comment expliquer à son voisin  que face la hausse des températures moyenne de 4 degrés sur la planète, la bonne réaction n’est pas :
« zut,on pourra plus partir aux sports d’hiver! » ou bien « Chouette, on va planter un palmier dans le jardin ! »….
On se sent parfois bien seul.

Pourtant la prise de conscience grandit rapidement, l’information circule partout, et le moment où cette force irrésistible soulèvera les montagnes de la passivité et de l’indifférence approche.
Ne pas se décourager.
Ne pas céder, convaincre et résister…

Non c’est pas chouette plus 4 degrés celcius…
il est encore temps de changer, si nous l’imposons….