Pour ne pas oublier….

Pour ne pas oublier….

Notre monde va si vite, que le présent disparait poussé par la recherche permanente de l’illusion du bonheur apportée par la consommation de nouveautés…
Tout notre système consumériste libéral est basé sur cette insatisfaction pernicieuse qu’entretient le désir de neuf et d’émotions nouvelles.

Y’a t il encore une place pour la préservation de la mémoire et du patrimoine ?

alaricJe n’ai pas encore présenté sur ce blog la collection des ouvrages écrits et édités par l’association « Vilatges al pais« .
Depuis des dizaines d’années cette association, aidée par le Conseil Général, travaille à préserver, enregistrer et diffuser la mémoire des villages de l’Aude.
Les livres qui synthétisent ce travail, qui a comporté en amont de nombreuses réunions et entretiens, sont des objets éditoriaux inclassables.
Le dernier opus est consacré à l’Alaric et s’intéresse aux communes de Barbaira, Camplond’Aude, Capendu, Comigne, Douzens, Fabrezan, Floure, Fontcouverte, Fontiès d’Aude, Largesse, Montlaur, Monze, Moux, Pradelles-en-Val et Ribaute.
Venez les feuilleter à la librairie, vous découvrirez tout un monde …

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Il reste quelques exemplaires à la librairie du volume consacré au Canton de Coursan qui date de 2005 et qui est quasi épuisé…

Mais sera-il réimprimé? Et le travail de l’association Villages al Pais pourra-t-il continuer?
Car comme signe supplémentaire de l’oubli, le Conseil Général et autres financeurs ont réduit leur aide et l’avenir n’est pas sûr pour ces retours vers le passé.

 

 

 

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Jacques-Michel DUCROS est un autre cas à part !
Retraité, il s’est mis à écrire, rechercher, rassembler, photographier sa région d’adoption et a écrit des ouvrages sur le patrimoine des Corbières, de Narbonne, de Perpignan…
Il pensait au début s’adresser aux touristes: ses livres, dont il a lui-même réalisé les cartes, les photos et les textes si rigoureux qu’ils en deviennent poétiques, s’adressent en fait à nous tous, à notre besoin de nous retrouver les pieds sur sur terre…
Auto-édités, imprimés à Narbonne, distribués par l’auteur, ces livres méritent l’attention de chacun…

 

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Les éditions du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise font depuis des années un travail remarquable avec leurs Cahiers du Parc.
Collection pluridisciplinaire, ouvrages souvent collectifs, travail éditorial qui s’affirme d’année en année, mais diffusion bien trop confidentielle (compliquée par le caractère public du PNR).
Apportons tous notre soutien à ce travail irremplaçable…

 

La fin du patrimoine ?

Si vous avez des doutes sur les risques de disparaisse cette relation indispensable avec le passé et le territoire, allez jeter un oeil sur le site internet « touristique » chargé de vanter auprès des touristes la région le territoire du Grand Narbonne
Visit-lanarbonnaise.com

Un prochain post de blog reviendra bientôt sur cette question : voulons-nous vraiment comprendre et conserver les expériences du passé, connaitre et diffuser l’histoire pour agir au présent de manière à préserver l’avenir de la planète et de notre humanité ?

En attendant, soutenons, pendant qu’il est encore temps, les passeurs du patrimoine et leurs publications « à l’ancienne » sans site internet ni quadrichromie cliquante !!!
Tous ces livres sont en vente à la librairie L’AN DEMAIN en plein coeur historique et patrimonial de Narbonne…..

 

 

 

 

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Des arbres et des microbes….

La survie de l’espèce humaine sur terre ne tient plus qu’à un fil…
Pourquoi ce fait évident continue à passer inaperçu de nos concitoyens qui élisent des hommes politiques qui nient l’évidence (Trump aux USA, mais aussi Macron en France), inaperçu aussi des décideurs et des journalistes faiseurs d’opinion ?

Comment peut on encore ne pas voir que tout ce que l’homme continue à détruire nous approche inexorablement du point de non retour.
Les rythmes des grands cycles du climat, des grands cycles des éléments, des forêts, des  populations bactériennes ou de l’extinction des espèces sont si largement différents de la durée d’une vie humaine que l’homme égo-centré a perdu toute compréhension du monde qui l’entoure.

Pour retrouver un sens, l’homme n’a plus que son cerveau, son raisonnement, ses pensées. Les livres peuvent alors jouer un grand rôle, s’il sont lus !
Mais le sont-ils encore ?

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La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben a été acheté par plus de 650000 personnes en Allemagne et traduit en 32 langues. Ses millions de lecteurs en tireront-il les conclusions qui s’imposent à sa lecture : l’homme n’est pas le centre de tout mais sa vie dépend des autres formes de vie sur Terre…

éditions Les Arènes
264 pages 20,90 euros

 

 

 

 

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Le manifeste pour une agriculture durable de Lydia et Claude Bourguignon fait moins de 70 pages et n’aura pas le même succès.
Il le mériterait : ce manifeste crie à l’humanité qu’elle court à la famine si elle continue de détruire ses sols et leur vie microbienne comme elle le fait depuis un siècle.
Mais les deux auteurs l’affirment (et ce fut le sens de toute leur vie engagée) : il est encore (tout juste) temps de tout changer !

éditions Actes Sud
70 pages  9 euros

 

Lisons, partageons ces deux livres et bien d’autres puisque le monde semble sourd….

Environnement et patrimoine… au mois d’août !

 

guide vert2La région de Narbonne reçoit l’été des dizaines de milliers de visiteurs.
La plupart cherchent le repos, le dépaysement, la mer et le soleil.
Beaucoup espèrent des rencontres, des découvertes, des émerveillements.

L ‘environnement naturel, le patrimoine historique de la région sont extrêmement riches, et beaucoup est fait pour informer, guider et divertit le visiteur.
De nombreux festivals, marchés, foires, expositions, animations fleurissent jusque dans les petits villages pour accueillir et partager.
Internet, smartphones et réseaux sociaux sont utilisés pour informer à la vitesse de la lumière…

Cependant le désir de découvrir, comprendre, de se souvenir est toujours présent chez chaque visiteur, et le numérique n’a pas pris la place du texte et de l’image imprimée.
Guides touristiques, guides de randonnées, beaux livres sur le patrimoine, cartes postales originales sont toujours appréciés et recherchés. Mais ont-ils su s’adapter ?

Le touriste d’hier, un guide touristique et une carte dans le sac, achetait des cartes postales et un beau livre de photos ou d’histoire locale à la librairie du village, et ces souvenirs rapportés et classés, rangés avec les albums de photos dans la bibliothèque familiale,constituaient une mine d’émotions toujours à portée.

Qu’en sera-t-il demain quand l’information aura été fournie par le smartphone, l’itinéraire par le GPS et les photos souvenirs seront stockées dans l’ordinateur portable à la merci d’un crash du disque dur ou de l’obsolescence du matériel ?

Éditeurs et libraires régionaux sont conscients de l’enjeu.
A la librairie L’An Demain, on y pense beaucoup : on essaie de proposer le plus large choix de bons livres sur le patrimoine et l’histoire et, dans le domaine de l’édition,  on a de beaux projets pour compléter les deux premiers ouvrages publiés sur Leucate.

A bientôt de vous rencontrer à la librairie, pour feuilleter des livres et échanger des idées, sur ces sujets ou d’autres …

Notre-Dame-des Landes : L’abandon, c’est maintenant !

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Ce post de blog est entièrement offert à la coordination des opposants à l’aéroport de Notre dame des Landes.
Un victoire de cette lutte exemplaire donnera un élan gigantesque aux opposants aux grands projets inutiles partout en Europe, donnera courage et reconnaissance à tous les citoyens et groupes qui oeuvrent au qutidien pour préparer le monde d’après….

En avant vers l’abandon définitif du projet !

La préparation de notre événement de l’été se situe dans une phase charnière, où nous avons marqué des points en terme de retard des travaux, sans avoir arraché l’abandon définitif, objectif fédérateur de notre lutte.

Nous avons tenu ! Tenu sur nos trois piliers !

Tenu sur la zone !
Après le séisme de l’automne 2012, et son opération César, nous avons préservé collectivement le territoire de la Zad, paysans résistants depuis longtemps installés, habitants récents, citoyens-soutiens très présents. La vie a pu continuer et des projets agricoles pérennes ont pris forme, grâce à Sème ta ZAD et au COPAIN sur la ferme de Bellevue et sur les terres menacées. Des travaux variés sur le terrain notamment avec les Naturalistes en lutte ont encore enrichi notre expertise collective et mis sérieusement à mal les propositions de « compensation » d’AGO-Vinci. Des liens se sont noués, la Zad est plus peuplée, mieux cultivée au printemps 2014 qu’elle ne l’a jamais été. La manifestation du 22 février a montré l’énormité du soutien, tant paysan que populaire, à la défense du territoire menacé. La mobilisation éclair pour Saint Jean du Tertre a sauvé la ferme et donné des garanties pour l’avenir !

Tenu sur le juridique !
Après la décision de garder ouvertes les pétitions par la Commission des Pétitions à Bruxelles en septembre 2013, et malgré la volonté des porteurs du projet de vider à nouveau la ZAD, les arrêtés autorisant le début des travaux ont tardé jusqu’à fin décembre 2013 : peut-être le préfet avait-il conscience de leur fragilité juridique… Ils ont été immédiatement attaqués, tandis que les diverses procédures concernant les expropriations – appel en Tribunal Administratif, Conseil d’État et Cassation – se poursuivent opiniâtrement. Nous venons d’apprendre le lancement par la Commission Européenne d’une procédure d’infraction contre la France, pour cause de fractionnement du dossier et d’insuffisance d’étude d’impact environnemental global !

Tenu sur le plan politique !
Si les porteurs régionaux (CR, CG, Nantes métropole…) n’ont pas été ébranlés sur leurs (mauvaises) bases, les instances politiques nationales ne peuvent plus ignorer ce dossier. Un accord politique capital a été arraché au PS, au prix d’une grève de la faim de 28 jours, en mai 2012 ; il stipulait qu’il ne pouvait y avoir d’expulsions tant que certains recours n’étaient pas menés à leur terme.
Faute peut-être d’autres choix, Jean-Marc Ayrault, encore premier ministre, a acté en février que le début des travaux attendrait le rendu de tous les recours déposés. Cette position a été confirmée par les accords de deuxième tour entre le PS et EELV lors des élections municipales de mars à Nantes et Rennes. Enfin elle a été reprise par Ségolène Royal, nouveau ministre de l’environnement. La volonté politique affichée de respecter le déroulement des procédures juridiques en cours est un premier pas. Nous attendons donc fermement et sereinement, en ne lâchant rien sur le terrain, que tous les recours, notamment ceux concernant la Loi sur l’Eau et l’autorisation de destruction d’espèces protégées, soient apurés aux niveaux national et européen.

S’ils ne peuvent en eux-mêmes représenter la victoire définitive, les retards annoncés sont néanmoins très positifs, tant il devient de plus en plus éclatant, au fur et à mesure que le temps passe, que ce projet est d’un autre âge, périmé jusqu’à l’absurde au vu des actuelles connaissances et législations !

Mais c’est l’abandon pur et simple du projet qu’il nous faut obtenir ! Celui qui permettra que les paysans et habitants vivant sur la zone puissent se projeter enfin dans l’avenir et y fassent émerger de nouveaux projets durables ; celui qui permettra l’optimisation de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique si elle s’avérait un jour nécessaire !
Cet abandon confortera la détermination et l’espoir de tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, dévoreurs de terres, de biodiversité, de ressources aquatiques ou fossiles, de subventions publiques !

Le rassemblement des 5 et 6 juillet sur les terres de Bellevue à Notre Dame des Landes sera précédé par des évènements et des caravanes de convergence partant de plusieurs lieux de luttes emblématiques partout en France. Soyons nombreux à les accompagner !

En 2012, nous avons dit « La lutte, c’est maintenant ! »
En 2013, « toujours présents, toujours résistants, plus légitimes que jamais ! Enterrons le projet ! »
En 2014, osons dire : « l’abandon, c’est maintenant ! »
Maintenant qu’il faut l’arracher ! La victoire définitive est à la portée de nos efforts !
Réussissons lors du rassemblement – convergences 2014 une nouvelle mobilisation exceptionnelle !

Coordination des opposants au projet de Notre Dame des Landes : 50 groupes (associations, syndicats et mouvements politiques)

 

Si la forteresse de Leucate n’avait pas été détruite en 1665…

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Samedi 21 Juin, à 10 heures au foyer de LEUCATE, se déroulera la présentation officielle du livre de Claude Guillemot « Le Château Fantôme, vie et mort de la forteresse de Leucate » édité par les éditions de l’An Demain.

Ce sera un moment émouvant pour les auditeurs dont beaucoup découvriront (ou re-découvriront) l’histoire incroyable de cette forteresse monumentale qui, si elle n’avait pas été détruite en 1665 sur ordre du roi Louis XIV, trônerait au sommet du village, imposante et signifiante…

Cette histoire trop longtemps oubliée et peu étudiée va ressurgir grâce au travail de Claude Guillemot qui, quelques mois après s’être installé à Leucate, s’est plongé cœur et âme dans la rédaction de cet ouvrage. Le destin ne lui a pas offert le bonheur de présenter lui même aux Leucatois son travail et partager sa passion car il est mort quelques jours après avoir fini les dernières corrections de son manuscrit.

La librairie L’An Demain, et donc son fils puisque c’est bien de mon père qu’il s’agit, a poursuivi le chemin, et ce bel ouvrage se dévoile en ce jour de solstice….

Je vous attend nombreux à cette « conférence » particulière qui sera suivie d’une visite informelle du site.

A samedi….

Les deux premières pages du livre pour vous, lecteurs du blog…

page5« Il a enfilé son sac à dos, protégé sa tête du soleil avec un
improbable chapeau de paille acheté au marché de Leucate et, armé
d’une canne à bout ferré, il a attaqué la montée par la rue de l’Église,
face nord. Son fils, impatient et insensible à la rudesse de la pente,
court devant comme un jeune chien fou. Au pied de la butte, à l’ombre
d’un bois de pins, un escalier aux marches inégales et inconfortables
s’élève vers le sommet. Partout alentour ce n’est qu’un chaos
de blocs renversés, énormes agglomérats de cailloux, de chaux et
de terre durcie, envahis par les ronces. Quelques pierres taillées
et assemblées figurent ça et là des ébauches de murailles. Tout en
haut, une chapelle, datant visiblement de la fin du XIXe siècle, un
calvaire : trois croix de bois fichées dans des supports en béton.
Depuis ce sommet, l’homme peut discerner à ses pieds des alignements
de blocs, qui semblent dessiner des formes géométriques,
mais rien qui ne ressemble vraiment à un château…

 

Heureusement, pour atténuer la déception, il y a la vue, une
vue admirable que la tramontane, en nettoyant l’atmosphère, a rendue
précise et lointaine. Au sud, l’étang de Salses-Leucate, la plaine du
Roussillon, plus loin la chaîne des Pyrénées. A l’est, la mer, le cordon
littoral, et les rares espaces sauvages noyés dans la myriade des
constructions de Port Leucate et Port Barcarès. Au nord, le village, au
pied de la butte, et derrière, le plateau et son lacis de chemins et de murets
de pierres. A l’ouest, les Corbières sauvages, le village de Fitou…
L’homme s’est assis pour contempler le spectacle. Il a presque oublié
l’objet de son expédition.
Mais l’enfant, lui, n’a rien oublié.
– Papa, il est où le château ?
La question, précise et abrupte, vient rompre le charme. Le
père réfléchit un long moment, parcourant des yeux le désordre des
éboulis. Puis il se penche à l’oreille de son fils, comme pour lui
confier un secret.
– C’est un château fantôme…
Cette réponse a le don de satisfaire l’enfant en nourrissant
son imagination de rêves et de chimères, mais elle ne saurait
dissiper le mystère du château de Leucate.
Si l’on s’en tient à la stricte définition du mot fantôme dans
le dictionnaire : «terme souvent ajouté à des noms de choses abandonnées,
disparues, ou échappant à la perception directe», le père a
raison.
C’est pour que cette forteresse disparue, abandonnée, échappant
à la perception directe, retrouve sa forme, sa vie et son histoire,
que ce livre a été écrit. Pour que les visiteurs qui, nombreux,
escaladent la butte, ne redescendent pas déçus, sans savoir, pour la
plupart, qu’ils sont passés en un lieu exceptionnel, un de ces lieux
où l’histoire de France a un jour basculé, un haut lieu de mémoire
aujourd’hui oublié. »

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René Dumont, une vie saisie par l’écologie

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……Ce sont ces problèmes que le mouvement écologique veut soumettre aux Français. Pour les résoudre, il faudra réinventer toute une civilisation. Car nos conditions de vie et de travail continuent à se détériorer, et les inégali­tés sociales s’accentuent. De multiples conflits traduisent cette situation de crise. Elle ne peut que s’aggraver.
C’est un seul et même système qui organise l’exploita­tion des travailleurs et la dégradation des conditions de vie et qui met en péril la Terre entière. La croissance aveugle prônée par les partis ne tient compte ni du bien-être, ni de l’environnement. Dans ce système, le coût de la pollution, puis de la dépollution sont additionnés pour gonfler le chiffre de la production alors qu’en réalité le bilan est nul, voire négatif. Les produits conçus pour se détériorer aussitôt après l’achat, les ordures qui s’accu­mulent, les fabrications d’armes, le recours à des tech­niques toujours plus lourdes et plus dangereuses : notre société s’emballe sans autre objet que de se reproduire….

….Au nom de ce projet, les gouvernements invoquent la mystique du progrès. Soyons clairs : un progrès dont la rançon est si lourde, pour notre santé, pour nos enfants, pour les travailleurs, n’est pas le progrès. La croissance n’a pas supprimé les inégalités en France : elle les a accentuées.
Au contraire, une minorité de privilégiés bénéficie de la croissance et se réserve soigneusement un cadre de vie agréable. Toutes les décisions sont concentrées entre ses mains. La centralisation s’étend à tous les domaines et transforme les citoyens, privés d’information, en robots de la production et de la consommation. Dans ce sys­tème, les femmes n’ont pas le droit à la parole ni même à la liberté de disposer de leurs corps en matière de contraception et d’avortement.
Dans ce système, un Breton n’a pas le droit d’être breton. Les cultures régionales sont niées, l’uniformité est la règle.

Notre « expansion » a été pour une bonne part réalisée grâce au pillage du tiers-monde, du fait du sous-paiement des matières premières, y compris le pétrole jusqu’en 1971. Ce pillage a permis notre invraisemblable gas­pillage de toutes ces denrées. La contrepartie en est la famine qui s’étend de plus en plus, du Sahel à l’Ethiopie, dans les Andes, au Bangladesh et en Inde. La famine est due à la démolition des structures traditionnelles, des habitudes séculaires, des réserves de grains, et à une expansion inconsidérée des cultures d’exportation. Elle est due aussi aux dépenses abusives des élites qui veulent vivre à l’occidentale aux dépens de l’équipement agricole et industriel de leur pays………

9782363830821

Ceci est un petit extrait d’un tract distribué en 1974 pendant la première campagne présidentielle d’un candidat écologiste René Dumont.
René Dumont recueillit 1,32% des suffrages.

Quarante ans ont passés… avons nous avancé ?

Le livre de Jean-Paul Besset « René Dumont, une vie saisie par l’écologie » a été réédité en 2013 par les éditions Les petits matins.

Un livre à lire. Une vie à méditer.
Et j’espère des envies d’actions !

Présentation de l’éditeur :

 » Je suis un honnête homme du XVIIIe siècle égaré au XXe siècle « , disait René Dumont de lui-même. Témoin et acteur d’un siècle dont il a partagé de bout en bout les révolutions, les drames et les désillusions, l’agronome de la faim est resté intensément fidèle à l’horizon qu’il s’était fixé dès sa jeunesse : nourrir les hommes en se préoccupant d’abord des multitudes paysannes des pays du Sud, ces nouveaux damnés de la terre auxquels même la terre se dérobe. Dix ans après sa mort, au moment où le vieux monde s’effondre, on s’aperçoit que les lucidités de ce crapahuteur des savanes et des steppes éclairent crûment les principales tendances de l’époque. Les vérités de Dumont, tirées d’innombrables voyages d’étude sur les terrains de la planète, constituent autant de morceaux de bravoure qui sont devenus aujourd’hui les repères d’un nouveau monde qui peine à naître. Cet homme rétif à tous les dogmatismes, réformateur radical, moraliste intransigeant, accompagna les grandes causes de l’humanité – le socialisme, le pacifisme, le tiers – mondisme, le féminisme – jusqu’à devenir, lui le héraut du productivisme agricole, un pionnier flamboyant de l’écologie, dont il fut le premier à porter les couleurs lors de l’élection présidentielle de 1974. . Un homme à part, un homme libre.

La fameuse vidéo du verre d’eau :

Des vélos, pas des autos…

Si nous voulons vraiment que la circulation à vélo remplace petit à petit la quasi totalité des transports en voiture individuelle en ville, il faut beaucoup plus que des belles paroles pré-électorales.

J’ai trouvé deux articles et une pétition pour nous faire réfléchir.

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An Danemark, le développement du vélo est pris au sérieux, et les budgets publics suivent…et ça marche : http://www.reporterre.net/spip.php?article4472

Au Canada, à Montréal, réserver une voie de circulation aux vélos a permis de diviser par deux le nombre de voitures (de 4000 à 2000) et multiplier par quatre le nombre de vélos (passé à 4000 par jours): au total plus de monde emprunte le boulevard, avec moins de bouchons et de pollution.

http://carfree.free.fr/index.php/2014/02/04/comment-obtenir-un-million-de-cyclistes-supplementaires-avec-un-simple-coup-de-peinture/

La Coordination interministérielle pour le développement de l’usage du vélo (CIDUV) a conduit en 2013 une étude sur les modalités de la mise en œuvre d’une incitation financière à l’usage du vélo pour les déplacements domicile-travail.
Cette étude conclut sur les multiples avantages, sociaux, économiques et environnementaux, de la mise en place d’une indemnité kilométrique vélo dans le cadre des déplacements domicile-travail.

Maintenant agissons: une pétition est lancée pour demander l’instauration d’une indemnité kilométrique vélo de 0,25 euro par km dans le cadre des déplacements domicile-travail. http://www.reporterre.net/spip.php?article5389

Ce ne sont que quelques pistes de réflexions et des bribes de solutions.
La volonté publique manque encore, et pourtant, il n’y a pas d’autre voie….

Et pour finir, un beau livre à lire en ligne ou a acheter : Vélogistique: le vélo est l’avenir de l’humanité! http://www.blurb.fr/books/4952538-velogistique

Saison des soldes…

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Les soldes d’hiver ont commencé. Nos livres restent au même prix, Zéro pour cent sur tous les rayons !!!

Depuis l’introduction de la loi Lang en 1985, le prix du livre est fixe en France (un des derniers exemples de prix encadré dans un océan de libéralisme sauvage et de capitalisme débridé!)
Est ce que cela a sauvé les petites librairies?
Sujet souvent débattu, mais comme dans tous les cas de verre à moitié plein, on se demande s’il n’est pas à moitié vide.
« Could be worse! » disent les anglos-saxons (ça pourrait être pire), et c’est en effet pire aux Usa ou en Angleterre où l’absence de prix unique a quasiment tué toutes les librairies indépendantes. Mais le sort des petites librairies sera le sujet d’un autre post un autre jour, aujourd’hui, c’est les soldes…

Tout autour de nous, tout se vend en solde à moins 50% ou moins 80%.
Le consommateur semble content, mais en arrière fond, pendant qu’il paye à la caisse, il se dit « mais alors en temps normal, je me fait rouler et le commerçant se fait plein de fric sur mon dos ».
Et ce n’est pas une argumentation sur « le prix moyen annuel rapporté au prix d’achat moyen moins les pertes et les démarques inconnues » qui ne va l’éclairer.
La vraie question me semble un peu plus philosophique : doit on accorder une valeur au prix de vente, l’argent représente-t-il la valeur des choses ?
A travers cette débauches d’affiches gigantesques avec d’énormes -50% rouges partout dans nos villes, nos boites aux lettres, nos boites mail, nos radios, que dévalorise-t-on en premier?
La vraie valeur des biens, c’est d’un coté le travail des gens qui ont contribué à sa production, et de l’autre l’utilité personnelle ou sociale du bien lui même, associée à sa durabilité.
Alors -50%, ça pourrait signifier le mépris et l’exploitation des travailleurs d’un coté, et l’inutilité sociale et l’obsolescence du produit de l’autre coté?

Le prix de nos livres ne bouge pas: ils sont le juste prix qui rémunère (peu) l’auteur, l’éditeur, l’imprimeur, le libraire, et les livres sont utiles et durables, durables, durables, on peut les prêter, les relire, les échanger… (enfin, si ce ne sont pas des livres numériques! Autre vaste sujet)

Vive les livres et la lecture!

Noël aux balcons….

12  décembre 2013

L’ouverture de la librairie à Narbonne nous a pris à plein temps ces dernières semaines, mais même le pinceau à la main ou devant l’ordi à préparer les commandes des livres qui vont donner son sens au magasin, on entend Noël commercial vibrionner autour de nous.

En même temps l’hiver est arrivé, et le froid à rendu la vie des mal logés et des sans logis plus dure encore de semaine en semaine.
Dans les campagnes comme dans les quartiers délaissés de nos villes, et jusque dans les zones pavillonnaires jadis signe de prospérité et de rêve, des millions d’entre nous ne se chauffent plus ou presque plus.
Le vingtième siècle, la folle « croissance » des trente glorieuses, le triomphe du libéralisme total et de la mondialisation en ce début de XXIème siècle pour retrouver un pays comme la France avec plus de dix millions de pauvres ne pouvant se chauffer (voire sans logement)…

Pendant ce temps, à la marge, des milliers de personnes ayant pris en main leur vie, auto-construisant leur logis, yourte ou cabane, maison de rondins ou roulotte, se trouvent poursuivis par la justice ou la vindicte des voisins.

Une autre vie est possible, un autre chemin est à prendre.
En hiver il fait froid, mais plus personne ne devrait souffrir du froid sans pouvoir y remédier faute de moyens.
Cette remarque semble très banale. Mais quand est ce qu’on s’y met ?

 

PS : Le titre et l’illustration de ce petit post de blog sont une petiteANNONCE-EXPO3 « auto-promotion » à l’exposition des photos « Balcons de Narbonne » à la librairie jusqu’au 15 janvier et qui montre une richesse et une créativité qui passent souvent inaperçues.

Pour une sixième république…

5 mai 2013
6eme republique
Nul fétichisme des numéros. C’est une évidence politique, philosophique, humaine, écologique : la cinquième république est morte!

Il faut arrêter de la croire en vie, de maintenir l’illusion que nous vivons en démocratie vraie, que nous participons par nos votes à la définition d’une politique permettant de vivre ensemble sur une planète qui puisse nous nourrir et nous laisser respirer.
Des millions de citoyens en Europe savent que leurs élites ne cherchent pas une solution aux problèmes de l’humanité mais organisent la préservation des privilèges des riches… Pays « riches » contre pays « pauvres », possédants contre démunis, nord contre sud … et tout cela en se foutant bien de la préservation de la planète pour les prochaines générations.

Nous agissons chaque jours, dans nos propres choix de vie, dans nos associations, dans nos partis politiques aussi…
mais nous ne pouvons pas assez, nous devons reprendre le pouvoir!

Le 5 mai 1789, la réunion des Etats Généraux convoqués par Louis XVI, qui espérait garder la main et sauver sa tête, a lancé la Révolution française et l’assemblée constituante qui en est sortie grace à la pression des citoyens a changé la face du monde .

Le 5 mai 2013, n’espérons pas que le monarque installé à l’Elysée par le système présidentiel de la 5ème république saura entrer dans l’histoire en convoquant l’élection d’une assemblée constituante en France.
C’est, nous citoyens qui devons nous mettre au travail : assemblées citoyennes partout en France, au travail, maintenons la presion, faisons de l’éducation populaire citoyenne…
L’avenir de la planète est en jeu.

Nous ne sommes pas seuls, dans tous les pays d’Europe des citoyens s’organisent dans des formes nouvelles et parfois originales.
La révolution citoyenne est en marche.