Rétroviseur…

Après trois mois de crise du Covid, en ce jour de vote pour les municipales, je pense fort au monde d’après… en regardant dans mon rétroviseur !
Certes, je suis très présent au présent de cette élection surréaliste qui, de deuxième tour des municipales, se transforme en première élection du monde d’après…
et je rêve que partout en France l’occasion d’un signal fort à envoyer à ceux qui croient qu’on peut, voire qu’on doit, continuer comme avant soit saisie par les citoyens.


J’espère que les listes d’union entre écologistes, partis progressistes, associations et groupes citoyens…. créeront une surprise en faisant entrer les grandes villes françaises et de nombreuses villes moyennes dans l’ère d’un municipalisme démocratique à inventer ensemble…

À l’heure où j’écris, c’est un espoir, à l’heure où vous lirez ce texte ce sera devenu une réalité ou une grande déception !

Je regarde donc mon rétroviseur et je repart très loin, au jour de ma naissance!
Pas très original, pour moi c’est arrivé à cause d’un rangement de vieux cartons qui m’a fait retrouver un vieil album de photos réalisé par mon père à l’occasion de mes 1 an, en 1958…
Et ce retour en naissance m’a donné envie de présenter publiquement des remerciements tendres et d’en profiter pour questionner ma génération d’une phrase « qu’avons nous fait du monde ? »

Merci à ma mère et merci à mon père.

Non pas merci de m’avoir « conçu et réalisé », mais merci de m’avoir permis d’être ce que je suis devenu, de devenir ce que je rêvais d’être….

En 1957, tout jeunes dans une France encore en reconstruction, contre leurs familles, ils décidèrent de faire leurs études de cinéma à l’Idhec où leur rencontre (dont je ne sais rien) les projeta dans une vie commune riches d’aventures artistiques et humanistes…
Et aussi dans l’éducation de quatre enfants qu’ils emmenèrent participer aux grands manifestations en mai1968 (nous avions de 3 à 11 ans)… ils m’ont offert le goût de liberté, l’exigence d’égalité qui m’ont faconnés et qui se complèteront, après 1968, en une précoce prise de conscience écologiste que la candidature de René Dumont en 1973 à conforté en m’engageant à entrer à l’Institut National Agronomique..
Mais ce n’est pas de moi que je veux parler, mais d’eux et de ce que fut leur vie…
et aussi à travers eux ce que furent ces années fatidiques qui ont vu l’humanité se suicider sans réagir….

1952, Georges Brassens choque le bourgeois avec « Le gorille« . 1953, il chante « pauvre Martin » dans l’album Le Vent.
Mes parents m’ont prénommé « Martin » en écoutant Brassens, en hommage aussi, je crois, à l’esprit libertaire qu’il apportait alors. Et toute mon enfance fut rythmée par les sorties des disques de Georges Brassens qu’ils nous faisaient écouter.
Brassens, Ferré, Ferrat, les sons de nos enfances…
Jean-Luc Godard, François Truffaut, avec qui ma mère, leur monteuse, a partagé l’immense et libre créativité.
Et puis le cinéma américain des années 30 à 50 qui m’a éduqué aux passions humaines, en complément des apprentissages d’une école de la République encore debout….

Bien du temps a coulé sous les ponts de Paris et d’ailleurs, tous deux sont partis, et toujours la même question m’anime : qu’avons nous raté ?

Ce printemps, avec la pandémie de coronavirus et la mondialisation médiatique qui l’a suivie, nous venons de vivre un instant unique de l’histoire de l’humanité.
Non pas à cause de la pandémie elle-même, non pas seulement à cause des conséquences économiques ou politiques que la gestion de cette crise a aggravées, en partie seulement à cause des abandons des libertés démocratiques qui ont été acceptées…
Ce que nous vivons est un basculement complet, et pour que ce ne soit pas un effondrement total, il faudra que les jeunes générations puisent en elles une énergie nouvelle qu’ils croient morte : la soif de liberté, l’acceptation de la primauté de l’entraide, l’empathie pour la biosphère, la créativité nécessaire pour transformer notre société technologique vers la simplicité et la sobriété….
et tant d’autres qualités à redécouvrir que nous craignons perdues, dilapidées par 50 ans d’individualisme et de consumérisme décérébré.

Soixante ans sont passés, ce coup d’oeil dans le rétroviseur est terrible : que d’occasions ratées, que d’avertissements non écoutés, que d’expériences alternatives démolies…
Mais ce retour en enfance est profitable aussi.
Il m’apprend que je suis encore un peu optimiste et qu’il faut faire confiance aux générations nouvelles.
à vous de réparer le monde !!

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