jours VI et VII : face à Gaïa

Un jour de retard pour cet article de blog, suite à une panne d’ordinateur…
Confinés, nous nous pensons reliés au reste du monde par la magie d’Internet.
En lien avec les nouvelles du monde entier, en lien avec nos amis virtuels ou réels des réseaux sociaux….
Mais ce lien est fragile, inégal et ….virtuel.
Fragile, car il dépend d’un réseau et de matériels qu’il faut maintenir, qui demandent une alimentation électrique, des pièces détachées…
Inégal, ce lien n’est pas universel : de nombreux confinés en France n’ont pas accès au réseau, soit faute de matériel soit par manque de connaissances partagées pour y accéder.
Virtuel: ce confinement nous démontre qu’il ne remplace pas les relations humaines du réel. Après une semaine de semi confinement, nous ressentons à quel point les échanges du quotidien nous sont indispensables.
Je fais le pari qu’une fois la pandémie surmontée (si elle l’est), l’addiction au portable et à internet va décroitre, et pour longtemps…..

Les livres du jour (choisis pour hier!) n’ont rien à voir avec internet. Je les propose à la réflexion de tous. Lisez-les si vous pouvez, conservez leur description dans un coin de vos pensées : la philosophie de la nature est primordiale pour penser le futur de l’après…

Face à Gaïa
Bruno Latour
éditions La découverte 23 euros

Présentation de l’éditeur
À cause des effets imprévus de l’histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l’arrière-plan de notre décor séculaire et monte sur scène, au premier plan. L’air, les océans, les glaciers, le climat, les sols : tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Gaïa est le nom du retour sur Terre de tout ce que nous avions envoyé off shore. Nous sommes ces Terriens, qui se définissent politiquement comme ceux qui se préparent à regarder Gaïa de face.
James Lovelock n’a pas eu de chance avec l’hypothèse Gaïa. En nommant par ce vieux mythe grec le système fragile et complexe par lequel les phénomènes vivants modifient la Terre, on a cru qu’il parlait d’un organisme unique, d’un thermostat géant, voire d’une Providence divine. Rien n’était plus éloigné de sa tentative. Gaïa n’est pas le Globe, n’est pas la Terre-Mère, n’est pas une déesse païenne, mais elle n’est pas non plus la Nature, telle qu’on l’imagine depuis le XVIIe siècle, cette Nature qui sert de pendant à la subjectivité humaine. La Nature constituait l’arrière-plan de nos actions.
Or, à cause des effets imprévus de l’histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l’arrière-plan et monte sur scène. L’air, les océans, les glaciers, le climat, les sols, tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Nous sommes entrés dans la géohistoire. C’est l’époque de l’Anthropocène. Avec le risque d’une guerre de tous contre tous.
L’ancienne Nature disparaît et laisse la place à un être dont il est difficile de prévoir les manifestations. Cet être, loin d’être stable et rassurant, semble constitué d’un ensemble de boucles de rétroactions en perpétuel bouleversement. Gaïa est le nom qui lui convient le mieux.
En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une économie et même une théologie.

Biographie de l’auteur
Bruno Latour, philosophe et sociologue des sciences, professeur émérite associé au médialab de Sciences-Po Paris.

Le Souci de la nature. Apprendre, inventer, gouverner
de Cynthia Fleury, Anne-caroline Prevot
CNRS éditions 25 euros

Présentation de l’éditeur
La nature nous relie les uns aux autres et à l’ensemble du vivant.
Mais quelles expériences avons-nous aujourd’hui de la nature ?
Celles-ci, ou leur absence, façonnent-elles nos façons de vivre et de penser, d’agir et de gouverner ? Existe-t-il une valeur ajoutée de l’expérience de nature pour l’éthique et la politique ? Il est urgent de préserver un  » souci de la nature  » qui soit au cœur des institutions, des politiques publiques, de nos dynamiques de transmission et d’apprentissage.
Cet ouvrage, s’affranchissant des frontières disciplinaires, interroge, de l’enfance à l’âge vieillissant, de l’individu aux différents collectifs qui organisent nos vies, la spécificité des expériences de nature, et de leur éventuelle extinction, l’hypothèse de l’amnésie environnementale, ou à l’inverse les nouveaux modes de partage et de reconnexion avec la nature, et leur continuum avec notre humanisme.
Une invitation à inventer un mode de partage.

Biographie de l’auteur
Cynthia Fleury est professeur à l’American University of Paris, chercheur associé au CESCO (MNHN-CNRS-UPMC). Citons parmi ses nombreux ouvrages, Les irremplaçables. Elle est membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et dirige la Chaire de Philosophie à l’Hôpital Hôtel-Dieu de Paris.

Anne-Caroline Prévot est directrice de recherches au CNRS, chercheure au Muséum national d’histoire naturelle et vice-présidente du comité MAB-France (UNESCO). Écologue de formation, elle travaille à l’interface entre biologie et psychologie de la conservation pour comprendre les relations des humains à la nature et inventer de nouveaux futurs.

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