Confinement, jour II

Comme tant de monde en ce moment, en Europe et tout autour de la planète, ça bouillonne dans ma pauvre tête d’humain…
Face à, d’un côté un minuscule virus, et de l’autre une humanité mondialisée dans laquelle l’information circule à la vitesse de la fibre optique, je suis paralysé et hyper conscient en même temps…
Il me faudra sûrement quelques jours pour pouvoir écrire quelque chose de personnel…
Je me contente donc de choisir trois livres dans la librairie à vous proposer, avec comme bande son La passion selon Saint Matthieu de JS BACH et le Requiem de VERDI…

L’Apocalypse joyeuse. Une histoire du risque technologique
de Fressoz Jean-Baptiste
Broché : 313 pages
Editeur : Le Seuil
23 euros

Présentation de l’éditeur
Sommes-nous les premiers à distinguer dans les lumières éblouissantes du progrès technique, l’ombre de ses dangers ? En occultant la réflexivité environnementale des sociétés passées, ce schéma simpliste dépolitise l’histoire longue de la destruction des environnements et nous empêche de comprendre les ressorts de la crise contemporaine. Pour éviter cette amnésie, une histoire politique du risque technologique et de sa régulation sur la longue durée était nécessaire.
L’Apocalypse joyeuse expose l’entrée de la France et de la Grande-Bretagne dans la modernité industrielle (fin XVIIIe-XIXe siècle) : celle des vaccins, des machines, des usines chimiques et des locomotives. Elle nous plonge au cœur des controverses vives qui surgirent autour des risques et des nuisances de ces innovations, et montre comment les critiques et les contestations furent réduites ou surmontées pour qu’advienne la société industrielle.
L’histoire du risque ici racontée n’est pas celle d’une prise de conscience, mais celle de la construction d’une certaine inconscience modernisatrice.
Biographie de l’auteur
Jean-Baptiste Fressoz est historien des sciences, des techniques et de l’environnement. Il enseigne à l’Imperial College London.

Les besoins artificiels
de Razmig KEUCHEYAN
Broché : 208 pages
Editeur : Zones
18 euros

Présentation de l’éditeur
Le capitalisme engendrant des besoins artificiels toujours nouveaux, mettre un terme à la voracité consumériste implique de définir et de s’appuyer sur des besoins  » authentiques  » et reconnus de tous. Le nouveau livre de Razmig Keucheyan suit cette ligne critique en recherche d’une véritable politique de l’émancipation.
Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s’acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d’à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l’épuisement des ressources naturelles et les pollutions.
À l’âge d’Amazon, le consumérisme atteint son  » stade suprême « . Ce livre soulève une question simple : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s’appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumineuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins  » authentiques  » collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le cœur d’une politique de l’émancipation au XXIe siècle.
Chemin faisant, le livre évoque la théorie des besoins de Karl Marx, André Gorz et Agnes Heller. Pour ces auteurs, les besoins  » authentiques  » ont un potentiel révolutionnaire. Comme disait Marx,  » une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux « .
Biographie de l’auteur
Razmig Keucheyan est docteur en sociologie et professeur de sociologie à l’université de Bordeaux.

Bullshit Jobs
de David Graeber
Broché : 416 pages
Editeur : Les Liens qui libèrent
Prix : 25 euros

Présentation de l’éditeur
Alors que le progrès technologique a toujours été vu comme l’horizon d’une libération du travail, notre société moderne repose en grande partie sur l’aliénation de la majorité des employés de bureau. Beaucoup sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles, sans réel intérêt et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.
C’est de ce paradoxe qu’est né et s’est répandu, sous la plume de David Graeber, le concept de « bullshit jobs » – ou « jobs à la con », comme on les appelle en français.
Dans son style unique, virulent et limpide, l’auteur procède ici à un examen poussé de ce phénomène. Il soutient que, lorsque 1 % de la population contrôle la majeure partie des richesses d’une société, ce sont eux qui définissent les tâches « utiles » et « importantes ». Mais que penser d’une société qui, d’une part, méprise et sous-paie ses infirmières, chauffeurs de bus, jardiniers ou musiciens ¿ autant de professions authentiquement créatrices de valeur ¿ et, d’autre part, entretient toute une classe d’avocats d’affaires, d’actuaires, de managers intermédiaires et autres gratte-papier surpayés pour accomplir des tâches inutiles, voire nuisibles ? Graeber s’appuie sur les réflexions de grands penseurs, philosophes et scientifiques pour déterminer l’origine de cette anomalie, tant économique que sociale, et en détailler les conséquences individuelles et politiques : la dépression, l’anxiété et les relations de travail sadomasochistes se répandent ; l’effondrement de l’estime de soi s’apparente à « une cicatrice qui balafre notre âme collective ».
Sa démonstration est émaillée de témoignages éclairants envoyés par des salariés de tous pays, récits tour à tour déchirants, consternants ou hilarants. Il y a le consultant en informatique qui ne possède aucune des qualifications requises pour le poste, mais qui reçoit promotion sur promotion, bien qu’il fasse des pieds et des mains pour se faire virer ; le salarié supervisé par vingt-cinq managers intermédiaires dont pas un seul ne répond à ses requêtes ; le sous-sous-sous-contractant de l’armée allemande qui parcourt chaque semaine 500 kilomètres en voiture pour aller signer un papier qui autorisera un soldat à déplacer son ordinateur dans la pièce d’à côté…
Graeber en appelle finalement à une révolte du salarié moderne ainsi qu’à une vaste réorganisation des valeurs qui placerait le travail créatif et aidant au cœur de notre culture et ferait de la technologie un outil de libération plutôt que d’asservissement, assouvissant enfin notre soif de sens et d’épanouissement.
Biographie de l’auteur
David Graeber est docteur en anthropologie, économiste et professeur à la London School of Economics. C’est un des intellectuels les plus en vue du moment et les plus ancrés dans les redites socio-économiques. Il est notamment l’auteur de Dette : 5000 ans d’histoire aux éditions LLL.

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