Des livres pour le confinement…

Ce lundi 16 mars commence une série d’articles de blog que j’espère publier chaque jour pour la durée du confinement anti-coronavirus, période de fermeture imposée de la librairie…
Ce premier article présente quatre gros livres récemment parus que j’estime judicieux à lire en ce moment, présentant un excellent rapport interêt/prix.
Judicieux car, sans être directement reliés à la question de la crise sanitaire mondiale en cours, ils aident à en penser les causes et les conséquences.
La librairie est fermée pour un mois au moins, et sans chiffre d’affaire elle est, comme tant d’autres commerces, menacée de faillite. Si vous souhaitez m’aider, retenez par mail l’un de ces livres et venez le chercher sur rendez-vous, car le retrait des commandes reste autorisé par le décret gouvernemental.
Bien sûr, cette possibilité de retrait de commande est valable pour tous les livres en stock à la librairie. Je vous en présenterai d’autres dans les prochains jours !
Merci d’avance pour votre soutien
Martin Guillemot

mail de la librairie : contact@landemain.com
telephone de la librairie (réponse intermittente, laisser un message) : 04 48 08 92 77

Abondance et liberté, une histoire environnementale des idées politiques
Pierre Charbonnier
Broché : 464 pages
Editeur : La Découverte (2 janvier 2020)
24 euros

Présentation de l’éditeur
Sous la forme d’une magistrale enquête philosophique et historique, ce livre propose une histoire inédite : une histoire environnementale des idées politiques modernes. Il n’ambitionne donc pas de chercher dans ces dernières les germes de la pensée écologique (comme d’autres l’ont fait), mais bien de montrer comment toutes, qu’elles se revendiquent ou non de l’idéal écologiste, sont informées par une certaine conception du rapport à la terre et à l’environnement.
Il se trouve que les principales catégories politiques de la modernité se sont fondées sur l’idée d’une amélioration de la nature, d’une victoire décisive sur ses avarices et d’une illimitation de l’accès aux ressources terrestres. Ainsi la société politique d’individus libres, égaux et prospères voulue par les Modernes s’est-elle pensée, notamment avec l’essor de l’industrie assimilé au progrès, comme affranchie vis-à-vis des pesanteurs du monde.
Or ce pacte entre démocratie et croissance est aujourd’hui remis en question par le changement climatique et le bouleversement des équilibres écologiques. Il nous revient donc de donner un nouvel horizon à l’idéal d’émancipation politique, étant entendu que celui-ci ne peut plus reposer sur les promesses d’extension infinie du capitalisme industriel.
Pour y parvenir, l’écologie doit hériter du socialisme du XIXe siècle la capacité qu’il a eue de réagir au grand choc géo-écologique de l’industrialisation. Mais elle doit redéployer l’impératif de protection de la société dans une nouvelle direction, qui prenne acte de la solidarité des groupes sociaux avec leurs milieux dans un monde transformé par le changement climatique.

Biographie de l’auteur
Pierre Charbonnier, philosophe, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé et docteur en philosophie, est actuellement chargé de recherches au CNRS. Il est l’auteur de La Fin d’un grand partage (CNRS, 2015), d’un livre d’entretiens avec Philippe Descola, La Composition des mondes (Flammarion, 2014) et d’ Abondance et liberté (La Découverte, 2019).

Manuel indocile de sciences sociales, pour des savoirs résistants
Ouvrage collectif coordonné par la Fondation Copernic
Broché : 1056 pages
Editeur : La Découverte (5 septembre 2019)
Prix : 25 euros
Présentation de l’éditeur
Les évidences et les  » fatalités  » constitutives de l’ordre du monde peuvent-elles être critiquées ? Tout l’empêche ! Pourtant, elles doivent l’être. Toutes. C’est l’objet de ce  » livre-somme « .
Ce livre alimente en indocilités, ravitaille en savoirs résistants. Sans jargon, ni dogme, ni abstraction, il fournit mille arguments contre les fausses évidences, partout répétées, qui célèbrent le marché libéré (soi-disant efficace pour tous et la planète), la mondialisation telle qu’elle est (soi-disant heureuse), les chefs de toutes sortes, le mérite scolaire, la  » bonne santé  » des démocraties (trop faiblement démocratiques)…
Ce livre lève les silences ou les censures sur les mécanismes qui produisent, reproduisent les discriminations, les pollutions, l’exploitation au travail, la transmission des capitaux, le mépris des mondes populaires, les  » racisations « , l’hétéronormalité, les souffrances animales, les nourritures qui tuent, la marchandisation, la ruine organisée des services publics, des protections sociales, et le  » chacun seul  » qui s’ensuit…
Ce manuel indocile fourmille d’exemples issus des sciences sociales – l’histoire, l’économie, l’ethnologie, la sociologie, les sciences politiques, etc. Et montre comment l’ordre du monde que l’histoire a produit, notre histoire peut le défaire. Plus de 100 contributeurs : des sociologues, des économistes, des politistes, des historiens, des professeurs de lycée, des acteurs du mouvement social. Et plus de 100 sujets abordés, qui questionnent les  » vérités  » toutes faites, en montrant qui les produit, comment et pourquoi.

Biographie de l’auteur
La Fondation Copernic rassemble des acteurs du mouvement social, des syndicalistes, chercheurs, féministes, militants associatifs et responsables politiques.

L’écologie sociale : Penser la liberté au-delà de l’humain
Murray Bookchin
Broché : 340 pages
Editeur : Wildproject Editions;
Prix : 22 euros

Présentation de l’éditeur
Tout un versant des travaux de Murray Bookchin s’est attaché à théoriser les différents aspects d’une organisation politique communaliste – une démocratie directe locale et confédérée –, qu’il appelle dès 1972 le « municipalisme libertaire ». Aux origines de ce projet politique, pour lequel il est reconnu, on trouve de nombreux textes relatifs à l’écologie et à la philosophie environnementale, qui font l’objet de ce recueil. Ces testes, principalement issus d’Ecology of freedom (1982) et de The Philosophy of social ecology (1990), ont cherché à établir une critique des relations des sociétés humaines avec leur environnement. Ce projet implique une archéologie de la domination, l’élaboration d’une philosophie de la nature, l’exploration des conditions et des formes de la liberté, des réflexions sur une technologie au service de la vie, une décolonisation des imaginaires, etc. Cette anthologie permet de revisiter ce vaste travail de rapprochement entre conceptions écologistes et émancipation collective ― le tout porté par une intuition d’une inaltérable sagacité : celle qu’aucun des problèmes écologiques que nous affrontons aujourd’hui ne pourra être véritablement résolu sans un changement social profond.

Biographie de l’auteur
Murray Bookchin (1921-2006), l’un des principaux penseurs éco-anarchistes du siècle dernier aux États-Unis, connaît depuis sa mort une reconnaissance grandissante. Cette reconnaissance s’explique en partie par l’inspiration qu’il a donnée aux mouvements autonomistes kurdes dans leur reconfiguration confédéraliste opérée depuis une dizaine d’années. Mais elle s’explique aussi par la pertinence actuelle des réflexions qui auront animé sa vie : bâtir une écologie politique radicale (« l’écologie sociale ») qui mette fin aux systèmes de dominations inhérents au capitalisme et fasse renouer les communautés humaines avec une éthique harmonieuse de la terre. L’œuvre de Murray Bookchin, qui s’étale sur plus de quarante ans, traverse le 20e siècle en offrant un regard sans concession sur le rôle destructeur des Etats-nations, et en ouvrant des alternatives radicales.

Permaculture : Principes et pistes d’action pour un mode de vie soutenable
David Holmgren
Poche : 648 pages
Editeur : HARMONIA MUNDI (11 octobre 2017)
Collection : L’écopoche
Prix : 12,50 euros

Présentation de l’éditeur
Comment vivre dans le respect des limites et des ressources de la nature ? Alors que la production mondiale de pétrole a atteint son maximum et que c’en est désormais fini des énergies fossiles bon marché, la permaculture constitue une réponse pragmatique aux enjeux de notre époque. Elle utilise la pensée systémique pour « élaborer en toute conscience des paysages qui imitent les schémas et les relations observés dans la nature et fournissent en abondance nourriture, fibres et énergie afin de subvenir aux besoins locaux ». En quatre décennies, la permaculture est devenue un mouvement international, apportant une contribution pratique au débat sur la soutenabilité.Dans Permaculture, désormais le livre de référence sur le sujet, David Holmgren théorise et illustre concrètement 12 principes sur lesquels s’appuyer pour concevoir un mode de vie soutenable et s’adapter à la « descente énergétique » qui suivra le pic pétrolier. Chaque principe fait l’objet d’un chapitre à part entière.

Biographie de l’auteur
Né en 1955 à Fremantle, en Australie-Occidentale, David Holmgren est le co-fondateur du concept de permaculture avec son compatriote Bill Mollison. Consultant international et formateur, il a créé et développé des fermes permaculturelles dans son pays d’origine. Il applique la permaculture dans sa vie quotidienne, comme alternative concrète à la société de consommation.

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