« Nature morte »: 50 ans…

En 1965 paraissait « Avant que nature meure » de Jean Dorst, professeur au Muséum d’histoire naturelle. Ce fut le premier ouvrage en français mettant en avant le risque mortel que la disparition de la biodiversité crée pour l’avenir de l’humanité.
Ce fut un peu le pendant francophone du « Printemps Silencieux », livre de la biologiste Rachel Carlson publié aux Etats-unis en 1963, qui est reconnu pour avoir contribué à l’émergence du mouvement écologiste.

Si le livre de Jean Dorst eut une influence limitée dans le grand public francophone, il fut à l’origine du scénario que Claude Guillemot, jeune cinéaste de 30 ans à l’époque, proposa à divers partenaires sous le titre de « Nature Morte ».

Les laboratoires pharmaceutiques Sandoz participèrent ainsi au financement d’un court métrage de 30 minutes, sous la supervision scientifique de Roger Heim, le directeur du Muséum d’histoire naturelle.

Ayant des moyens limités, Claude Guillemot décida de tourner en 35mm couleurs, en France et en Centrafrique, avec une équipe réduite, pariant sur la force des images, du montage et de la bande sonore.

Le film eut un succès d’estime, reçut un grand prix à un festival de cinéma, puis… tomba dans l’oubli, et disparut complètement …
50 ans plus tard une copie est retrouvée dans un service archives de Sandoz et il est numérisé.
La copie est défraichie,  rayée et décolorée.
Mais la force de l’oeuvre est intacte et puissante.

Depuis le combat écologique a pris l’ampleur que l’on connaît. Le cinéma a réalisé, avec des grand moyens, des films grand public ambitieux pour alerter sur le sujet (Yann Arthus Bertrand, Nicolas Hulot, Al Gore etc.…).
Mais « Nature morte », l’ancêtre de tous, conserve sa jeunesse, sa sincérité et son efficacité.

Mais depuis, surtout, la crise écologique a atteint un stade inégalé, inimaginable en 1967. L’espèce humaine s’est suicidée collectivement par son aveuglement : il y a 50 ans il était encore temps de redresser le cours des choses, on savait que c’était une nécessité, et on a continué les destructions, les pillages et les pollutions.

La force des images du film « Nature Morte », que nous avons projeté en exclusivité à la librairie L’An Demain la semaine d’avant Noël, nous met face à notre responsabilité ultime : agissons très vite ou mourrons !

 

Post scriptum:

C’est pendant le tournage de « Nature Morte » qu’a eu lieu la première très grande marée noire de l’histoire : le naufrage du Torrey canyon le 18 mars 1967.
120000 tonnes de brut se sont déversées en mer et ont pollué les côtes bretonnes et détruit la vie marine. Des dizaines de milliers d’oiseaux marine en sont morts.

Les images diffusées sur les télévisions ont provoqué une prise de conscience du public, mais les marées noires se sont succédées depuis lors, et la situation s’est aggravée avec les gaz et pétroles de schistes : l’homme continue de payer sa dépendance au pétrole par la destruction de la planète et par le réchauffement climatique.

Le pas de côté de L’An Demain

L’AN DEMAIN
livres – expositions – éditions – rencontres

Comme annoncé précédemment, la librairie l’An Demain a effectué son « pas de côté ».

-géographique, d’abord : en se déplaçant de quelques mètres pour retrouver le local où elle a débuté à Narbonne voici cinq ans, qu’elle a ensuite partagé avec la galerie AMJ, local qui a hébergé la galerie ces trois dernières années.

-constitutif ensuite : dans ce nouveau lieu, plus grand et plus convivial, l’espace a été réfléchi pour vous offrir

1- les livres, dans les thèmes chers à l’an demain, présentés et mis en valeur dans deux espaces sur deux niveaux

2- des espaces de consultation et de lecture agréables, qui pourront aussi accueillir des rencontres, des débats, des conférences….

3-des murs et des éclairages adaptés pour recevoir des expositions d’art, organisées parfois par l’An Demain (réminiscences des expositions heureuses de l’aventure des cinq années de la galerie AMJ) et plus souvent proposés en location pour une semaine, quinze jours ou un mois à des artistes ou collectifs.

Cette nouvelle aventure résulte de la difficulté que nous rencontrons à céder nos locaux commerciaux, et nous tentons de transformer cet écueil en une belle nouvelle proposition pour tous les amis de la librairie l’an demain et de la galerie AMJ et en direction de tous ceux que nous n’avons pas encore rencontrés…

Pour remercier tous nos soutiens, nous vous invitons à participer à une petite soirée inaugurale autour d’un verre vendredi 7 décembre de 18 heures à 20 heures.

Nous serons ouvert en décembre du mardi au dimanche de 9h30 à 19h.
Au plaisir de vous faire découvrir des œuvres d’artistes que nous avons appréciés ces dernières années…

Martin Guillemot