Deux livres…

Tant de livres passionnants, récents ou parfois plus anciens, rejoignent les étagères de la librairie, que parfois on est pris de vertige :
« tant d’intelligence pour si peu de lecteurs! »
Alors parfois j’en choisis un ou deux pour prendre la lumière du blog et de Facebook, car ceux qui prennent la lumière des illuminations de noël dans la vitrine n’attirent  guère les yeux de passants tout attirés par les mirages colorés déployés par la publicité et les illusions des centres commerciaux…

Un petit zoom sur les microbes pour commencer : le livre « Jamais seul » de Marc-André Selosse paru chez Actes Sud est sous titré « ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations »…
350 pages à la mise en page dense et au contenu plus dense encore : un concentré d’érudition, des découvertes formidables pour ceux qui connaissent un peu la biologie, et un émerveillement total pour ceux qui l’ont oubliée….

Présentation de l’éditeur: 
Au fil d’un récit foisonnant d’exemples et plein d’esprit, Marc-André Selosse nous conte une véritable révolution scientifique. Les microbes jouent un rôle en tout point essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d’interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc… jamais seuls. Détaillant d’abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes, Marc-André Selosse explore les propriétés nouvelles qui en émergent et modifient le fonctionnement de chaque partenaire. Il décrypte ensuite les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu’ils soient terrestres ou sous-marins. Il décrit nos propres compagnons microbiens, le microbiote humain, et leurs contributions, omniprésentes et parfois inattendues. Enfin, il démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l’évolution de la vie, du climat, et des pratiques culturelles et alimentaires qui ont forgé les civilisations. Destiné à tous les publics, cet ouvrage constitue une mine d’informations pour les naturalistes, les enseignants, les médecins et pharmaciens, les agriculteurs, les amis des animaux et, plus généralement, tous les curieux du vivant. A l’issue de ce périple dans le monde microbien, le lecteur, émerveillé, ne pourra plus porter le même regard sur notre monde.

Jamais seul  de Marc-André Pelosse, éditions Actes Sud , 350 pages,  24,50 euros

 

Avec « La société autophage, capitalisme, démesure et autodestruction »,  publié aux éditions La Découverte, Anselm Jappe plonge lui dans les pensées et pulsions des humains.
Il y trouve l’annonce d’une mutation anthropologique conduisant a une destruction de nos sociétés, dont la compréhension est pour lui absolument indispensable pour espérer retrouver les chemins l’émancipation sociale.
Un livre savant et passionnant, un livre nécessaire…

Présentation de l’éditeur :
Dans La Société autophage, Anselm Jappe s’intéresse au sujet narcissique-fétichiste, qu’il identifie comme la subjectivité propre au capitalisme de crise. La  » critique de la valeur  » élargit ici son discours à la sphère des structures psychiques, à la recherche du sujet même de la fétichisation de la marchandise. Ce livre s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la  » pulsion de mort  » de la société actuelle et qui pensent qu’elle est le résultat d’une véritable crise de civilisation.
Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la  » critique de la valeur  » – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait et l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le  » sujet  » est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la  » pulsion de mort du capitalisme  » : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres  » gratuits  » qui précipite le monde des hommes vers sa chute.
Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable  » mutation anthropologique  » ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

« La société autophage, capitalisme, démesure et autodestruction » de Anselm Jappe aux éditions La découverte, 250 pages, 22 euros

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