Le 15 mars 1944, il y a 70 ans ……

cnrIl y a 70 ans, le 15 Mars 1944, le conseil national de la résistance adoptait dans la clandestinité, son programme, qui allait après la libération devenir la base des grandes réformes sociales de 1945/1946…

Il y a deux ans, le 6 mai 2012, François Hollande devenait président de la République, et nous savons maintenant qu’il continue depuis le travail de destruction et de dénigrement des idéaux du Conseil National de la Résistance à la suite des coups brutaux portés par Nicolas Sarkozy les 5 années précédentes.

Le livre « Les jours heureux » paru aux éditions de la Découverte en 2010 est toujours d’actualité, je vous le conseille….

Allez voir le film de Gilles Perret « Les jours heureux » s’il passe près de chez vous.

L’éducation populaire est la condition d’un changement, 70 ans c’était hier, mais il nous faut maintenir la flamme vivante !

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Quelques extraits du programme :

Afin de promouvoir les réformes indispensables :

A Sur le plan économique :

  • l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
  • une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
  • l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
  • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
  • le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
  • le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

B Sur le plan social :

  • le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
  • un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
  • la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;
  • la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
  • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
  • la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
  • l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
  • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
  • le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

C Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

D La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée,quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

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René Dumont, une vie saisie par l’écologie

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……Ce sont ces problèmes que le mouvement écologique veut soumettre aux Français. Pour les résoudre, il faudra réinventer toute une civilisation. Car nos conditions de vie et de travail continuent à se détériorer, et les inégali­tés sociales s’accentuent. De multiples conflits traduisent cette situation de crise. Elle ne peut que s’aggraver.
C’est un seul et même système qui organise l’exploita­tion des travailleurs et la dégradation des conditions de vie et qui met en péril la Terre entière. La croissance aveugle prônée par les partis ne tient compte ni du bien-être, ni de l’environnement. Dans ce système, le coût de la pollution, puis de la dépollution sont additionnés pour gonfler le chiffre de la production alors qu’en réalité le bilan est nul, voire négatif. Les produits conçus pour se détériorer aussitôt après l’achat, les ordures qui s’accu­mulent, les fabrications d’armes, le recours à des tech­niques toujours plus lourdes et plus dangereuses : notre société s’emballe sans autre objet que de se reproduire….

….Au nom de ce projet, les gouvernements invoquent la mystique du progrès. Soyons clairs : un progrès dont la rançon est si lourde, pour notre santé, pour nos enfants, pour les travailleurs, n’est pas le progrès. La croissance n’a pas supprimé les inégalités en France : elle les a accentuées.
Au contraire, une minorité de privilégiés bénéficie de la croissance et se réserve soigneusement un cadre de vie agréable. Toutes les décisions sont concentrées entre ses mains. La centralisation s’étend à tous les domaines et transforme les citoyens, privés d’information, en robots de la production et de la consommation. Dans ce sys­tème, les femmes n’ont pas le droit à la parole ni même à la liberté de disposer de leurs corps en matière de contraception et d’avortement.
Dans ce système, un Breton n’a pas le droit d’être breton. Les cultures régionales sont niées, l’uniformité est la règle.

Notre « expansion » a été pour une bonne part réalisée grâce au pillage du tiers-monde, du fait du sous-paiement des matières premières, y compris le pétrole jusqu’en 1971. Ce pillage a permis notre invraisemblable gas­pillage de toutes ces denrées. La contrepartie en est la famine qui s’étend de plus en plus, du Sahel à l’Ethiopie, dans les Andes, au Bangladesh et en Inde. La famine est due à la démolition des structures traditionnelles, des habitudes séculaires, des réserves de grains, et à une expansion inconsidérée des cultures d’exportation. Elle est due aussi aux dépenses abusives des élites qui veulent vivre à l’occidentale aux dépens de l’équipement agricole et industriel de leur pays………

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Ceci est un petit extrait d’un tract distribué en 1974 pendant la première campagne présidentielle d’un candidat écologiste René Dumont.
René Dumont recueillit 1,32% des suffrages.

Quarante ans ont passés… avons nous avancé ?

Le livre de Jean-Paul Besset « René Dumont, une vie saisie par l’écologie » a été réédité en 2013 par les éditions Les petits matins.

Un livre à lire. Une vie à méditer.
Et j’espère des envies d’actions !

Présentation de l’éditeur :

 » Je suis un honnête homme du XVIIIe siècle égaré au XXe siècle « , disait René Dumont de lui-même. Témoin et acteur d’un siècle dont il a partagé de bout en bout les révolutions, les drames et les désillusions, l’agronome de la faim est resté intensément fidèle à l’horizon qu’il s’était fixé dès sa jeunesse : nourrir les hommes en se préoccupant d’abord des multitudes paysannes des pays du Sud, ces nouveaux damnés de la terre auxquels même la terre se dérobe. Dix ans après sa mort, au moment où le vieux monde s’effondre, on s’aperçoit que les lucidités de ce crapahuteur des savanes et des steppes éclairent crûment les principales tendances de l’époque. Les vérités de Dumont, tirées d’innombrables voyages d’étude sur les terrains de la planète, constituent autant de morceaux de bravoure qui sont devenus aujourd’hui les repères d’un nouveau monde qui peine à naître. Cet homme rétif à tous les dogmatismes, réformateur radical, moraliste intransigeant, accompagna les grandes causes de l’humanité – le socialisme, le pacifisme, le tiers – mondisme, le féminisme – jusqu’à devenir, lui le héraut du productivisme agricole, un pionnier flamboyant de l’écologie, dont il fut le premier à porter les couleurs lors de l’élection présidentielle de 1974. . Un homme à part, un homme libre.

La fameuse vidéo du verre d’eau :