Le monde d’après …

Tiens,on se réveille en 2014 et le chômage n’a pas baissé…
« C’est la faute à la crise, c’est dû à l’absence de croissance, ça ira mieux quand les charges des entreprises baisseront, il faut libéraliser l’économie, baisser les impôts… »
Que n’entend-on pas comme commentaires désolants de conformisme, de tous horizons?
Proposer le retour de la croissance « comme avant » comme solution, c’est un peu comme se taper sur la tête avec un marteau quand on a la migraine!
Notre librairie est remplie de livres qui pour beaucoup ouvrent d’autres perspectives, qui analysent et dénoncent les dégâts écologiques et humains du « progrès » pour d’autres.

9782707175472« Une autre Histoire des trente Glorieuse » est un livre très original et extrêmement utile que je recommande vivement à tous les « commentateurs » précités.
Ce retour en arrière critique et documenté analyse les trente glorieuses dans les faits et aussi dans la tête des acteurs. Car si la foi dans la croissance avait quelques raisons d’être au sortir de la guerre (encore que les conséquences prévisibles avaient été analysées depuis longtemps par de nombreux écrivains et philosophes depuis le XVIIIème siècle), la poursuite de la folie et son accélération dans les années 70 et 80 n’a pu se faire qu ‘en écrasant les oppositions par la force souvent, par la corruption des esprits toujours.
Et comprendre cette époque récente est une aide précieuse pour se libérer des réactions pavloviennes qu’on nous impose face à la situation de ce début de siècle.

Présentation de l’éditeur

Comme était doux le temps des « Trente Glorieuses » ! La démocratisation de la voiture et de la viande ! L’électroménager libérant la femme ! La mécanisation agricole éradiquant la famine ! La Troisième Guerre mondiale évitée et la grandeur nationale restaurée grâce à la dissuasion nucléaire ! Etc. Telle est aujourd’hui la vision dominante de cette période d’« expansion », objet d’une profonde nostalgie passéiste… au risque de l’aveuglement sur les racines de la crise contemporaine.
À rebours d’une histoire consensuelle de la modernisation, cet ouvrage dévoile l’autre face, noire, du rouleau compresseur de la « modernité » et du « progrès », qui tout à la fois créa et rendit invisibles ses victimes : les irradié.e.s des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie, les ouvrier.ère.s de l’amiante ou des mines d’uranium contaminé.e.s, les rivières irrémédiablement polluées, les cerveaux colonisés par les mots d’ordre de la « croissance » et de la publicité…
Les conséquences sociales et environnementales des prétendues « Trente Glorieuses », de leur mythologie savamment construite par les « modernisateurs » eux-mêmes, de leurs choix technico-économiques et de leurs modes de vie, se révèlent aujourd’hui très lourdes. Il nous faut donc réévaluer la période et faire resurgir la voix des vaincu.e.s et des critiques du « progrès » (de l’atome, des pollutions, du productivisme et du consumérisme) antérieures à 1968. L’enjeu est non seulement de démonter les stratégies qui permirent alors de les contourner, mais aussi de les réinscrire dans les combats politiques et écologiques contemporains.

Une autre histoire des « Trente Glorieuses »
Modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après-guerre

Céline Pessis, Sezin Topçu, Christophe Bonneuil

Editions La Découverte

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Saison des soldes…

zero

Les soldes d’hiver ont commencé. Nos livres restent au même prix, Zéro pour cent sur tous les rayons !!!

Depuis l’introduction de la loi Lang en 1985, le prix du livre est fixe en France (un des derniers exemples de prix encadré dans un océan de libéralisme sauvage et de capitalisme débridé!)
Est ce que cela a sauvé les petites librairies?
Sujet souvent débattu, mais comme dans tous les cas de verre à moitié plein, on se demande s’il n’est pas à moitié vide.
« Could be worse! » disent les anglos-saxons (ça pourrait être pire), et c’est en effet pire aux Usa ou en Angleterre où l’absence de prix unique a quasiment tué toutes les librairies indépendantes. Mais le sort des petites librairies sera le sujet d’un autre post un autre jour, aujourd’hui, c’est les soldes…

Tout autour de nous, tout se vend en solde à moins 50% ou moins 80%.
Le consommateur semble content, mais en arrière fond, pendant qu’il paye à la caisse, il se dit « mais alors en temps normal, je me fait rouler et le commerçant se fait plein de fric sur mon dos ».
Et ce n’est pas une argumentation sur « le prix moyen annuel rapporté au prix d’achat moyen moins les pertes et les démarques inconnues » qui ne va l’éclairer.
La vraie question me semble un peu plus philosophique : doit on accorder une valeur au prix de vente, l’argent représente-t-il la valeur des choses ?
A travers cette débauches d’affiches gigantesques avec d’énormes -50% rouges partout dans nos villes, nos boites aux lettres, nos boites mail, nos radios, que dévalorise-t-on en premier?
La vraie valeur des biens, c’est d’un coté le travail des gens qui ont contribué à sa production, et de l’autre l’utilité personnelle ou sociale du bien lui même, associée à sa durabilité.
Alors -50%, ça pourrait signifier le mépris et l’exploitation des travailleurs d’un coté, et l’inutilité sociale et l’obsolescence du produit de l’autre coté?

Le prix de nos livres ne bouge pas: ils sont le juste prix qui rémunère (peu) l’auteur, l’éditeur, l’imprimeur, le libraire, et les livres sont utiles et durables, durables, durables, on peut les prêter, les relire, les échanger… (enfin, si ce ne sont pas des livres numériques! Autre vaste sujet)

Vive les livres et la lecture!